Catégorie : Actualité

  • Loan BODIN BÜRGER : « Aujourd’hui, ce qui me définit, ce sont mes engagements et mes projets… »

    Loan BODIN BÜRGER : « Aujourd’hui, ce qui me définit, ce sont mes engagements et mes projets… »

    Loan BODIN BÜRGER

    Je m’appelle Loan Bodin Bürger, je suis né et j’ai grandi dans le 11ᵉ arrondissement de Paris. J’ai passé mon enfance à découvrir mon quartier, entre les squares de la Roquette et Gardette, ou à dessiner dans mon appartement en rez-de-chaussée.

    Loan – 1 mai 2008 – 5 ans

    Quand j’étais petit, je vendais mes dessins à la fenêtre, et mes voisins sont vite devenus une sorte de petite communauté. C’est ce cadre qui a éveillé mon envie de créer et de tisser des liens avec les autres.

    Loan – 14 Aout 2016 – 13 ans

    Après mes années de scolarité dans les écoles et collèges du 11ᵉ, j’ai intégré le lycée Maximilien Vox en filière STD2A. Même si j’ai arrêté en première, ces expériences m’ont guidé vers des projets qui m’ont marqué. J’ai fait du bénévolat pendant six mois à La Petite Roquette, où j’ai découvert le milieu associatif et son importance. Par la suite, j’ai effectué un service civique avec la compagnie de théâtre À l’Affût, avant de suivre une formation en mode et upcycling à la Casa 93, à Montreuil. Chacune de ces étapes m’a appris quelque chose de nouveau, que ce soit sur moi-même ou sur la manière de m’engager pour les autres.

    Depuis cette année, je me consacre entièrement à Slayte Skateboarding, une association que j’ai créée en 2023. Notre objectif est simple : offrir un espace inclusif pour la communauté queer et les passionné·es de skate, où chacun·e peut se sentir à sa place.

    Notre mascotte chez Slayte Skateboarding

    Avec Slayte, nous organisons des événements qui combinent skate, art et engagement social. Nous travaillons également sur un projet de récupération et distribution alimentaire pour aider les membres de la communauté queer en difficulté, tout en proposant des initiations au skate. L’idée, c’est de rendre ce sport accessible à toutes et tous, tout en répondant à des besoins concrets.

    À long terme, mon rêve serait de développer tout cela dans un lieu dédié à Paris : un skatepark qui serait aussi un espace d’échange artistique et un refuge pour celles et ceux qui en ont besoin. On pourrait y organiser des expositions, des projections, des ateliers de création, tout en permettant à chacun·e de découvrir ou de progresser dans la pratique du skate. Plus qu’un simple lieu, ce serait un espace bienveillant et ouvert à tous, peu importe les parcours de vie.

    En parallèle de mon travail avec Slayte, j’ai découvert une autre forme d’expression à travers le mannequinat. Au départ, j’ai commencé en posant pour des amis artistes, souvent par curiosité et par envie de les aider à mettre en lumière leurs projets.

    Queer Archives by @mike_dhondt

    Avec le temps, j’ai su saisir des opportunités et cela m’a permis de défiler pour des grandes marques lors de la Fashion Week. Aujourd’hui, c’est une activité qui me plaît énormément, car elle me permet d’explorer d’autres facettes de moi-même tout en transmettant des messages. Être mannequin en tant que personne queer et non-binaire, c’est aussi une manière de revendiquer ma place dans un milieu parfois fermé et d’encourager d’autres à croire en leurs propres possibilités.

    Aujourd’hui, tout mon temps est tourné vers la construction de ces ponts entre le skate, l’art, et l’engagement social. J’espère que Slayte continuera à grandir pour devenir un véritable moteur de changement à Paris.

    J’ai écrit un poème sur cette identité :

    Apaisé par la mélodie des oiseaux, tu regardes écrit sur ton sac.

    Ton nom, ton nom ensoleillé, décoré de cette joie, cette lumière.

    Tu aimes observer, pendant des heures, la vie qui grouille sous tes pieds, tu y pense, même quand le ciel et les murs sont gris, tu les vois.

    Ce soleil t’accompagne, sur ta veste, sur tes cahiers, tes crayons, dans tes pensées il ne te quitte jamais.

    De la lumière tu es né·e.

    Maintenant tu le vis, le soleil, et tu le vois, il devient toi, ou l’a-t-il toujours été ? Il fait partie de ton identité.

    Identité créative, graphique, personnelle, le soleil le soleil le soleil.

    Lumière, regards, enfance≠innocence, couleurs vives et années

    2000. Jouets en plastique toxiques, vibrants, convoités, odeurs oubliées mais en une effluve retrouvées. 

    Cette enfance qui ta marqué vit désormais dans les objets, les peintures, les habits, les textes que tu écrits.

    Des jours et des années tourmentées deviennent une source de curiosités avec ce nouveau regard.

    Les violences deviennent des montagnes gravies, les dessins animés, bandes dessinées, jouets, deviennent des reliques, des trésors, des Haqiba.

    Convoités, autrefois oubliés, de précieux souvenirs. Des mémoires, une autre vie.

    Les enfants font la beauté d’aujourd’hui après tout. Façonnent les parois de notre imagination et donnent des racines a nos branches.

    J’aime me rapprocher de cette vie antérieure, ce passé, universel, on a tous vécu, c’est une vérité absolue. On est tous·tes né·es.

    Qu’importe la violence de ce vécu, la souffrance de cette vie, les douleurs de ces souvenirs, la vie est là, et je peux la regarder. J’en tire de la beauté, des énigmes, une tonne de couleurs, des périodes sombres, des secrets. Je peux grâce a mes nouveaux yeux transformer des horreurs en bonheur, et des questions en réponses.

    Ces souvenirs sont comme des perles enfilées sur le fil de ma vie, elles sont toutes différentes, sincères, brutes. Et je les aime, je les aime et elles me réconfortent. J’aime faire des colliers, ils me rappellent toutes ces choses qui m’ont façonné, ce sont des parures presque mystiques qui m’aident à grandir.

    Mail : slayteskateboarding@gmail.com

  • Noémie OCHOA : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre… »

    Noémie OCHOA : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre… »

    Noémie OCHOA

    Je ne fais pas partie d’une famille de musiciens. Ma famille n’était pas non plus très aisée. Le fait que je me sois mise au piano classique était donc déjà un peu hors cadre. Je suis née en 1985, du côté de Poitiers. Quand j’étais petite, très tôt, j’ai commencé à me poser des questions d’ordre existentiel. Je n’ai jamais voulu être pianiste ; c’est en entendant l’Appassionata de Beethoven, une œuvre tumultueuse et forte en expression, que j’ai décidé de devenir pianiste.

    J’ai donc décidé de jouer du Beethoven, alors j’ai demandé à mes parents de prendre des cours de piano. Au début, ils n’étaient pas du tout motivés. Puis, mon oncle, qui possédait un piano à Bordeaux, m’a donné son instrument. Il trouvait ça génial que je joue du piano, alors mon père a demandé à l’accordeuse si un professeur de piano était disponible près de chez nous, parce qu’en fait, je vivais en pleine campagne, loin de tout. 

    L’accordeuse nous indiqua que, oui, il y avait un pianiste anglais à côté de chez nous. Harold Meulie était venu justement enregistrer les dernières sonates de Beethoven, il avait 72 ans quand je l’ai rencontré. Après quelques hésitations, il accepta de me former. Je voulais absolument faire du Beethoven et lui il ne voulait pas du tout parce que c’était trop difficile de commencer par un tel compositeur, donc il m’enseigna du Bach et du Bartok, que j’ai très vite détesté. Bon, aujourd’hui, bien sûr, je respecte énormément Jean-Sébastien Bach !

    Et donc, voilà ! Pendant 4 ans, il m’a vraiment formé au piano, de manière plutôt stricte, sévère et exigeante. Ce qui était vraiment bien, c’est qu’il m’a accordé 4 heures de cours par semaine. Dans ces 4 heures, il me jouait des morceaux,  il m’a fait écouter l’orchestre, et il me répétait sans cesse : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre. » Cette phrase, je l’ai vraiment mémorisée et intégrée à ma pratique du piano, car le son du piano est beaucoup moins riche que celui d’un orchestre. Ensuite, il est décédé, alors que j’avais un lien vraiment privilégié avec ce pianiste de très haut niveau. J’ai appris à jouer sur un Steinway de concert, ce qui était quand même incroyable pour une fille de 10 ans. C’était un piano extrêmement puissant, avec un son très vivant. 

    Je me suis lancé le défi de devenir une interprète de Beethoven. Pour y parvenir, j’ai décidé de tout faire pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires. C’est pourquoi je me suis inscrit au conservatoire. Malheureusement, l’enseignement qui m’a été proposé ne correspondait pas du tout à mes attentes. Je ne comprenais pas le sens de ce qu’on m’enseignait, en particulier les sujets qui me semblaient inutiles par rapport à mon projet. Après mes années au conservatoire, j’ai rencontré un pianiste de grande renommée, Cyprien Katsaris. Il a été touché par ma passion pour la musique et a rapidement compris mon amour pour Beethoven. Il a été d’accord pour m’aider et me faire travailler le piano pendant quatre ans, à raison de dix heures par jour. J’avais 23 ans à ce moment-là. À ma connaissance, j’ai été une de ses seules élèves. Étant donné que je passais 8 à 10h par jour derrière mon piano, je n’avais pas la possibilité de travailler à côté. 

    C’est une autre belle rencontre qui m’a permis de me consacrer au piano. J’ai rencontré un abbé musicien, un hautboïste qui était à l’époque responsable du monastère bénédictin de Ligugé. Il m’a offert une opportunité inespérée. Bien que sachant que je n’étais pas chrétienne, il a appelé la responsable d’une communauté religieuse et lui à proposer de m’accueillir dans son réseau associatif. J’ai donc été accueillie par cette communauté pendant cinq ans, ce qui m’a permis de continuer mon chemin musical. 

    À cette époque, j’ai commencé à travailler avec Ivan Ilić, un pianiste américain d’origine serbe qui s’est installé à Bordeaux. Il m’a beaucoup encouragée à me produire en scène et à me faire connaître.

    J’ai commencé à faire pas mal de concert à ce moment-là, mais je me suis blessée au bras droit ( comme beaucoup de pianistes pros.). C’est cette blessure qui m’a amené à chercher une autre voie et fait découvrir l’enseignement Marie Jaëll.   

    Un jour, alors que je me rendais à Bordeaux, j’ai rencontré le chanteur Antoine Sicot par hasard dans un train ! Il est connu pour sa voix de « basse profonde » dans la musique ancienne. L’ensemble Organum dont il fait partie depuis presque 45 ans à une reconnaissance importante en 2023 en étant utilisé dans la BO du Napoléon de Ridley Scott. 

    Il m’a parlé de l’enseignement Marie-Jaëll, et sur le coup, ça ne m’a pas vraiment intéressée. Un mois plus tard, par hasard, nous nous sommes recroisés dans ce train pour Bordeaux ! Il m’a encore dit qu’il fallait absolument que je me renseigne sur l’enseignement de Marie Jaëll. J’ai donc acheté trois livres que j’ai lus. 

    En cherchant les pianistes liés à cet enseignement, j’ai découvert le pianiste Irakly Avaliani. Quand je l’ai entendu jouer, je me suis dit : « c’est là que je dois aller. » 

    Ce qui m’a le plus marqué dans son jeu, c’est sa capacité à fluidifier le son, comme de l’eau, Le son jaillit du piano avec force et puissance tout en maintenant des attaques légères, ses nuances sont d’ une grande finesse, phénomène rare de nos jours. En d’autres termes, il maîtrise son jeu à la perfection. 

    Bien que très intimidée par ce grand pianiste, je l’ai contacté et il a accepté de me recevoir.

    Lorsqu’il m’a entendu, il m’a dit : « votre jeu est intéressant, mais vous vous limitez techniquement.. ». 

    Puis : « Si vous voulez travailler avec moi, ce sera une fois par semaine. Vous devrez me suivre pendant au moins 5 ans. Les 2 premières années seront difficiles, mais il faudra s’accrocher. C’est soit ça, soit rien. » 

    Il a ajouté qu’il fallait tout recommencer, puisque je devais rebâtir toute ma technique à partir de zéro. 

    J’ai accepté. J’ai donc étudié l’enseignement de Marie Jaëll. Je l’ai mis en pratique, ce qui a été assez difficile. Après 5 ans d’études et de pratique, j’ai commencé à obtenir des résultats. À partir de la 10e année, on peut dire que ça va encore mieux ! 

    J’ai récupéré tout mon bras droit et mes mains se sont développées. J’ai aussi acquis une meilleure sensibilité dans le jeu. Voilà. Dans cet enseignement , on apprend à libérer ses doigts et à prendre conscience de sa pensée musicale, à la former, entre autres. C’est un chemin différent qui m’a beaucoup apporté dans ma pratique actuelle. Pendant cette formation, j’ai une fois de plus peu joué de Beethoven, j’ai monté du Brahms, du Mozart, du Chopin, du Rachmaninov… Si j’ai monté la pathétique et la pastorale de Beethoven.

    Parallèlement à cette étude du toucher, j’ai voulu mieux comprendre comment la musique était construite. Alors, je suis allée à la rencontre de Jean-Louis Fabre. Je n’arrivais pas à obtenir un de ses livres que j’avais commandé sur internet, ce qui nous a amenés à échanger par mail puis au téléphone et enfin à nous rencontrer au parc du Luxembourg où Marie Jaëll passait d’ailleurs beaucoup de temps !  

    Un jour, j’ai parlé de Jean-Louis Fabre, avec une personnalité du milieu hip-hop qui m’a dit : « Je vois très bien, c’est le youtubeur de la musique ! ». Monsieur Fabre est réellement une pointure dans le monde de l’harmonie et de l’écriture musicale, peu de personnes ont son niveau de connaissance. Il a aussi contribué à la démocratisation de la connaissance du langage musical via sa chaîne YouTube. Au-delà de ça, il a une culture vaste, maîtrise plusieurs langues vivantes et mortes.  

    On a beaucoup discuté, et il a accepté de m’enseigner l’harmonie. J’ai étudié avec lui pendant 8 ans. Avec lui, j’ai étudié la musique de Beethoven. 

    Il y a quelques années, je me suis dit : « Ça y est ! Maintenant, j’ai acquis la technique pianistique et je comprends les textes. Il ne me manque plus rien pour jouer les 32 sonates !  

    Mais la réalité m’a encore joué un tour, alors que je commençais à monter mes sonates j’ai reçu une commande pour une composition et ce nouveau travail m’a complètement absorbé.

    Je me suis donc mise à composer et j’ai ensuite reçu une commande pour un documentaire. J’ai également composé pour des particuliers. 

    Aujourd’hui, je me trouve lancée dans une carrière de compositeure et je me dis que finalement, c’est le plus bel hommage à Beethoven, car en entrant dans ce travail de création j’ai le sentiment d’accéder à une compréhension encore plus subtile de son œuvre. Actuellement je suis trop prise par mes projets d’albums et de concerts autour de mes compos pour monter les 32 sonates, mais je compte bien y revenir à un moment donné. 

    En 2023 j’ai installé mon atelier de compositeure dans le 11e arrondissement de Paris. J’y donne aussi des master class et des concerts. À partir de janvier 2025, je vais ouvrir l’espace au public tous les jeudis pour des micro-concerts. J’invite aussi d’autres artistes qui souhaitent performer dans une ambiance conviviale qui allie haut niveau d’exigence artistique, prise de risque et convivialité. L’Espace Ochoa peut accueillir 18 personnes. C’est un lieu qui permet de tisser du lien, de se rencontrer, d’avoir des échanges de qualités, c’est pour moi une manière de résister à une tendance actuelle de fragilisation et de distanciation des liens. Ma musique qui est à la fois populaire et savante permet de réunir des gens de milieux très éloignés et qui n’ont pas beaucoup d’occasions de se rencontrer. 

    J’ai enregistré récemment un premier single « La traque » dont la sortie est prévue en février 2025. Il sera suivi d’un deuxième « Infarctus » puis d’un album.

    Parallèlement à cela, un projet passionnant est en cours avec un saxophoniste et un chef d’orchestre new-yorkais, mais je ne peux pas en dire plus à ce sujet pour l’instant…   

    Ne ratez pas les showcase offerts par la mairie du 11e

    14 novembre à 19h & 16 novembre à 15h

    À l’Espace Ochoa – 23 rue Richard Lenoir

  • Disparition de Geneviève GAZEAU

    Disparition de Geneviève GAZEAU

    Suite à la disparition de Geneviève GAZEAU qui a beaucoup œuvrée – entre autre – dans le 11e arrondissement, nous vous partageons le vœu du conseil de quartier Nation – Alexandre Dumas et de la commission inter conseils de quartier : Sol Ex (solidarité et exclusion), que nous relayons et appuyons auprès du Conseil d’Arrondissement :

    « Compte tenu de la disparition de Geneviève Gazeau

    considérant l’importance des combats de Geneviève Gazeau notamment envers les personnes à la rue :

    • création de la maison de l’amitié  dans le quartier de la défense
    • création dans le 11e des petits cafés qui consistait à accueillir des gens de la rue de 7 à 8  heures dans les paroisses du 11e
    •  création de la bagagerie qui se trouve rue Oberkampf dans les locaux des bains douches en créant l’association Onze mille potes

    Ces engagements exemplaires de Geneviève Gazeau pour la solidarité dans Paris et le 11e ne sont qu’une infime partie de ses combats dont la lecture de sa biographie vous apportera toute la richesse.

    La commission Sol Ex (solidarité exclusion) des conseils de quartier  du 11e demande à la municipalité d’apposer une plaque lui rendant hommage dans un lieu dans l’espace public de l’arrondissement afin de garder au cœur du 11e la mémoire de Geneviève, le bâtiment des bains douches qui héberge la bagagerie est une des possibilités. »

  • François VERMOREL : « Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture… »

    François VERMOREL : « Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture… »

    François VERMOREL

    J’ai grandi à Lille. Ce n’est pas là que je suis né mais j’y ai passé les premières années de ma vie, de mes sept ans à mes vingt trois ans, en gros. De cœur, je suis Lillois. Quand j’y retourne, je suis à la maison. J’ai l’impression de connaître chaque façade et chaque pavé. Alors même que le temps a passé et que je n’y connais plus grand monde.

    Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture. S’il y a eu une constante dans le déroulé de ma vie, c’est bien celle-là. Mes premiers souvenirs de livres sont désormais fort brumeux. J’ai en mémoire la couverture terrifiante – et pas franchement progressiste – des Schtroumpfs noirs. Celle, plus ringarde, des aventures de Jojo Lapin. Et puis surtout – mais j’étais déjà plus âgé – la collection des “Contes et légendes” et leur absurde reliure pseudo dorée qui se délitait avec l’usure. 

    C’est assez logiquement et sans me poser de questions que j’ai entrepris des études de lettres, puis que je suis devenu professeur de français. Mais l’aventure n’a pas duré. Des questions, en fait, il aurait mieux valu que je m’en pose quelques-unes. Et c’est un peu sans transition que je suis sorti d’une voie toute tracée vers le tourbillon d’une vie plus incertaine.

    L’époque, il faut le dire, s’y prêtait plutôt bien. On était au tournant du millénaire et le bouillonnement d’internet offrait des opportunités aux “profils atypiques”, selon le langage désolant des RHs. Je me suis découvert un peu plus débrouillard que je le pensais. Après différentes pérégrinations, j’ai atterri à Paris où j’ai commencé une nouvelle carrière, dans le web et dans l’enseignement privé en arts et design.

    Il devient difficile de se rappeler l’atmosphère qui régnait à cette époque. Mais pour faire bref, la perspective de connecter par les réseaux des dizaines, des centaines de millions d’individus instruits vivant partout sur la planète laissait entrevoir des avenirs fabuleux. Une nouvelle Renaissance, à la fois technique et artistique mais également spirituelle et politique. Bilan, vingt-cinq ans plus tard :  des marketeux qui compilent des données, des caméras de vidéo-surveillance boostées à l’IA et des adolescents neurasthéniques qui scrollent sur Tik Tok. Quand je repense à mes illusions, j’étais à l’époque fort naïf et politiquement très insuffisamment formé. Mais j’étais jeune et je pouvais rêver à des lendemains chantant. En 2024, mes étudiants n’ont pas la même chance.

    J’ai commencé à m’engager, en pointillé. Un peu dans une association franco-vietnamienne, un peu dans une autre… Les temps politiques se durcissaient. Aux espoirs relatifs de la période Jospin avec ses réductions de temps de travail avaient succédé le déprimant second mandat de Chirac et, plus inquiétant, l’éructant Sarkozy. A l’international, l’élection et la réélection de Bush Junior donnaient un coup d’arrêt aux fantasmes puériles d’une mondialisation heureuse. Pour moi, j’ai senti que le temps d’un engagement plus solide était venu.

    Au crépuscule du Sarkozysme, en 2012, l’alternance socialiste paraissait aussi inéluctable que sans relief. J’ai dû à un hasard de rencontre et à une fort opportune tribune publiée sur Rue89 de m’engager pour la première fois en politique. J’ai rejoint le Parti Pirate qui bénéficiait à cette époque d’une visibilité éphémère. 

    M’y avait amené la conviction que notre système politique est à la fois obsolète et irréformable. La promesse pirate était celle d’une refonte complète de la démocratie et d’un renouveau des prises de décisions collectives :les évolutions techniques permettaient de sortir la démocratie directe de l’ornière organisationnelle des assemblées générales roboratives et souvent biaisées. Au Parti Pirate se retrouvaient toute une mosaïque d’individus – par ailleurs pas forcément toujours fréquentables – venant d’idéologies extrêmement variées. Et que des processus démocratiques innovants étaient supposés  faire travailler ensemble. C’était un joyeux bordel, incroyablement vivant, et pendant des années j’y ai milité en espérant qu’il pourrait être le départ de quelque chose.

    Sauf que non. De clashs en engueulades, d’élections foirées en rassemblements avortés, le nouveau parti s’est rabougri en un groupuscule. Et où régnait une violence d’autant plus absurde qu’aucun résultat politique ne pouvait plus en émerger. A la suite d’une énième prise de bec, le parti s’est scindé. Et j’ai fait mes valises.

    Entre temps, j’étais devenu papa. Mes responsabilités professionnelles avaient fortement évolué. Mon temps se réduisait, je courais après et s’il était hors de question de cesser de m’engager, j’avais désormais le désir d’un peu de pragmatisme. Après la quarantaine on commence à avoir un peu envie de résultats. C’est alors que j’ai rejoint EELV, pour une campagne municipale ahurissante, shootée en fin de premier tour par la crise du COVID.

    C’est aussi à cette période que j’ai commencé à écrire mon roman. J’ai toujours un peu écrit, sous des formes ou sous d’autres et j’ai toujours énormément lu. Mais j’ai toujours considéré la littérature comme un jardin privé – quelque chose de totalement déconnecté à la fois de ma vie professionnelle, de ma vie militante et même de ma vie familiale et sociale. Un espace ailleurs, à part, rien que pour moi. Arrivé au milieu de la quarantaine, j’ai senti qu’il était temps de recoller les morceaux. Et je dois à la lecture de Pablo Servigne une forme de révélation : il faut écrire sur les sujets qui comptent. Il faut écrire quand on a quelque chose à dire. Et rien, pour le papa que j’étais devenu, n’est plus crucial et plus important à exprimer que l’angoisse de la marche du monde et la possibilité de l’effondrement civilisationnel.

    Je suis un type qui aime les histoires. Je m’en suis d’ailleurs peut-être un peu trop raconté à moi-même. Adolescent, jeune homme, je jouais aux jeux de rôles. J’avais la fibre du conteur qui ne m’a jamais lâché. J’ai réglé mon réveil à 5h ou 6h du matin pour écrire deux heures avant d’aller au boulot. Mon travail d’écriture est parti d’abord dans tous les sens. Des éditeurs m’ont fait remettre le travail sur l’établi. Alors j’ai resserré le récit sur une trame plus classique : un polar d’anticipation dystopique où deux personnages, deux parisiens fort banals vivent leurs vies au moment de l’Effondrement écologique global de la planète. 

    La dernière étape de tout le processus, ça a été de trouver un titre : “Les mots de la fin”. C’est plutôt efficace mais pas très original. Et surtout, un peu trop dramatique alors que le roman, en fait, est plutôt drôle. Je l’ai contrebalancé d’un sous-titre “Argent, Amour, Apocalypse.” que j’aime assez. C’est un octosyllabe bien balancé et qui a le mérite de signifier que mon bouquin ne se prend pas trop au sérieux.

    Quelle que soit sa réception future, ce livre aura été une étape dans mon engagement. Je crois fondamentalement au pouvoir des mots. Je sais qu’ils peuvent changer le monde. Et je pense qu’on a besoin d’histoires, besoin de s’en raconter et d’en lire. Ne serait-ce que pour savoir dans laquelle on veut vivre. Ou pas.

  • LA NOMAD HOUSE

    LA NOMAD HOUSE

    LA NOMAD HOUSE est un projet cofinancé par Europe Créative, une initiative de la Compagnie des Nouveaux Disparus en Belgique, portée par un consortium de 5 pays européens ainsi que la Tunisie, avec l’Artistique Théâtre comme partenaire français.


    C’est un processus de création artistique et de recherche scientifique autour des questions des migrations. Il vise à promouvoir un dialogue interculturel et social à travers l’art et la culture, tout en abordant les questions complexes liées aux migrations.

    COMMIUNIQUÉ DE PRESSE – LNH

    Du 5 au 9 juillet 2024, La Nomad House sera présente à Paris ; il s’agit de proposer au public un ensemble d’événements artistiques entre spectacles, conférence-débat, exposition photographique et journée associative. Les actions auront lieu à la Cartoucherie, le Centre Culturel Itinérant avec son chapiteau et le spectacle Le Songe s’installera sur le parking, avec l’aide du Théâtre du Soleil. Le Théâtre de l’Epée de Bois accueillera le spectacle Les Filles de la Mer. L’exposition, le bar et la journée associative auront lieu autour du chapiteau.

    Ce spectacle Le Songe, inclut un groupe de demandeur·ses d’asile, de jeunes en voie de professionnalisation et des professionnelles qui ont participé aux ateliers artistiques de La Nomad House depuis mars 2023, et qui vont rejoindre sur scène l’équipe artistique du spectacle.

  • Lucile COCITO : « avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer… »

    Lucile COCITO : « avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer… »

    Lucile COCITO

    Je m’appelle Lucile Cocito je suis née à Ostende d’une mère belge et père Italien, tous les 2 scientifiques mais je n’ai pas suivi leur voie.

    Intéressée par l’image,  j’ai étudié la photo à Bruxelles pour pouvoir ensuite me tourner vers le cinéma.

    C’est au cours de mes études, que j’ai fait l’expérience du théâtre. J’ai joué dans une pièce et la scène s’est imposée à moi : « c’est du théâtre que j’ai envie de faire ».

    J’avais 20 ans et je suis descendue à Paris où j’ai suivi différents cours.

    À 23 ans je suis entrée dans la troupe du théâtre de l’Épée de bois à la Cartoucherie située dans le bois de Vincennes, j’y suis toujours, cela fait presque 30 ans. D’abord au théâtre de l’Épée de bois pendant 7 ans où j’ai appris tous les métiers du théâtre ; de l’administration à la technique en passant par le plateau, la construction, la scénographie. J’étais à la fois assistante à la direction, à la mise en scène, mais aussi à l’accueil, à la billetterie, au bar, à la construction de décors, au montage de projecteurs à 9 m de haut, derrière les consoles lumineuses pour la régie lumière…

    La Tempête de Shakespeare

    À 30 ans, j’ai quitté l’Épée de bois avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer, en 2006, ma compagnie « Artistique Théâtre » :  Celle-ci a pour mission de créer,de produire, de promouvoir des spectacles vivants pouvant mêler le théâtre, la danse, la musique et l’audiovisuel.

    C’est en 2003, que j’ai commencé à militer pour les droits des intermittent.es du spectacle dans le collectifs qu’on avait monté, La Coordination des intermittent·es et précaires d’Île de France.

    Cela m’a ouvert l’esprit sur toutes les luttes dont celle contre le patriarcat qui asservi les femmes, et cela a résonné sur la domination de la nature par l’homme. Ma conscience sur l’écoféminisme était née.

    Shaula Cambazzu, danseuse-chorégraphe est venue me rejoindre à Paris. En plus de partager ma vie, nous avons fusionné nos 2 Cie, le théâtre et la danse réunis.

    Parallèlement à ma Cie, J’ai commencé à travailler au Théâtre du soleil.  J’ai assisté Ariane Mnouchkine à la mise en scène sur plusieurs spectacles ainsi que sur le film « Les naufragés du fol espoir » où j’étais première assistante.

    Emission radio c’est le spectacle Artemisia Project

    Au début, avec notre Cie, nous avons créé des spectacles d’auteurs : Gorki,  Shakespeare …Puis n’ayant pas eu les droits pour un spectacle, nous avons décidé de faire une création de plateau. Cela consiste à travailler en improvisation, sur des thèmes précis, que l’on retravaille jusqu’à avoir l’écriture du spectacle aussi bien littéraire que scénique. Ce tournant dans la Cie a eu lieu en 2018 avec le spectacle Artemisia Projet , nous continuons avec le dernier sorti en 2023 Les Filles de la Mer que nous allons rejouer début juillet.

    Les Filles de la Mer

     Nos spectacles, traitent de sujets d’actualités et de nos vies en tant que femmes. Entre le théâtre, la danse et la performance, nous sommes engagées dans les luttes contre les violences faites aux femmes et les questions migratoires.

    Depuis mars 2003 nous sommes partenaires d’un projet européen, cofinancé par l’Europe créative La Nomad House.  6 pays partenaires proposent, d’un point de vue artistique et scientifique, une vision de la question migratoire au travers d’une création théâtrale « Le songe » par la compagnie belge Les nouveaux disparus, qui est à l’initiative du projet.

    Nous sommes aujourd’hui à la fin de ce projet qui se termine par une tournée transnationale, dans chaque pays partenaire, Belgique, Allemagne, Grèce, Italie et Tunisie, qui est une des portes d’entrées de la migration pour se terminer en France. Le Centre culturel itinérant sera à Paris, à la Cartoucherie du 5 au 9 juillet 2024.

    Mon combat se fait aussi en tant que citoyenne, engagée politiquement avec Les écologistes. Je me bats aujourd’hui dans mon quartier, le 11e, pour la protection d’un superbe lieu, situé au 14 avenue Parmentier, en passe d’être dénaturé dans une optique complètement commerciale et non inclusive.

    J’ai aussi le projet d’ouvrir une école de théâtre et de danse pour les jeunes artistes réfugié.es qui fuient leur pays et qui se retrouvent en France et ne peuvent apprendre l’art. Aujourd’hui, ce sont essentiellement des formations dans la restauration ou dans le BTP, métiers en tension, qui leur sont proposées.

    Nous avons deux filles magnifiques qui font, l’une les beaux-arts et l’autre du chant lyrique. Vive l’art, vive l’écologie politique et vive la vie !

  • Conseil d’arrondissement – Mai 2024

    Conseil d’arrondissement – Mai 2024

    Séance du 15 mai 2024

    Vœux déposés par les élu·es du groupe les Écologistes :

    01 – Vœu relatif à la réforme dite du « choc des savoirs » et aux suppressions de postes dans les écoles et collèges parisiens [adopté]

    Considérant que l’école publique est notre bien commun dans la construction d’une culture de haut niveau pour toutes et tous, clé de voûte d’une émancipation individuelle et collective et de l’égalité réelle et répondant aux défis sociétaux et économiques d’avenir ;

    Considérant qu’elle joue un rôle majeur dans la défense des valeurs de la République et pour faire de nos enfants des citoyennes et des citoyens libres et éclairés ;

    Considérant que l’importance est de maintenir un système éducatif public permettant à tous les élèves l’accès à la réussite éducative ;

    Considérant qu’à Paris, la rentrée 2024 verra la fermeture de 137 classes et 58 divisions dans les collèges, après une rentrée 2023 déjà marquée par une saignée sans précédent ;

    Considérant que la menace de fermeture d’une classe dans 9 écoles dans le 11e arrondissement : écoles maternelles Bullourde, Cité Souzy, Cité Voltaire et écoles élémentaires Keller, 100 République, Servan, Saint-Bernard, 77 Belleville et EEA Saint-Sébastien ;

    Considérant que l’argument principal avancé par le gouvernement lors de la Loi de Finances 2024 pour justifier la suppression de 2440 postes (1709 dans le premier degré et 484 dans le 2nd degré) est la baisse démographique, alors que le décret du 21 février 2024 rend public la réduction du budget de l’Éducation Nationale de 691 millions supplémentaires, sans que le nombre d’élèves ait baissé en 4 mois, confirmant ainsi que les réductions de moyens sont avant tout guidées par la volonté de contracter à tout prix les dépenses publiques ;

    Considérant que le gouvernement de Gabriel Attal a pris ne série de mesures destinées à revoir l’organisation des apprentissages des élèves à l’entrée au collège, réforme intitulée pompeusement « choc des savoirs » ;

    Considérant que l’évocation d’un « choc » témoigne d’une conception assez préoccupante de la réforme d’une politique publique, où l’injonction, soigneusement mise en scène, devrait remplacer le dialogue et la concertation, vus désormais comme une perte de temps ;

    Considérant qu’en lieu et place d’un « choc des savoirs », c’est plutôt un « choc de défiance » vis-à-vis des enseignantes et enseignants auquel nous assistons ;

    Considérant que cette réforme verra notamment la mise en place d’une organisation différenciée des enseignements en français et mathématiques selon les niveaux imposant de fait un système de tri des élèves lors de leur entrée au collège ;

    Considérant que ce « tri » des élèves est stigmatisant pour les enfants qui seront assignés dans le groupe le plus faible et inefficace, toutes les études démontrant au contraire que la mixité est un facteur qui favorise la réussite de tous les élèves, qui ne pénalise pas les bons, et aide ceux qui sont plus en difficulté ;

    Considérant que ceux qui ont le plus de difficultés à l’entrée en 6e sont le plus souvent ceux qui viennent de milieux sociaux les plus modestes et que cette réforme constituera donc un abandon de la mixité sociale, à l’opposé de tous les principes républicains ;

    Considérant que la recherche en didactique a depuis longtemps convergé sur l’inutilité des groupes de niveaux, qui se révèlent soit particulièrement nocifs pour les élèves en difficulté, soit neutres, en fonction des moyens qui sont alloués pour leur mise en place ;

    Considérant que la mise en place des groupes de niveaux va se traduire à Paris par la suppression d’une heure de cours pour tous les élèves, la suppression de très nombreux demi-groupes en langues, en sciences et technologie, mais aussi la suppression de dispositifs pédagogiques existants pourtant utiles ;

    Considérant que ce projet de groupes de niveaux annoncerait la fin d’une école républicaine unique pour tou·tes les élèves ;

    Considérant que c’est surtout le nombre d’élèves par classe qui influe significativement sur la réussite des élèves ;

    Considérant que cette réforme fait peser un risque sur l’inclusivité à l’école ;

    Considérant que cette réforme prévoit également un passage en seconde conditionné à l’obtention du brevet, assorti de la création de « classes préparatoires en seconde » dont on ne sait encore comment elles seront organisées et financées ;

    Considérant que la volonté annoncée du gouvernement de voir baisser les résultats au brevet des collèges, au moment même où celui-ci deviendrait la condition des poursuites d’études, sans aucune réflexion sur les conséquences ;

    Considérant que la volonté d’uniformisation des enseignements et la standardisation des évaluations font peser une grande crainte sur la liberté pédagogique des enseignants et viendront tuer toute volonté des établissements de porter des projets novateurs et adaptés à leur situation ;

    Considérant qu’à Paris, comme dans de nombreuses communes partout en France, les organisations syndicales et les associations de parents d’élèves se mobilisent chaque année en faveur de la qualité de l’école publique, rappelant que les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) doivent être en nombre suffisant et bénéficier d’un salaire décent, et  que la stabilité des équipes – notamment en éducation prioritaire – garantit des projets pédagogiques ambitieux, rappelant que la présence d’adultes formés et aux conditions de travail améliorées réduit la violence et améliore la réussite des élèves ;

    Considérant qu’il existe une opposition affirmée des professionnels de l’Éducation nationale, des organisations syndicales et des représentants de parents d’élèves contre cette réforme délétère qui s’est exprimée notamment lors des opérations « collèges désert », du vote contre les dotations horaires globales en conseil d’administration des collèges, et lors de la manifestation parisienne unitaire du samedi 4 mai ;

    Considérant que, présent·es aux côtés des parents et de la communauté éducative dans les conseils d’écoles, les conseils d’administration de collèges et lycées, dans les mobilisations, les élu·es de la majorité partagent leur ambition en faveur de l’école publique et sont dans l’incapacité de leur répondre sur les moyens alloués à l’école privée à Paris ;

    Considérant qu’en effet, si le nombre d’enfants scolarisés à Paris diminue depuis 3 ans, la part des élèves scolarisés dans l’enseignement privé est stable ;

    Considérant que, selon les projections, le choix de faire porter au public seul les suppressions de postes conduirait à une majorité d’élèves de 6e scolarisés dans le privé à Paris d’ici 8 ans ;

    Considérant que l’enseignement privé bénéficie de conditions d’accueil particulièrement favorables, financées à près de 74% par la puissance publique, tout en s’affranchissant des règles communes, de l’accueil de l’ensemble des élèves sans distinction ;

    Considérant qu’il serait incompréhensible que l’enseignement public soit plus durement frappé par les suppressions de moyens que l’enseignement privé ;

    Considérant que les sénateurs du groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat ont déposé une proposition de loi visant à empêcher les créations de classes dans les établissements privés sous contrat dans les zones géographiques où des fermetures de classes dans les établissements publics ont été effectuées ;

    Considérant que l’enseignement privé accueille près de 31% des élèves de la maternelle au lycée à Paris ;

    Considérant que la commission de concertation académique de l’enseignement privé de Paris a révélé que sur les 353 suppressions de postes sur toute l’académie de Paris, l’enseignement privé en subit 50 contre 303 dans le public, soit 15% des suppressions de postes ;

    Considérant que les projections des directeurs et directrices d’école aboutissent dans certains cas à 29 élèves dans certaines classes en REP, mais aussi à des classes à 29 ou 30 élèves en primaire mais aussi en maternelle, et dans de très nombreux cas à des classes au-delà des 25 élèves pourtant affichés comme une limite supérieure par le ministère ;

    Considérant qu’une nouvelle instance de l’académie en juin doit permettre de réviser les mesures de suppressions de postes ;  Que nous soutenons l’ensemble de la communauté éducative en faveur d’une école publique juste pour tous et exigeante pour chacun ;

    Sur proposition de Monsieur François VAUGLIN, Maire du 11e arrondissement, et des élu·es des groupes Paris 11 en Commun, Communiste et Citoyen, et Écologiste du 11e, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu :

    • Que le gouvernement renonce à cette réforme dite du « choc des savoirs » et engage un dialogue avec toute la communauté éducative et les collectivités afin d’œuvrer à un projet commun inclusif et ambitieux pour l’école publique de demain ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale annule en juin toute suppression de poste, afin de permettre la diminution du nombre moyen d’élèves par classe, tant dans le primaire que dans le secondaire ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale ouvre les postes nécessaires pour développer des brigades de remplacements, pour développer les pédagogies différenciées à même de faire réussir tous les élèves dans des classes hétérogènes, et notamment les élèves en situation de handicap ;
    • Que le Rectorat de Paris communique le nombre de postes supprimés à Paris dans l’enseignement privé sous contrat, primaire comme secondaire, pour les années 2021, 2022, 2023 et 2024 ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale prévoie la fermeture de 50 classes dans l’enseignement privé à Paris afin de permettre l’ouverture de 50 classes dans le public en transférant les personnels enseignants ;
    • Que l’Etat engage une politique volontariste afin de renforcer l’attractivité des métiers de l’enseignement à travers une amélioration de la rémunération et des conditions de travail des enseignant·es, et revalorise en particulier le métier d’AESH par une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail.

    02 – Vœu relatif à la mise à l’abri pérenne des jeunes de la Maison des Métallos et des jeunes en recours de minorité en situation de rue. [adopté]

    Considérant l’occupation de la Maison des Métallos, par environs 80 jeunes exilé·es depuis le 6 avril 2024 ;

    Considérant qu’il s’agit de la 7e occupation d’un bâtiment municipal depuis septembre dernier faute de mise à l’abri et de prise en charge de ces jeunes, la dernière en date étant le centre culturel le Centquatre, situé dans le XIXe arrondissement ;

    Considérant que ces occupations font suite à plusieurs démantèlements de campement de la part de la Préfecture de Police, sans solution de mise à l’abri, en témoignent par exemple les démantèlements réguliers des campements situés sur les berges de la Seine ;

    Considérant que le système des sas proposés en région par la Préfecture ne permet pas un suivi approprié des jeunes et parfois même pas un hébergement ;

    Considérant que pour la plupart les jeunes évacué·es sont en recours de minorité et ont donc refusé de partir dans les sas pour ne pas perdre leur recours ;

    Considérant qu’avait été ciblée la réquisition du Lycée Brassaï, inoccupé, dans le XVe arrondissement pour mettre à l’abri ces jeunes mais que la Région Île-de-France a saisi la Préfecture de Police pour s’y opposer ;

    Considérant qu’à l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques, ces démantèlements sont de plus en plus nombreux pour faire de Paris une vitrine touristique ;

    Considérant la situation d’extrême précarité de ces jeunes dépourvus de toute solution d’hébergement ou de mise à l’abri, même temporaire ;

    Considérant qu’en même temps ces jeunes ne bénéficient pas de leur droit à l’éducation garanti par la convention internationale des droits de l’enfant ;

    Considérant la situation kafkaïenne dans laquelle ils se trouvent le temps de leur recours de minorité devant le juge des enfants, ne leur permettant pas une prise en charge et une mise à l’abri ;

    Considérant qu’en cas de doute sur la minorité, celle-ci doit profiter à l’intéressé·e qui se déclare comme tel·le, principe rappelé à maintes reprises par le Défenseur des droits, que ce soit au titre de son rapport sur les droits des étrangers en France de mai 2016 et du rapport sur les MNA de janvier 2022 ;

    Considérant que la situation des jeunes en recours est connue depuis longtemps sans que les institutions ne proposent d’issue sérieuse et tenant compte de la protection de l’enfance ;

    Considérant aussi l’objet initial de la Maison des Métallos, établissement culturel accueillant des arts visuels et du spectacle et qu’elle ne saurait constituer une solution pérenne de mise à l’abri de ces jeunes ;

    Considérant la lassitude voire la détresse psychologique des personnels de la Maison des Métallos, non formés et non accompagnés pour accueillir ces jeunes, accueil si temporaire soit-il ;

    Considérant que la Maison des Métallos n’est pas adaptée pour accueillir ces jeunes, a fortiori lorsque de plus en plus d’entre eux se rendent là-bas tentant de trouver une solution.

    Sur proposition des élu·es écologistes, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu que la Ville de Paris :

    • Mette à l’abri les jeunes de la Maison des Métallos, dans un lieu adapté à leurs besoins, assorti d’un accompagnement sanitaire, scolaire ou visant une formation professionnelle, et social ;
    • Continue et amplifie son action vis-à-vis de l’État pour qu’il prenne en charge les coûts qui lui incombe ;
    • Reconnaisse la présomption de minorité des jeunes en recours, incluant une péréquation financière de la part de l’État ;
    • Accompagne le personnel de la Maison des Métallos en attendant que l’établissement reprenne son activité initiale.
  • Semaine pour l’emploi dans le 11e

    Semaine pour l’emploi dans le 11e

    RDV du 21 au 24 mai

    Joëlle MOREL vous invite à participer à cette semaine de l’emploi dans notre 11e, une manière de prolonger le 1er mai : la journée internationale des travailleuses et travailleurs.

    Semaine de l’emploi – Photo Mairie du 11e
    • Mardi 21 mai : 16 h -19h

    Kiosque Infos Emploi et accès au droit à Belleville

    Angle rue Faubourg du temple et rue de la Présentation

    • Mercredi 22 mai : 9h-13h30,

    Forum de l’emploi

    Plus de 30 entreprises présenteront leurs offres d’emploi provenant de 4 grands secteurs d’activité : l’ hôtellerie et la restauration ; l’aide à la personne et la santé ; le commerce et la distribution

    Mairie du 11e 12 place Léon Blum

    • Mercredi 22 mai :19h- 21h  

    Rencontre autour du livre « Le travail pressé » 

    Rencontre avec Serge Volkoff et Corinne Gaudart, ergonomes auteur-es de l’ouvrage :  Le Travail pressé – pour une Écologie des temps de travail aux éditions des Petits matins  qui analysent  des postes de travail  de pâtissiers, infirmiers, aides soignant, éboueurs, agents administratif  (CAF,  France Travail, caisses de retraite)

    Venez partager avec nous votre analyse de vos tâches quotidiennes au travail

    Bibliothèque Violette le Duc, rue Faidherbe

    • Jeudi 23 mai : 11h-12h30

    Handicaps invisibles et emploi 

    Table ronde Pour déstigmatiser les troubles psychiques dans le monde de l’entreprise, c’est possible !

    Interventions de Maxime Perez-Zitvogel, directeur de la Maison perchée

    Maison perchée 59 av de la République

    • Jeudi 23 mai :18h30- 20h 

    Et pour vous, ça se passe comment le télé travail?   

    Depuis le Covid, le télé travail bouleverse nos habitudes et notre rapport au travail. Plusieurs spécialistes vous proposent de partager leurs analyses et leurs expériences au quotidien. 

    Annette Leclerc INSERM

    Delphine Brajon Institut Paris Région

    Marianne Le Gagneur CNAM

    Nathalie Riche,  directrice  du Onzième lieu, espace de coworking

    Onzième lieu rue Jean Pierre Timbaud

    • Vendredi 24 mai

    Forum des métiers de l’intervention sociale et de l’insertion Point Paris Emploi du 11e – 112 avenue Philippe Auguste ( AFPA)

  • Chloé SAGASPE : l’Europe du quotidien

    Chloé SAGASPE : l’Europe du quotidien

    Pour la première fois de l’histoire, la planète a connu un réchauffement de plus de 1,5 degrés pendant 12 mois consécutifs. Paris a déjà dépassé le seuil fatidique des 2 degrés. Paris est la ville en Europe où l’on risque de mourir le plus de chaud.

    A l’heure de l’ébullition climatique mondiale, l’heure n’est plus à la politique des petits pas. Car, on ne négocie pas avec le climat.  Entre Cuire, fuir ou agir ? Notre seule solution : agir !

    Jeune élue locale du 11e chargée des questions de protection de la nature et du climat et candidate aux européennes sur la liste de Marie Toussaint, je me bats au quotidien de la rue aux institutions pour que la lutte contre le changement climatique ne soit pas un simple slogan de campagne, en préservant et protégeant notre patrimoine arboré, accélérant la rénovation énergétique de nos quartiers et en adaptant notre ville au climat de demain pour protéger les Parisiennes et Parisiens.

    Ouvrir à Paris au public 300 hectares d’espaces verts d’ici 2040, désimperméabiliser et renaturer les sols, adapter nos écoles et crèches face aux fortes chaleurs, planter des arbres adaptés au climat, ouvrir les parcs et jardins la nuit en période de canicule, mettre en place un big bang de la rénovation thermique du bâti, autant de mesures concrètes, que nous écologistes avons portées à Paris en étant à l’initiative d’une Mission d’information et d’évaluation “Paris à 50 degrés” dont j’étais membre. Pour faire de la protection de l’environnement « la norme des normes », mettre en place un traité environnementale européen, réorienter durablement les politiques vers plus de justice sociale et environnementale, financer un fonds de souveraineté écologique pour reprendre en main les entreprises polluantes du pétrole et du gaz, les chantiers restent nombreux et les combats à mener une bataille au quotidien. L’Europe chevillée au corps, vous pouvez compter sur ma détermination.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

    Les Écologistes comptent sur vous pour affirmer l’enracinement des valeurs et des combats écologistes tant au Parlement Européen que dans nos quartiers

  • Nour DURAND-RAUCHER : l’Europe du quotidien

    Nour DURAND-RAUCHER : l’Europe du quotidien

    Le rôle de l’UE : Le local dépend des politiques et aides européennes

    Voici quelques exemples de ce que peut faire l’Union Européenne en matière de défense, immigration ou social et qui ont des effets concrets ici.

    Défense

    900 millions d’euros sont investis dans les politiques de défense au niveau Européen. La défense Européenne apparait d’autant plus cruciale dans le contexte actuel après la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie dans un monde ou l’ONU et l’OTAN semblent progressivement désinvestis par les Etats-Unis. Le « parapluie » de défense américaine est en suspens avec le possible retour de Trump au pouvoir. Il est clair que la France seule ne peut prendre en charge la Défense au niveau européen. Il est essentiel d’agir pour une meilleure intégration politique. L’indépendance de l’Union n’existera pas sans une meilleure politique de défense.

    Immigration

    La France a largement externalisé la gestion de ses frontières au niveau de l’espace Schengen et de l’Union Européenne. Et c’est là que se pose la question de Frontex qui a un budget annuel de 850 millions et dont on sait qu’ils ont participé à refouler des exilé·es renvoyé·es à la mer en dehors de toutes les conventions internationales. Après le naufrage d’un navire avec 650 migrants à bord en Méditerranée, l’agence Frontex n’avait pas diffusé de signal de détresse pour hâter les secours (lemonde.fr)

    La Méditerranée est aujourd’hui la frontière la plus meurtrière au monde et cette politique se décide au niveau européen. Enfin, le RN a accueilli l’ancien président de Frontex sur ses listes : Européennes : Fabrice Leggeri, candidat RN, visé par une plainte pour « complicité de crimes contre l’humanité » (msn.com)

    Une autre politique migratoire est possible sans abandonner nos valeurs.

    Social

    L’Europe sociale n’existe pas : la construction économique n’a pas créé d’Europe politique contrairement aux promesses des années 1980-90. Aujourd’hui plus d’un Européen sur cinq est menacé d’exclusion sociale. On nous promettait une prospérité partagée, pourtant, en France, après redistribution, les 10% les plus riches ont des revenus 4,5 fois plus élevés que les 50% les plus pauvres.

    C’est à peu près la même chose dans tous les pays d’Europe.  Dans le même temps, ces dernières années, il y a eu un net recul de la redistribution : les 10% les plus riches sont moins taxés qu’ils ne l’étaient avant. La Stratégie Europe 2020, qui devait réduire de 25 % le nombre d’Européennes et d’Européens vivant au-dessous du seuil national de pauvreté et sortir plus de 20 millions de personnes de la pauvreté, est un échec cuisant. On fait plus la morale aux pauvres pour les tenir responsables de leur situation qu’on agit contre la pauvreté. Il est impossible d’imaginer l’égale dignité sur une planète finie, tant ce que nous prenons à la Terre, nous le prenons aussi à d’autres. D’ailleurs, les plus pauvres sont celles et ceux qui ont le moins contribué à la dévastation de la planète, tout en étant les premiers exposés aux pollutions de toutes sortes. L’écologie est indissociable de la justice sociale.

    Néanmoins il existe des exemples positifs comme l’insertion par l’activité économique qui est largement financée par l’UE. Par exemple les écoles de la deuxième chance, il y en a trois à Paris. Entre 2014 et 2018, plus de 500 000 jeunes ont été soutenus par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), sur les 1,3 million de jeunes de moins de 30 ans sans emploi et ne suivant ni études ni formation. Les écoles de la deuxième chance ont dispensé, depuis 1997, une formation professionnelle à plus de 80 000 personnes peu ou pas qualifiées, les aidant ainsi à trouver un emploi. Le budget européen a également donné une impulsion au déploiement de la garantie jeune sur l’ensemble du territoire.

    De même, le Fond Social Européen (FSE) est une aide majeure, ici, pour l’aide à l’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi, c’est une aide à l’insertion professionnelle et sociale. Nous préconisons une évolution de la politique sociale européenne avec le droit de véto social européen afin que les nouvelles lois Européennes démarrent désormais par une consultation des personnes concernées – en particulier les plus fragiles – et que l’évaluation de tout projet de réforme sur les plus pauvres soit étudié. Nous le répétons : il n’y a pas d’écologie sans justice sociale.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

    Les Écologistes comptent sur vous pour affirmer l’enracinement des valeurs et des combats écologistes tant au Parlement Européen que dans nos quartiers