Catégorie : Actualité

  • Juliette CAULIER : « il n’est jamais trop tard …… »

    Juliette CAULIER : « il n’est jamais trop tard …… »

    Juliette CAULIER

    La naissance de mon projet entrepreneurial 

    J’ai souhaité commencer cet article en entrant directement dans le vif du sujet : ce qui m’a menée à ouvrir une boutique de mode seconde main sous la forme d’un dépôt-vente.

    Après une enfance partagée entre la région Parisienne, l’Argentine et la Normandie, je poursuis mes études secondaires à Nancy dans une école de commerce. Ces études débouchent sur un stage chez Coca-Cola, entreprise que je quitterai finalement 10 ans plus tard pour des raisons que nous verrons dans la suite dans cet article.

    C’est donc après 10 ans de bons et loyaux services au sein de ce géant de l’agroalimentaire, entre Paris et Londres, navigant dans les différents métiers du marketing, que je décide de voguer vers des horizons pas très lointains puisque je démarre un CDD de 9 mois au sein du groupe Meta en charge des partenariats et de l’événementiel.

    Carrière toute tracée, route qui mène à un confort financier évident, c’est à l’issue de ces (presque) 11 ans au sein de grands groupes internationaux que je décide de tout plaquer pour ouvrir un dépôt-vente à Paris.

    Ce n’est pas l’envie d’entreprendre absolument qui m’a conduite ici, mais plutôt l’envie de mettre l’énergie que je mettais dans de grands groupes au service d’une cause plus noble. Je ne suis pas née avec des engagements écologiques plein la tête, au début de ma carrière au sein de multinationales, ce n’était même pas quelque chose que je prenais en compte. Sur les pauses dej je me revois faire un tour chez h&m pour compenser la frustration d’une réunion par un achat compulsif.

    Ce n’est qu’à partir des années Covid que j’ai eu une révélation : quand l’activité humaine s’arrête alors la nature reprend ses droits. C’est aussi simple que cela. J’ai commencé à militer en interne chez Coca-Cola pour revoir nos actions en faveur de l’environnement, et revoir nos priorités de manière générale. J’ai par ailleurs proposé une optimisation de nos opérations marketing autour de la Coupe du Monde au Qatar, je trouvais cela complètement délirant de proposer un plan marketing ‘business as usual’ pour une Coupe du Monde en dessous de tout (environnement, droits humains et j’en passe). La réponse du groupe a été claire : on ne change rien. C’est là que l’envie de faire autre chose a commencé à me titiller. J’ai rencontré des personnes merveilleuses chez Coca-Cola, c’est une belle boite, qui a un profond respect pour ses collaborateurs. Les projets sont tous plus intéressants les uns que les autres et les opportunités de carrière sont nombreuses. Dommage que les enjeux de société et d’avenir soient si peu pris en compte car ce sont les grands groupes à l’instar de ceux que j’ai connus qui ont les moyens financiers, humains et R&D de faire vraiment changer les choses.

    Se révéler l’âme d’une militante

    Tout cela pour dire qu’il n’est jamais trop tard pour se réveiller militant. Après 2 ans en Angleterre en tant que responsable des partenariats et de l’événementiel pour toutes les marques du portefeuille Coca-Cola, de retour à Paris, j’ai été recrutée chez Meta pour un CDD de 9 mois, à l’issu duquel je n’ai pas voulu rester, toujours un peu pour les mêmes raisons : pourquoi mettre autant d’énergie au service d’un groupe qui ne répond pas à mon besoin de faire les choses correctement.

    Après 11 ans dans le monde de l’entreprise donc, forte du soutien de mon mari, entrepreneur lui-même et descendent de chefs d’entreprise, j’ai décidé de mettre une première pierre à l’édifice de ce projet qui me tenait tant à cœur : ouvrir un dépôt-vente de mode contemporaine.

    L’industrie de la mode est la 2ème industrie la plus polluante au monde, et je vous passe les détails sur le traitement des travailleurs de la mode à l’autre bout de la planète.

    La fast fashion est un fléau. Nous avons tous perdu la vraie valeur des choses. Il faut toujours se demander comment il est possible qu’un tee-shirt coute 3€. Il est évident qu’à ce prix là c’est soit la planète soit l’être humain (soit les deux) qui trinque.

    Consommer seconde main c’est réduire son impact négatif sur l’environnement de 90%. C’est donc assez naturellement, étant une fan de seconde main moi-même, que j’ai voulu prouver que nous pouvions tous agir à notre échelle. Amener une seconde main premium et contemporaine au plus grand nombre représentait donc ma nouvelle mission.

    C’est d’ailleurs pour lutter contre les fameux ‘à mon échelle je ne peux rien faire’ que j’ai aussi ouvert ma boutique. Nous avons tous des cartes en main pour faire bouger les choses, consommer 2nde main en fait partie, et c’est même agréable.

    Une fois qu’on a goûté à un mode de consommation des vêtements plus responsable, il est assez naturel que notre style de vie tout entier évolue vers tout un fonctionnement plus responsable de l’environnement. Aussi, je ne prends presque plus l’avion et je ne mange ni viande ni poisson. Encore une fois, ce sont vraiment des actions à portée de main pour tous.

    Joindre l’utile à l’agréable

    Dans ce climat difficile où le pouvoir d’achat est fortement impacté, la 2nde main permet aussi pour mes déposantes (personnes qui déposent leurs vêtements pour qu’ils soient vendus) de récupérer un petit pécule ou bien de renouveler leur garde-robe directement en boutique grâce au fruit de leurs ventes. La boucle est bouclée, c’est un schéma super logique finalement.

    La boutique

    Ma boutique est située au 24b rue Popincourt, en plein cœur du 11ème arrondissement de Paris.

    Je ne fonctionne qu’en dépôt-vente : ce sont les particuliers qui me déposent ce qu’ils ne portent plus, je vends pour eux (moyennant une commission de 55% sur le prix TTC) et ils récupèrent leur chèque au bout de 2 mois. Les invendus sont ensuite donnés à des associations.

    Après 1,5 ans d’activité, j’ai un vrai sentiment de fierté :

    • J’ai réussi à construire un véritable réseau de déposantes et clientes qui me récompensent tous les jours par leur fidélité
    • Je suis parvenue à atteindre une certaine rentabilité de mon activité malgré toutes les charges qui nous incombent et surtout après 1 année et demi d’ouverture, il parait que c’est pas mal, même si j’ai du mal à m’en contenter
    • J’ai une belle petite notoriété dans le quartier et sur les réseaux
    • J’ai découvert une nouvelle casquette de ma personnalité en tant que militante écologique et soutien aux petits commerces de proximité. Je suis d’ailleurs co-présidente d’une association, Le Collectif 2nde main, visant à promouvoir les boutiques de 2nde main mode et déco du quartier et je suis très active au sein de l’association du Village Popincourt qui regroupe environ 70 commerçants qui se retrouvent autour des valeurs d’authenticité et de proximité. J’ai eu la chance de rencontrer et d’être soutenue par les élu.es du 11ème arrondissement mais aussi par les député.es des 7ème et 8ème circonscriptions, qui ont  entendu nos problématiques et se sont engagé.es à porter certains sujets à l’assemblée
    • J’ai réussi à convertir des réticentes à la 2nde main de ne s’habiller presque qu’exclusivement chez Shift

    Mais tout n’est pas rose tous les jours

    Malgré un tableau plutôt positif, ce qui pêche en revanche c’est la difficulté du quotidien car il n’est pas facile de se verser une rémunération chaque mois. Je suis capable de payer tout ce que je dois, ce qui reste c’est mon salaire, et parfois c’est 0, et cela n’est pas lissé sur l’année. Les charges sont très élevées et les aléas nombreux. C’est à se demander si c’est rentable d’avoir des convictions et de lutter pour des causes qui nous semblent juste. Est-ce que les convictions rapportent un salaire décent ? De nombreuses boutiques de notre quartier ferment leurs portes, faute de pouvoir payer leur loyer, et leurs fondateurs se réorientent vers le salariat qui apporte des garanties plus confortables.

    On dit qu’il faut 3 ans pour atteindre un rythme de croisière lorsque l’on ouvre une boutique, l’impatience est aussi le propre de certains entrepreneurs dont je fais partie. L’essentiel c’est de planter toutes les graines possibles aujourd’hui pour en récolter les fruits d’ici quelques mois.

    Et la suite ?

    Même si le contexte actuel est compliqué, je crois énormément en mon projet. Le marché de la seconde main n’a de cesse que de gagner du terrain, répond aux enjeux actuels de réduction de notre empreinte carbone, de reprise du pouvoir d’achat et de recherche d’authenticité par les consommateurs.

    C’est pourquoi je lance mon offre de commercialisation de la franchise. J’ai réussi à créer une marque qui peut facilement être déployée à Paris ou dans d’autres grandes villes françaises.
    J’ouvre d’ailleurs ma première boutique franchisée à la mi-juin dans le 17ème arrondissement de Paris. S’il y a des intéressés par ce concept, qu’ils n’hésitent pas à me contacter via l’Instagram de la boutique. Outre l’idée de développer le parc de boutiques Shift, mon souhait c’est d’accompagner des entrepreneurs en herbe qui ne savent pas par où commencer mais qui ont envie de fonder quelque chose qui a du sens. Je propose donc de booster et d’accompagner l’entreprenariat féminin en donnant de mon temps et de mon expérience pour rendre encore plus accessible la mode en 2nde main.

    SHIFT << Dépôt-vente

    24bis rue Popincourt – PARIS 11e

  • Alexandre BOUTON : « La forêt, on l’avait chevillée au corps dans la famille… »

    Alexandre BOUTON : « La forêt, on l’avait chevillée au corps dans la famille… »

    Alexandre BOUTON

    Enfance rurale et ouvrière

    On est de là où l’on nait !

    Issu d’une famille où l’on est ouvrier de père en fils je comprendrai plus tard que des ouvriers il y en a à la pelle dans la famille, chez Peugeot à Vesoul et Sochaux, dans le monde agricole où mon père travaillait dans une coopérative laitière, mais aussi dans l’horlogerie chez Kelton où ma mère travaillait. La diversité, puis l’unité du milieu des ouvriers j’ai aussi appris à le connaître et notamment lorsque ma mère m’a dit lorsque j’avais 15 ans que je ne devrai pas tarder à aller bosser comme tout le monde ! J’ai vécu l’ascension de mes parents, leurs combats pour boucler les fins de mois et le travail en plus pour permettre cela. Quand on vient d’un milieu ouvrier, on est très dépendant des autres et cette dépendance elle vous suit et ne vous quitte pas. J’ai lu Bourdieu et j’ai compris beaucoup de chose sur cette reproduction dont on est l’esclave. Dans la vie, on se rend vite compte, au fur et à mesure des expériences, qu’elle est faite de rencontres, de parcours et moments partagés avec des gens qui vous ouvrent des horizons alors que d’autres en ferment.

    Adolescence dans les bois

    En Franche Comté, il y a cette forêt infinie et ces champs qui sont enchainés les uns aux autres par des fils de fer barbelés pas toujours évident à franchir.

    Mon plaisir quand j’avais entre 12 et 18 ans était de partir à travers champs avec mon chien, marcher tout droit sans savoir où j’allais. De champs en champs, dans ma région on arrive vite à la lisière d’une forêt. Là on perd l’horizon, les odeurs changent et on zig-zag en évitant les arbres. Les forêts, plus difficiles à cultiver, sont toujours sur les coteaux et dans les revers. Alors, d’arbres en arbres ont fini par tomber sur un point d’eau, une mare, ou une bauge, et à travers les bruits qu’on entend, on prend conscience que le vent fait parler les arbres. On entre dans un monde plus mystérieux aux limites moins strictes, plus nuancées, plus profondes. De balades en balades, on prend conscience que dans cette forêt on n’est plus sur la terre, mais dans la terre. Les arbres sont des racines inversées qui s’enchevêtrent et prennent corps avec le ciel. J’aime cette idée que les arbres relient la terre aux nuages et que lorsqu’on est allongé au pied d’un arbre c’est tout une partie de notre énergie qu’on relie à l’univers. On reprend le chemin, on marche et on finit toujours par tomber sur une route. La forêt on l’avait chevillée au corps dans la famille. Le bois était une corvée en même temps qu’une ressource et une réelle liberté avec ces moments partagés en famille à nettoyer la forêt, tronçonner, les branchages, trier les rondins, fendre les buches trop grosses, bruler les petites branches pas exploitables. L’affouage, une tradition qui date du moyen-âge, est plus que jamais d’actualité avec la crise énergétique. Les communes forestières de Haute-Saône tirent une grande partie de leurs ressources de la gestion des bois communaux. Chaque année, avec l’ONF, les communes identifient les arbres arrivés à maturité qu’il faut abattre et commercialiser. Les déchets c’est à dire les branchages sont distribués aux ménages de la commune pour qu’ils puissent se chauffer durant l’hiver. En les récupérant, ils participent à entretenir la forêt et s’assurent une belle économie. Il faut y passer du temps à scier les buches pour qu’elles rentrent dans la chaudière. Mon goût pour le bois qui réchauffe et le bois qui use est certainement, en partie, né là.. De cette manière avec laquelle toute la famille s’organisait pour s’assurer l’hiver au chaud.

    Des bois à l’école du bois !

    Je suis arrivé en 3° avec des notes très faibles et pas beaucoup d’envie pour la suite. Alors mes parents m’ont orienté vers le Lycée du bois de Mouchard dans le Jura. On y trouvait des formations dans toute la filière bois de l’exploitation forestière, la scierie jusqu’à l’import-export. Une belle école où j’ai eu la chance d’être retenu pour être formé comme technicien en construction et aménagement d’ensemble. Dans cette école j’ai été formé par des Compagnons qui avaient fabriqué leurs outils en les dimensionnant à la taille de leur paume, de leurs mains et de leurs pouces. Alors qu’ils avaient appris à manier ces outils comme le prolongement de leur bras et de leur force dans la matière, (comme le lien entre la pensée et la matière en transformation) ; ils nous apprenaient à programmer des machines à commande numérique et à industrialiser nos productions.

    Dès mon premier stage en seconde j’ai régulièrement travaillé dans une entreprise de charpente et construction à ossature bois. Au contact des chantiers et des charpentiers, j’ai appris à construire des épures, à monter des charpentes traditionnelles et industrielles, à couvrir et étancher, à courir sur les toits en hiver comme en été, sous la neige, la pluie ou 40°C. Certains de mes collègues ne savaient ni lire, ni écrire, mais ils pouvaient planter une pointe de 16cm en un seul coup de marteau. Un jour, alors que nous n’avions qu’une semaine pour couvrir 6 maisons sur un chantier où il avait bien plu, j’ai vu arriver un homme en costume qui marchait dans la boue en danseuse pour éviter les flaques. Lorsque j’ai demandé à mon collègue s’il ne s’était pas planté d’adresse pour le mariage, il me répondit « t’inquiète, on appelle ça un architecte, quand il va un peu moins pleuvoir il va sortir de la cabane de chantier et va venir nous expliquer des trucs. Là tu fermes ta gueule, tu dis oui de la tête et après il se casse et on termine le travail »… tout s’est passé comme il me l’avait décrit ! Arrivé en terminal je redouble car si mon efficacité à l’atelier s’améliorait chaque semaine au contact des compagnons, mon niveau en cours était resté au plus bas. Au même moment, Camille, mon patron, me propose de reprendre sa société de charpente. Il était horloger de formation et était devenu charpentier sur le tard. Il était un peu courbé car il s’était cassé le dos sur une poutre en tombant d’un toit, mais il était très perspicace et pariait sur la construction bois. J’avais 20 ans et personne ne m’avait jamais fait confiance à ce point. Ce fut pour moi comme un électrochoc et je saisis cette chance. Après une deuxième terminale et un diplôme obtenu avec mention, j’ai pu intégrer un BTS agencement de l’environnement architectural au Lycée Ledoux de Besançon que j’ai suivi en parallèle de mon travail en entreprise.

    De la forêt à la rue

    À la fin de mon BTS mes profs me motivaient pour me lancer dans des études d’ingénieur au vu de mes bons résultats en résistance des matériaux, maths et physique. À ce moment, j’ai réalisé que mon patron cherchait un bon directeur d’atelier plutôt que quelqu’un qui puisse reprendre sa société. En BTS nous avions un cours d’initiation à l’architecture durant lequel j’avais pu réaliser une maquette pour un centre spirituel et cela m’avais bien plu. En synthèse je me suis dit que j’avais encore beaucoup à apprendre et j’ai décidé de me lancer dans des études d’architecture, mais, lorsque mes parents ont vu les 6 années nécessaires pour cela, ils ont pris peur et m’ont demandé de me débrouiller. Je n’avais pas les moyens pour cela et j’ai dû réaliser mon service militaire. J’étais d’abord reçu comme parachutiste et j’ai pu motiver mes supérieurs pour réaliser mon service en milieu civil comme travailleur social dans une boutique d’accueil de jour Emmaus. Là, j’ai vécu une année bouleversante au contact des personnes les plus fragiles et d’un milieu d’une extrême violence. J’ai pris conscience qu’il n’y avait pas de limites dans la capacité des êtres humains à se détruire eux même. Dans la boutique, notre rôle était de les accueillir et de leur proposer une douche, de laver leur linge, ils avaient accès à des toilettes propres que je nettoyais chaque soir.

    J’ai réalisé qu’une grande majorité des publics qui dorment dans la rue sont des personnes ayant des problèmes psychiatriques. Les hôpitaux psychiatriques, en s’appuyant sur les nouveaux traitements (camisoles chimiques) laissaient sortir des personnes très fragiles que l’on retrouvait dans la rue. Certaines de ces personnes pouvant être dangereuses pour elles-mêmes et pour autrui, un psychiatre est venu nous former pour nous préparer à l’accueil de ces publics. Dans cette boutique beaucoup de personnes se croisaient en étant dans des parcours très différents les uns des autres. Des punks avec leurs chiens, des personnes isolées parfois âgées, beaucoup de personnes de l’Europe de l’Est, des personnes rejetées de leur familles et pour certaines en rupture administrative. Au départ j’étais un peu perdu avec une réelle difficulté à trouver ma place. Alors je faisais le ménage, je cuisinais et j’ai proposé mes services aux personnes présentes. Un jour, en plein hiver, une personne qui dormait dans la rue est venue avec son sac de couchage déchiré. Il se plaignait d’avoir froid durant la nuit dans la rue. Un bénévole avait laissé une machine à coudre. Alors je me suis dit que cela ne devait pas être plus compliqué à utiliser qu’une toupie ou un rabot. J’ai pris la machine à coudre et nous avons recousu et réparé la couture déchirée. En nous voyant ainsi sur l’ouvrage, une autre personne et venue avec son blouson déchiré sous l’épaule, puis une autre avec un pull déchiré. Il faisait très froid dehors et l’atelier est devenu une sorte d’habitude que nous avons reproduit une après-midi par semaine. En été c’est un atelier coiffure que j’ai mis en place. Je rasais les cheveux mal lavés et j’ai fini par me raser la tête.

    De la rue à l’architecture, de l’objet à l’usage, de la pensée à la matière

    Après cette année de césure plus que bénéfique et riche en expérience, je suis entré à Strasbourg en première année l’école d’architecture. J’ai découvert une ville superbe, à taille humaine, mais cette première année m’a un peu dérouté. Je ne comprenais pas grand-chose et j’ai failli tout arrêter plus d’une fois étant donné le travail important que cela me demandait pour joindre les deux bouts.

    En deuxième année, j’ai eu la chance de rencontrer des professeurs qui m’aideront à prendre un peu de hauteur. Deux architectes me permettront de trouver confiance en moi et de créer ma méthode de construction du projet par itération créative, en réalisant de multiples maquettes de projets pour arriver au bon projet. Cette méthode ne m’a jamais quitté. Une géographe urbaine et sociologue me fera prendre conscience du poids des interactions socio-spatiales dans l’organisation des villes et des territoires.

    Juin 2001 : je me passionne pour ce lien entre l’espace et l’usage, je visite les tours du World Trade Center et réalise mon mémoire de 5° année sur les Garden’s Communities dans le Greenwich village, à Harlem et dans le Bronx à New-York. Je prends conscience du combat des minorités dans l’espace public pour renforcer leurs liens sociaux et leurs solidarités fasse aux promoteurs du capitalisme qui cherchent à valoriser financièrement les fonciers délaissés. Je réalise aussi le rôle important de la ville pour trouver le bon compromis entre les enjeux économiques et les enjeux sociaux d’intégration de ces minorités. En traversant Harlem et le Bronx, je réalise aussi que les plus fragiles aux US sont soudés par des liens de solidarité à ceux de leurs communautés qui ont réussis. Je prends conscience du fait qu’il n’y a pas d’idéal d’universalité, d’égalité, de fraternité et de liberté dans ce pays mais un pragmatisme des situations locales et de « l’empowerment « qui en découle.

    La même année, je travaille chez RFR où je reviens en quelque sorte à mon premier métier de charpentier en dessinant des détails d’assemblage et en réalisant des maquettes à l’échelle 1. Des boulons, des écrous, des soudures, des poutres poutrelles et poteaux. Des encorbellements, des portes à faux, des trémies… tout un monde d’ingénieurs architectes qui me passionne et dont je suis si proche.

    Je suis ensuite retenu pour la bourse de stage chez Renzo Piano à Gênes où je rencontre l’Italie en compagnie d’ étudiants d’Harvard, du MIT de Boston, des écoles polytechniques de Prague et de Tokyo. Cette agence qui habite la colline me fait prendre conscience que l’architecture doit être une partie intégrante du paysage et du sol dans lequel elle prend forme.

    L’architecturbaniste naît en moi

    Je saisis l’opportunité de travailler dans les bidonvilles de Casablanca pour réaliser mon diplôme. Le roi du Maroc commande à ce moment au groupe Suez la connexion de l’ensemble des bidonvilles de la ville à l’eau potable, à l’eau usée et à l’électricité. Nous sommes missionnés pour évaluer la manière avec laquelle ces morceaux de ville précaires peuvent être connectés aux réseaux.

    En réalisant des enquêtes et des observations dans ces bidonvilles, je découvre une grande précarité en même temps qu’une organisation sociale et familiale très rigoureuse. Je fais la connaissance de Françoise Navez Bouchanine qui me fait prendre conscience de l’intégrité des relations sociales au sein des bidonvilles. Un jour, je me suis perdu dans une rue, entre les draps qui étaient pendus d’une maison à l’autre. Je slalomais entre les draps et me suis retrouvé sans m’en rendre compte au milieu d’un groupe de femmes qui étaient assises en train de palabrer. Elles m’ont lancé un regard inquiet et inquisiteur et j’ai pris conscience que je venais de transgresser leur intimité en entrant dans le salon éphémère qu’elles s’étaient façonné au sein des draps pendus qu’elles venaient de laver pour qu’ils sèchent. Je me suis excusé et j’ai rebroussé chemin entre les draps. Françoise prenait souvent en référence Edward T Hall et son livre « la dimension cachée » où il démontre qu’il y a autour de chaque personne une dimension invisible, une sorte de limite d’intimité qu’on ne doit pas transgresser et qui varie selon les cultures. Maintenant, je suis certain que cette limite invisible existe autour de toutes les maisons. C’est ce territoire, cher à Gille Deleuze, qu’ont en commun tous les animaux. Ce territoire qui fait qu’on habite là et pas ailleurs. Les bornes fontaine sont des lieux étonnants en termes d’échanges et de tensions dans les bidonvilles. J’ai vécu et eu la chance de découvrir un pays d’une beauté et d’une générosité unique. J’ai vu des portes et des portes accueillantes et ouvertes aux échanges

    J’ai vu plusieurs fois des enfants jouer dans des petites rigoles d’eau qui ruisselait aux confins des bidonvilles. Qui n’a pas fait de barrages dans son enfance ?  Malheureusement, ils jouaient dans les eaux usées sans savoir les risques qu’ils prenaient et que nous tentions de leur expliquer. Aujourd’hui encore, dans le monde, des millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et des milliards d’autres n’ont pas accès aux services hygiéniques et sanitaires. Chaque jour, des enfants meurent des suites du manque d’eau propre et de suivi sanitaire et d’hygiène de l’eau.

    Urbanisme bioclimatique et écologie territoriale

    En 2003, j’obtiens donc mon diplôme d’architecte avec mention et je sors complétement perdu de ces études étourdissantes. J’ai le sentiment d’être là sans aucune compétence réelle. Je panique et je fais dans l’urgence le concours d’entrée de Sciences Po que je réussis in extrémis.

    Je travaille jours et nuit et en parallèle de mes études je commence à travailler sur des projets pour mon compte. Au fur et à mesure que je construis des projets j’interroge mes différents professeurs qui me répondent en toute bienveillance et me questionnent à leur tour. Certains deviendront mes premiers maitres d’ouvrage et je ne les remercierai jamais assez de la confiance qu’ils m’ont faite alors que je n’avais pratiquement pas d’expérience.

    2005 : Création de mon agence Urban Act. En parallèle, je sors de Sciences-po où j’enseignerai pendant 10 ans, d’abord en suivi de projet puis rapidement en montant un cours sur les enjeux écologiques et énergétiques et sur l’écologie territoriale. Je m’appuie sur de nombreux témoignages à travers l’Europe. Durant ces 10 années je traverse l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark pour comprendre les modes de production des projets urbains et architecturaux ainsi que la relation avec les productions énergétiques décentralisées.

    J’interviens en parallèle à l’école des Ponts et Chaussées, à l’EIVP et à l’école d’architecture de la ville et des territoires.

    E2018 :création de l’atelier la Remanufacture. Aujourd’hui nous engageons la transformation en atelier ESS. Je souhaite orienter mes projets dans un design écologique et une rénovation énergétique globale de bâtis déjà là pour passer à l’action et participer à répondre aux enjeux climatiques colossaux auxquels nous allons être confrontés. Je veux partir, avec les riverain.nes , de la matière déjà là et ainsi transformer, ensemble, leur territoire afin qu’iels en prennent possession. Je veux sortir de l’objeification du monde décrite par Bruno Latour et m’appuyer pour cela sur le design inversé défendu par Enzo Mari en Italie. Pour cela je veux effacer les limites entre le menuisier, le charpentier, l’architecte d’intérieur, l’architecte et l’urbaniste qui sont en moi.

    Retour aux sources

    Décrire un parcours, c’est décrire une danse funeste entre l’ombre et la lumière, entre vie et survie.

     Il n’y a plus de vérités dans « le beau », il y a du carbone en trop dans l’atmosphère qu’il faut stocker et il y a une esthétique qui répond à cette éthique. Cette esthétique c’est celle qui dépense le moins de matière neuve, d’énergie et de carbone, qui optimise les assemblages et les finitions. Cette architecture inversée est le design, l’ébénisterie, la menuiserie et la charpente dans une seul et même objet. Le triangle en est la forme primaire car elle est la seule figure indéformable du charpentier depuis l’antiquité.

    Nous sommes situés entre la Cité de l’Ameublement et la Cours de l’industrie.

    On ira là où on a décidé d’aller. L’univers est mon toit, l’atmosphère est ma maison, la terre est mon sol.

    Alexandre BOUTON

    LA REMANUFACTURE

    33 rue de Montreuil – PARIS 11e

  • CONSEIL DE QUARTIER : réunions !

    CONSEIL DE QUARTIER : réunions !

    BELLEVILLE – SAINT-MAUR

    Mardi 5 mars // à 19h // Centre Picoulet – 59 rue de la Fontaine au Roi

    BASTILLE – POPINCOURT

    Mercredi 6 mars // à 19 // École élémentaire Froment – 13 rue froment

    NATION – ALEXANDRE DUMAS

    Jeudi 7 mars // à 19h // École élémentaire – 39 rue Alexandre DUMAS

    RÉPUBLIQUE – SAINT-AMBROISE

    Mardi 12 mars // à 19h // École élémentaire – 109 avenue Parmentier

    LÉON BLUM – FOLIE RÉGNAULT

    Mercredi 13 mars // à 19h // Maison de la vie associative et citoyenne – 8 rue du Général Régnault

  • Les savons « Glaner » fabriqués dans le 11e

    Les savons « Glaner » fabriqués dans le 11e

    Julien NAVAS dont nous avons déjà fait le portrait nous étonne encore et encore avec sa nouvelle
    création « made in 11e »

    Glaner est un éco-savon ménager fabriqué à Paris à partir d’huiles de fritures usagées glanées chez
    les restaurateurs locaux.

    Les huiles sont filtrées puis purifiées avant d’entrer dans le processus de saponification. Le savon
    ainsi produit est moulé en « petits disques » qui viendront s’empiler.


    Il n’y a plus qu’à dissoudre une pastille dans de l’eau chaude pour obtenir un nettoyant ménager
    local, biodégradable et respectueux de l’environnement avec, notamment un emballage.

  • Mon collègue Zéro Déchet : rejoignez le mouvement

    Mon collègue Zéro Déchet : rejoignez le mouvement

    Alexandre VISCONTINI propose aux collégiennes et aux collégiens de notre arrondissement de participer à la trajectoire ZÉRO DÉCHET. Pour s’informer, découvrir les actions des éditions précédentes et participer :

    CONTACTS

    Alexandre VISCONTINI : alexandre.viscontini@paris.fr

  • Vœu relatif à la gestion des pieds d’arbres parisiens

    Vœu relatif à la gestion des pieds d’arbres parisiens

    Lors du Conseil de Paris du 6 au 9 février dernier, les élu·es écologistes ont déposé un vœu pour améliorer l’entretien des pieds d’arbres dans notre ville :

    Déposé par Chloé SAGASPE, Sylvain RAIFAUD, Aminata NIAKATÉ, Fatoumata KONÉ et les élu·es du groupe Les Écologistes

    Considérant la nécessité de promouvoir et de développer la nature en milieu urbain ;

    Considérant que la gestion des pieds d’arbres à Paris représente un enjeu d’importance, touchant à la fois à l’écologie, au patrimoine, à l’économie, et à l’accessibilité ;

    Considérant le besoin de répondre aux préoccupations des parisien·nes quant à la gestion des pieds d’arbres, notamment en ce qui concerne le choix des matériaux utilisés, la propreté et l’esthétique des espaces végétalisés ;

    Considérant la révision en cours du Plan Biodiversité ;

    Considérant le vœu de l’exécutif relatif à l’aménagement des pieds d’arbres parisiens rattaché à la délibération 2022 DEVE 98 ;

    Considérant que celui-ci d’une part engageait la Ville de Paris à produire une étude comparative des différentes typologies de pieds d’arbres, et d’autre part précisait les orientations en la matière, à savoir: favoriser les bandes végétalisées en pleine terre, harmoniser les pieds d’arbres existants tout en garantissant leur perméabilité et  réserver l’utilisation des alternatives en stabilisé ou résine aux cas particuliers  ;

    Considérant que cette étude demandée par les Écologistes devait voir le jour à l’été 2023 ;

    Considérant la nécessité d’établir une doctrine en matière de gestion des pieds d’arbres à Paris ;

    Considérant la préconisation de la Mission d’information et d’évaluation “Paris à 50 degrés” qui vise à “débitumer et végétaliser les espaces intercalaires entre les pieds d’arbres dans les espaces peu passants pour créer des “bandes vertes” végétalisées ;

    Considérant la nécessité de garantir aux arbres la perméabilité des sols dans lesquels ils sont plantés afin de leur apporter l’oxygène, l’eau et les nutriments dont ils ont besoin, et les capacités de tous les végétaux d’enrichir et d’améliorer la qualité des sols ;

    Considérant qu’un nombre significatif de pieds d’arbres se trouve sans grille suite à des demandes de retrait en urgence formulées par le Préfet de Police ;

    Considérant la nécessité de réserver l’utilisation des alternatives en stabilisé aux cas particuliers et de donner la priorité aux surfaces en pleine terre ;

    Considérant que les revêtements organo-minéraux, mis en œuvre à Paris à titre expérimental, offrent une meilleure perméabilité que des sols stabilisés ;

    Ainsi, sur proposition de Chloé SAGASPE, Sylvain RAIFAUD, Aminata NIAKATÉ, Fatoumata KONÉ et des élu·es du groupe Les Écologistes, le Conseil de Paris émet le vœu que la Ville de Paris :

    • Présente l’étude comparative des types de pieds d’arbres à Paris et un état des lieux de l’existant en 3e et 8e commissions du Conseil de Paris ;
    • Déploie une signalétique pédagogique sur les sites des pieds d’arbres afin de sensibiliser les citoyen·nes aux choix de gestion adoptés et aux matériaux utilisés, et renforce l’information sur les sites internet des Mairies d’arrondissement ;
    • Poursuive l’expérimentation des revêtements organo-minéraux sur les pieds d’arbres situés dans le cheminement des piétons et des personnes à mobilité réduite et qui ne peuvent pas être dotés d’une grille ;
    • Poursuive avec le concours des Mairies d’Arrondissement le recensement des pieds d’arbres en pleine terre sans grille à traiter de manière prioritaire ;
    • Poursuive les études et la réalisation de nouvelles grandes bandes végétalisées en pleine terre.
  • PLU Bioclimatique dans le 11e

    PLU Bioclimatique dans le 11e

    Jusqu’au 29 février, vous pouvez participer à l’nequête publique pour donner votre avis sur le futur PLU Bioclimatique de notre ville. Pour mieux comprendre les enjeux, retrouvez notre petit guide :

    Vous pouvez également télécharger la carte du 11e

  • Conseil d’arrondissement – Janvier 2024

    Conseil d’arrondissement – Janvier 2024

    Séance du 24 janvier 2024

    Vœux déposés par les élu·es du groupe les Écologistes :

    01 – Vœu relatif au Plan local d’urbanisme bioclimatique dans le 11e

    Considérant les particularités du 11e :  une faible superficie (moins de 4 km2), sa densification (40 000 habitants / km2, le plus dense de Paris), le peu d’espace vert (0,7m2 de parcs et jardins ouvert au public/ habitant – hors bois), cause de nombreux  conflits d’usage et nuisances ;

    Considérant le projet de plan local d’urbanisme bioclimatique voté en juin dernier au Conseil de Paris qui a pour objectif d’adapter la ville de Paris au changement climatique et de lutter contre l’effondrement de la biodiversité ;

    Considérant l’ouverture de l’enquête publique du 8 janvier au 29 février 2024, procédure obligatoire, mise en place désignée par le tribunal administratif, donnant aux citoyens et citoyennes la possibilité de consulter le dossier PLU à la Mairie du 11e ou par internet ;

    Considérant les réunions publiques programmées : le 23 janvier sur l’adaptation de la ville au changement climatique et biodiversité, le 31 janvier sur le logement à Paris, le 13 février sur la ville du quart d’heure : services publics, commerces et équipements de proximité, le 21 février sur le patrimoine, les formes urbaines et le paysage ;

    Considérant les permanences du commissaire enquêteur, neutre et indépendant, dans chacune des mairies d’arrondissement et programmées à la Mairie du 11e aux dates suivantes : le mardi 16 janvier de 14h à 17h ; le jeudi 1 février de 14h à 19h15 et le samedi 17 février de 9h à 12h ;

    Considérant la possibilité donner à chaque parisienne et parisien de participer, en envoyant par internet une contribution, ou en se déplaçant à la Mairie pour venir inscrire ses remarques et propositions ;

    Considérant l’existence de projets d’urbanisme programmés depuis plusieurs années et stoppés en raison de recours de riverains et de collectifs, ou de permis non conformes et qui donnent donc la possibilité d’une révision ou de l’abandon du projet ;

    Considérant les mobilisations de plusieurs collectifs dans l’arrondissement qui craignent une accélération de la construction de certaines parcelles, avec parfois l’abattage d’arbres avant le vote définitif du PLU bioclimatique et qui ont donc engagé le pouvoir de sursoir à statuer dans la délivrance des permis ;

    Sur proposition des élu·es écologistes, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu que la Mairie du 11e mette en place les actions suivantes :

    • L’affichage des permis de construire à la Mairie du 11e dans des vitrines à hauteur d’adulte, et présentés en plus gros caractères pour qu’ils soient lisibles ;
    • L’élaboration et la communication de la liste des projets en cours, qui bénéficient de la règlementation de l’ancien PLU ;
    • Le moratoire des projets d’urbanisme non aboutis qui sont en contradiction avec les engagements de la Ville de Paris en matière d’urbanisme et d’écologie :

    – 7 passage Saint Ambroise qui a pour objet une densification de la parcelle – la construction d’un immeuble de 5 étages, l’abattage de 4 grands arbres et la réduction la superficie de la cour de récréation des enfants ;

    – 127 rue du Chemin Vert, projet d’urbanisme datant de 2008 et ayant pour objet une densification de la parcelle et l’abattage d’arbres, ce qui permettrait la redéfinition d’un projet qui s’inscrit sur le périmètre déjà imperméabilisé pour construire un bâtiment public ;

    – Les projets Réinventer Paris dans le 11e, imaginés à la mandature précédente et qui n’ont pas abouti, afin qu’ils soient réouverts de manière transparente avec les citoyen.nes de l’arrondissement :

    • le permis de construire au  62 avenue de la République, ancien  garage, n’a   pas  été accordé, ce qui donne l’occasion de repenser le projet ;
    • le 14 avenue Parmentier  est  stoppé depuis plusieurs années par de nombreux recours ; la gestion du bâtiment, après avoir été confié au Consulat qui accueillait  des artistes – remerciés  à la fin de l’année 2023-, est confié  à un nouveau  prestataire dans l’opacité la plus totale ;

    – La fermeture de l’ESCP (école de commerce de Paris) pour plusieurs années permet un projet d’urbanisme d’une très grande ampleur ; or, celui-ci n’a donné lieu à aucune concertation avec les riverains ;

    • Une plus grande transparence et visibilité des projets d’urbanisme, ainsi que l’organisation de consultations pour les projets concernant l’ensemble des citoyen.nes de l’arrondissement, afin de s’assurer de leur conformité avec le nouveau plan local d’urbanisme bioclimatique.

    02 – Vœu relatif à l’apport des immigré·es et étranger·es aux quartiers de Paris

    Considérant l’adoption définitive du projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, dit “Loi asile immigration”, adopté définitivement le 19 décembre 2023 ;

    Considérant que ce projet de loi restreint notamment le versement des prestations sociales pour les étrangers, instaure des quotas migratoires, remet en question l’automaticité du droit du sol et rétablit un « délit de séjour irrégulier » ;

    Considérant le fait que ces mesures relèvent de la préférence nationale jamais instaurée en France en matière d’attribution des aides sociales et constituant alors un repli identitaire jamais vu ;

    Considérant que cette loi va à l’encontre du principe d’inconditionnalité d’attribution des droits, y compris aux étranger.es et immigré.es, en témoigne l’exemple du durcissement des conditions d’accès à l’allocation personnalisée d’autonomie en prévoyant un délai de 5 ans de présence régulière en France pour pouvoir l’obtenir ;

    Considérant le recours devant le Conseil constitutionnel par des parlementaires et des Maires de grandes villes, parmi lesquel.les la Maire de Paris, arguant de la non-constitutionnalité d’un ensemble de dispositions de cette loi ;

    Considérant par exemple le caractère de “cavalier législatif” du délai instauré pour obtenir certaines aides sociales ou encore du délit de séjour irrégulier, soit des dispositions qui n’entrent pas dans les buts ou compétences du texte de loi auxquelles elles appartiennent;

    Considérant que la fin de l’accès inconditionnel à l’hébergement d’urgence instauré par la loi est contraire au bloc de constitutionnalité, consacrant des principes d’égalité, de fraternité et de dignité humaine ;

    Considérant par conséquent que cette loi constitue un tournant dangereux dans l’histoire de notre République, en particulier à Paris où résident nombre de ressortissant.es étranger.es ;

    Considérant l’esprit de solidarité qui anime de nombreux Parisiennes et Parisiens, heurté.es par les dispositions de cette loi, contraires aux valeurs de la République ;

    Considérant la tradition de la Ville de Paris dans la création et l’attribution d’aides sociales extra-légales à destination des publics les plus précaires ;

    Considérant enfin la qualification de la Ville de Paris comme Ville-monde et capitale des droits humains ;

    Sur proposition des élu·es écologistes, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu que la Ville de Paris :

    • refuse de mettre en application les dispositions de la loi instaurant une préférence nationale, en particulier :

    – le volet concernant l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), en finançant une allocation compensatoire pour les personnes étrangères qui en seront privées, sur le modèle de ses aides sociales extra-légales,

    – les dispositions concernant les restrictions d’accès à l’hébergement d’urgence, sur le contingent des places qui relève de sa responsabilité et de ses financements ;

    • organise une campagne citoyenne permettant de valoriser les apports des immigré·es et étranger·es à son histoire et son dynamisme actuel, relayée au niveau de chaque arrondissement volontaire, et qui pourrait notamment :

    – exposer les parcours de vie des immigré.es dans l’arrondissement, dans des lieux symboliques (mairie, bibliothèques, MVAC, espaces culturels…) ;

    – faire appel aux volontaires pour témoigner d’un souvenir de l’exil, de leur pays d’origine ou de celui de leurs ancêtres, de leur premier jour en France, ou alors d’une histoire personnelle liée à l’immigration ;

    – organiser des conférences, projections, expositions, débats autour des apports des immigré·es à Paris dans la vie citoyenne, culturelle, économique, sociale ;

    – soutenir les projets associatifs autour de la mémoire des quartiers de Paris dans lesquels les immigré·es ont contribué à leur vitalité, leur dynamisme, leur histoire ;

    • confie l’organisation et la mise en œuvre de cette campagne citoyenne aux maisons citoyennes et de la vie associative dans les arrondissements, au plus près des habitant.es, afin qu’elle soit réellement participative et reflète la contribution de chacun.e ;
    • recherche un partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration pour le déploiement de cette campagne.
  • Julio LISBOA de CrokCiné : « Tout le monde a le droit de se divertir, de découvrir, de partager, de comprendre, choisir,… »

    Julio LISBOA de CrokCiné : « Tout le monde a le droit de se divertir, de découvrir, de partager, de comprendre, choisir,… »

    Julio LISBOA

    André Malraux, Balzac, Saint Exupéry, Desireless, le mirage … la France resonnait déjà en moi !!! Une sirène retentit à l’école préparatoire des cadets de l’armée de l’air à Barbacena, au Brésil. C’étaient nous les Top Guns !

    Tancredo Neves, Président fraichement élu par le suffrage universel au Brésil est décédé. Depuis le coup d’État militaire de 1964, c’était la première fois qu’un civil était amené à diriger le pays. Il mourra des complications d’une opération avant son entrée en fonction en 1985. Sur ce contexte politique, je quitte la base contre les consignes très claires de la part du ministère des Armées. Le scénario était favorable pour un putsch. Les militaires tenaient à reprendre le pouvoir. Donc, au revoir…

    Une douce balade de 2 ans à l’université en lettre modernes pour quelques réponses dans l’univers de Virginia Woolf et Fernando Pessoa.

    À mon arrivée en France , 14 septembre 1989, année du bicentenaire de la Révolution Française et de la Chute du mur de Berlin, j’ai atterri au 8 rue de Marseille Paris 10e pour une courte période d’observation, de flottements sur les bords du canal Saint Martin. Puis direction au 7 rue Simon Le franc dans le Marais pour 10 ans. Au coucher du soleil, l’ombre de Beaubourg rentrait par ma fenêtre quand, très rarement je ne me trouvais pas à la BIP, bibliothèque Beaubourg, accompagné de mon sandwich au camembert, moteur majeur de mon apprentissage du français.

    Un rituel quotidien pendant 6 mois consécutifs, de l’ouverture à la fermeture, jusqu’à trouver une certaine autonomie dans le parler Molière… à ce moment précis je me suis surpris à rêver en français, le point du « non retour ».

    Je me donne le temps d’enrichir mon vocabulaire en collaborant avec un agent courtier en assurance Assur Media, Mr Guy Maurice, juif tunisien, honorable personnalité de la Place de l’Opéra. L’Opéra de Paris, source de création du Théâtre Municipal à Rio de Janeiro, sa proximité me rassure et me retient pour 6 ans sublimes de rencontres.

    Une petite balade et je me surprends agréablement au 52 rue de la Victoire Paris 9e, siège social d’AXA pour 3 ans.

    Enfin me voilà avec une visibilité de 2 ans pour essayer de mettre en place un programme de combat contre l’illettrisme.

    L’association « Désir de Lire » est née d’un effort collectif de 4 camarades rêveurs de l’action sociale autour du livre en 1998.

    Divers groupes de travail pour la mise en place du programme bilatéral, entre la Ville de Rio et la Ville de Paris, pour combattre l’illettrisme. Le tout avec le soutien de Sebastião Salgado, et sur les traces de Daniel Pennac.

    Les promesses de financements des institutions tardent, et la difficile décision d’avorter le projet est prise. Plus d’économies personnelles, quoi faire avec mes camarades qui se sont tellement impliqué.es dans mon désir ?

    Dans mon agenda figurait un échange avec les organisateurs du Festival Onze Bouge qui venait de finir leur toute première édition. Une fierté personnelle, quand en 2020, quelques décennies plus tard, j’ai rencontré, Sabrina Slimani, l’une de mes trois camarades, dans un poste de responsable du festival. Mes 3 camarades de « Désir de lire » ont participé de cette belle aventure, ont fait vivre le festival. Mission accomplie ! Je prends le métro pour m’arrêter à une station de métro de Paris 11e où j’ai finalement posé mes valises jusqu’à ce jour.

    J’arrive en retard pour la projection d’une avant-première au cinéma Latina, aujourd’hui Luminor. À la sortie de la séance « elle » a le regard ébloui par le film. Mes excuses pour le retard sont à peine acceptées, avec un soupçon de soulagement qui me rassure sur le moment présent. Et me rassure encore aujourd’hui, 18 ans plus tard. Me voici converti au cinéma, par cette jeune productrice de cinéma, Séverine Roinssard , aujourd’hui mère de nos 3 enfants bretons-carioca, ébloui par le film de la vie.

    Pour Crok Ciné, nous avons démarré à l’international. Séverine et moi-même en voyage au Chili, au Brésil avec notre petit bout, ne trouvions aucune proposition de cinéma de qualité pour un jeune public. Séverine a donc imaginé le programme d’éducation à l’image et par l’image, Crok Ciné, au Chili et lui a donné vie sur place avec l’appui du Conseil des Arts et de la Culture Chilien, équivalent du ministère de la Culture. Le programme d’éducation à l’image et par l’image Crok Ciné a ensuite beaucoup voyagé, au Brésil bien sûr, en Inde, à Madagascar, au Liban, en Palestine, Mexique, … Avant de retraverser l’Atlantique et s’adapter en France sous une forme différente. Notre première à Paris… Alexandre Viscontini nous a proposé de participer à la fête du Jardin Truillot en hiver de l’année 2019, premier cinéma en plein air l’hiver avec Crok Ciné.

    Je pense qu’on s’est connu au FSE du Collège Beaumarchais. Pendant le programme de courts-métrages , il part accueillir sa belle-mère. À son retour, aucun doute, c’est Jeannine, ma professeur de français à « l’école Top Gun » ! Sans dire un mot on se prend dans les bras pendant longues minutes. Moment magique ! 35 ans plus tard.

    Les retours du public, et associations de quartier présentes à l’évènement, nous ont donné la force de faire vivre Crok Ciné à Paris.

    Notre cœur de métier est le cinéma d’auteur et les cinémas du monde. J’aime bien dire que Crok Ciné offre des court-métrages comme on offre un bouquet de fleurs. Nous proposons des courts métrages de fiction, documentaires, animations, contemporains ou de patrimoine, avec ou sans dialogues, adaptés à chacun de nos publics. Nous utilisons le 7eme art comme outil d’expression artistique, culturel et sociétal.

    Pour quoi Crok Ciné ?

    Parce que tout le monde a le droit de se divertir, de découvrir, de partager, de comprendre, de choisir,…

    L’art et la culture font partie de la « santé mentale » de tout individu et doivent s’adresser à tou·tes

    Pour former des individus responsables, confiants, pour construire une société responsable, décisionnaire.

    À l’heure de transitions essentielles sur les plans écologiques, sociaux, sociétaux, cela nous semble plus important que jamais. Pour y parvenir, un travail de proximité et mixité sociale est absolument nécessaire.

    C’est en ayant chacun une bonne estime de soi-même et en se connaissant les un.es les autres que l’on parviendra à enrayer la violence sous toutes ses formes.

    Cela peut sembler de grands mots, mais à Crok Ciné, on le vit, grâce au cinéma !

    De plus en plus on imprime la touche mémoire sur nos travaux, pour aller de l’avant.

    En ce moment, les CM2 de l’école Belleville travaille avec l’artiste plasticien Hyacinthe Ouattara, dont de l’exposition en cours à la 193 Gallery s’intitule « La Mémoire du Monde ». Celle-ci contient les multiplicités des mémoires, l’observation d’empreintes, de traces mais aussi d’ancestralité comme pulsations du monde mais également comme une quête de l’existence et des humanités. Nous sommes aussi bien ancrés dans les thématiques écologiques, notamment avec la sensibilisation à la transition écologique avec le programme éco délégués des collèges du 11e.

    Nous projetons de très beaux films courts traitant de façon poétique et convaincante de ces sujets. De plus, un générateur solaire portatif nous permet d’être complètement autonome en énergie pour nos projections.

    Et tout récemment, avec Séverine nous avons réalisé un film documentaire sur la thématique du bien vivre avec le VIH. Il ne faut jamais renoncer à ses rêves…. C’est le message que nous communiquons à nos publics de Crok ciné et à nos enfants… Croyez en vous, et surtout, écoutez-vous – c’est le plus important – et peut-être le plus difficile à notre époque, où l’on est trimbalés entre informations orientées et concepts.

  • PLU Bioclimatique – Le petit guide !

    PLU Bioclimatique – Le petit guide !

    L’enquête publique sur le prochain Plan Local d’Urbanisme Bioclimatique de notre Ville se termine le 29 février. Les écologistes de Paris vous propose un petit guide pour mieux s’y retrouver :