Catégorie : Actualité

  • Lucile COCITO : « avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer… »

    Lucile COCITO : « avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer… »

    Lucile COCITO

    Je m’appelle Lucile Cocito je suis née à Ostende d’une mère belge et père Italien, tous les 2 scientifiques mais je n’ai pas suivi leur voie.

    Intéressée par l’image,  j’ai étudié la photo à Bruxelles pour pouvoir ensuite me tourner vers le cinéma.

    C’est au cours de mes études, que j’ai fait l’expérience du théâtre. J’ai joué dans une pièce et la scène s’est imposée à moi : « c’est du théâtre que j’ai envie de faire ».

    J’avais 20 ans et je suis descendue à Paris où j’ai suivi différents cours.

    À 23 ans je suis entrée dans la troupe du théâtre de l’Épée de bois à la Cartoucherie située dans le bois de Vincennes, j’y suis toujours, cela fait presque 30 ans. D’abord au théâtre de l’Épée de bois pendant 7 ans où j’ai appris tous les métiers du théâtre ; de l’administration à la technique en passant par le plateau, la construction, la scénographie. J’étais à la fois assistante à la direction, à la mise en scène, mais aussi à l’accueil, à la billetterie, au bar, à la construction de décors, au montage de projecteurs à 9 m de haut, derrière les consoles lumineuses pour la régie lumière…

    La Tempête de Shakespeare

    À 30 ans, j’ai quitté l’Épée de bois avec ce bagage complet faisant de moi une femme de théâtre prête à créer, en 2006, ma compagnie « Artistique Théâtre » :  Celle-ci a pour mission de créer,de produire, de promouvoir des spectacles vivants pouvant mêler le théâtre, la danse, la musique et l’audiovisuel.

    C’est en 2003, que j’ai commencé à militer pour les droits des intermittent.es du spectacle dans le collectifs qu’on avait monté, La Coordination des intermittent·es et précaires d’Île de France.

    Cela m’a ouvert l’esprit sur toutes les luttes dont celle contre le patriarcat qui asservi les femmes, et cela a résonné sur la domination de la nature par l’homme. Ma conscience sur l’écoféminisme était née.

    Shaula Cambazzu, danseuse-chorégraphe est venue me rejoindre à Paris. En plus de partager ma vie, nous avons fusionné nos 2 Cie, le théâtre et la danse réunis.

    Parallèlement à ma Cie, J’ai commencé à travailler au Théâtre du soleil.  J’ai assisté Ariane Mnouchkine à la mise en scène sur plusieurs spectacles ainsi que sur le film « Les naufragés du fol espoir » où j’étais première assistante.

    Emission radio c’est le spectacle Artemisia Project

    Au début, avec notre Cie, nous avons créé des spectacles d’auteurs : Gorki,  Shakespeare …Puis n’ayant pas eu les droits pour un spectacle, nous avons décidé de faire une création de plateau. Cela consiste à travailler en improvisation, sur des thèmes précis, que l’on retravaille jusqu’à avoir l’écriture du spectacle aussi bien littéraire que scénique. Ce tournant dans la Cie a eu lieu en 2018 avec le spectacle Artemisia Projet , nous continuons avec le dernier sorti en 2023 Les Filles de la Mer que nous allons rejouer début juillet.

    Les Filles de la Mer

     Nos spectacles, traitent de sujets d’actualités et de nos vies en tant que femmes. Entre le théâtre, la danse et la performance, nous sommes engagées dans les luttes contre les violences faites aux femmes et les questions migratoires.

    Depuis mars 2003 nous sommes partenaires d’un projet européen, cofinancé par l’Europe créative La Nomad House.  6 pays partenaires proposent, d’un point de vue artistique et scientifique, une vision de la question migratoire au travers d’une création théâtrale « Le songe » par la compagnie belge Les nouveaux disparus, qui est à l’initiative du projet.

    Nous sommes aujourd’hui à la fin de ce projet qui se termine par une tournée transnationale, dans chaque pays partenaire, Belgique, Allemagne, Grèce, Italie et Tunisie, qui est une des portes d’entrées de la migration pour se terminer en France. Le Centre culturel itinérant sera à Paris, à la Cartoucherie du 5 au 9 juillet 2024.

    Mon combat se fait aussi en tant que citoyenne, engagée politiquement avec Les écologistes. Je me bats aujourd’hui dans mon quartier, le 11e, pour la protection d’un superbe lieu, situé au 14 avenue Parmentier, en passe d’être dénaturé dans une optique complètement commerciale et non inclusive.

    J’ai aussi le projet d’ouvrir une école de théâtre et de danse pour les jeunes artistes réfugié.es qui fuient leur pays et qui se retrouvent en France et ne peuvent apprendre l’art. Aujourd’hui, ce sont essentiellement des formations dans la restauration ou dans le BTP, métiers en tension, qui leur sont proposées.

    Nous avons deux filles magnifiques qui font, l’une les beaux-arts et l’autre du chant lyrique. Vive l’art, vive l’écologie politique et vive la vie !

  • Conseil d’arrondissement – Mai 2024

    Conseil d’arrondissement – Mai 2024

    Séance du 15 mai 2024

    Vœux déposés par les élu·es du groupe les Écologistes :

    01 – Vœu relatif à la réforme dite du « choc des savoirs » et aux suppressions de postes dans les écoles et collèges parisiens [adopté]

    Considérant que l’école publique est notre bien commun dans la construction d’une culture de haut niveau pour toutes et tous, clé de voûte d’une émancipation individuelle et collective et de l’égalité réelle et répondant aux défis sociétaux et économiques d’avenir ;

    Considérant qu’elle joue un rôle majeur dans la défense des valeurs de la République et pour faire de nos enfants des citoyennes et des citoyens libres et éclairés ;

    Considérant que l’importance est de maintenir un système éducatif public permettant à tous les élèves l’accès à la réussite éducative ;

    Considérant qu’à Paris, la rentrée 2024 verra la fermeture de 137 classes et 58 divisions dans les collèges, après une rentrée 2023 déjà marquée par une saignée sans précédent ;

    Considérant que la menace de fermeture d’une classe dans 9 écoles dans le 11e arrondissement : écoles maternelles Bullourde, Cité Souzy, Cité Voltaire et écoles élémentaires Keller, 100 République, Servan, Saint-Bernard, 77 Belleville et EEA Saint-Sébastien ;

    Considérant que l’argument principal avancé par le gouvernement lors de la Loi de Finances 2024 pour justifier la suppression de 2440 postes (1709 dans le premier degré et 484 dans le 2nd degré) est la baisse démographique, alors que le décret du 21 février 2024 rend public la réduction du budget de l’Éducation Nationale de 691 millions supplémentaires, sans que le nombre d’élèves ait baissé en 4 mois, confirmant ainsi que les réductions de moyens sont avant tout guidées par la volonté de contracter à tout prix les dépenses publiques ;

    Considérant que le gouvernement de Gabriel Attal a pris ne série de mesures destinées à revoir l’organisation des apprentissages des élèves à l’entrée au collège, réforme intitulée pompeusement « choc des savoirs » ;

    Considérant que l’évocation d’un « choc » témoigne d’une conception assez préoccupante de la réforme d’une politique publique, où l’injonction, soigneusement mise en scène, devrait remplacer le dialogue et la concertation, vus désormais comme une perte de temps ;

    Considérant qu’en lieu et place d’un « choc des savoirs », c’est plutôt un « choc de défiance » vis-à-vis des enseignantes et enseignants auquel nous assistons ;

    Considérant que cette réforme verra notamment la mise en place d’une organisation différenciée des enseignements en français et mathématiques selon les niveaux imposant de fait un système de tri des élèves lors de leur entrée au collège ;

    Considérant que ce « tri » des élèves est stigmatisant pour les enfants qui seront assignés dans le groupe le plus faible et inefficace, toutes les études démontrant au contraire que la mixité est un facteur qui favorise la réussite de tous les élèves, qui ne pénalise pas les bons, et aide ceux qui sont plus en difficulté ;

    Considérant que ceux qui ont le plus de difficultés à l’entrée en 6e sont le plus souvent ceux qui viennent de milieux sociaux les plus modestes et que cette réforme constituera donc un abandon de la mixité sociale, à l’opposé de tous les principes républicains ;

    Considérant que la recherche en didactique a depuis longtemps convergé sur l’inutilité des groupes de niveaux, qui se révèlent soit particulièrement nocifs pour les élèves en difficulté, soit neutres, en fonction des moyens qui sont alloués pour leur mise en place ;

    Considérant que la mise en place des groupes de niveaux va se traduire à Paris par la suppression d’une heure de cours pour tous les élèves, la suppression de très nombreux demi-groupes en langues, en sciences et technologie, mais aussi la suppression de dispositifs pédagogiques existants pourtant utiles ;

    Considérant que ce projet de groupes de niveaux annoncerait la fin d’une école républicaine unique pour tou·tes les élèves ;

    Considérant que c’est surtout le nombre d’élèves par classe qui influe significativement sur la réussite des élèves ;

    Considérant que cette réforme fait peser un risque sur l’inclusivité à l’école ;

    Considérant que cette réforme prévoit également un passage en seconde conditionné à l’obtention du brevet, assorti de la création de « classes préparatoires en seconde » dont on ne sait encore comment elles seront organisées et financées ;

    Considérant que la volonté annoncée du gouvernement de voir baisser les résultats au brevet des collèges, au moment même où celui-ci deviendrait la condition des poursuites d’études, sans aucune réflexion sur les conséquences ;

    Considérant que la volonté d’uniformisation des enseignements et la standardisation des évaluations font peser une grande crainte sur la liberté pédagogique des enseignants et viendront tuer toute volonté des établissements de porter des projets novateurs et adaptés à leur situation ;

    Considérant qu’à Paris, comme dans de nombreuses communes partout en France, les organisations syndicales et les associations de parents d’élèves se mobilisent chaque année en faveur de la qualité de l’école publique, rappelant que les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) doivent être en nombre suffisant et bénéficier d’un salaire décent, et  que la stabilité des équipes – notamment en éducation prioritaire – garantit des projets pédagogiques ambitieux, rappelant que la présence d’adultes formés et aux conditions de travail améliorées réduit la violence et améliore la réussite des élèves ;

    Considérant qu’il existe une opposition affirmée des professionnels de l’Éducation nationale, des organisations syndicales et des représentants de parents d’élèves contre cette réforme délétère qui s’est exprimée notamment lors des opérations « collèges désert », du vote contre les dotations horaires globales en conseil d’administration des collèges, et lors de la manifestation parisienne unitaire du samedi 4 mai ;

    Considérant que, présent·es aux côtés des parents et de la communauté éducative dans les conseils d’écoles, les conseils d’administration de collèges et lycées, dans les mobilisations, les élu·es de la majorité partagent leur ambition en faveur de l’école publique et sont dans l’incapacité de leur répondre sur les moyens alloués à l’école privée à Paris ;

    Considérant qu’en effet, si le nombre d’enfants scolarisés à Paris diminue depuis 3 ans, la part des élèves scolarisés dans l’enseignement privé est stable ;

    Considérant que, selon les projections, le choix de faire porter au public seul les suppressions de postes conduirait à une majorité d’élèves de 6e scolarisés dans le privé à Paris d’ici 8 ans ;

    Considérant que l’enseignement privé bénéficie de conditions d’accueil particulièrement favorables, financées à près de 74% par la puissance publique, tout en s’affranchissant des règles communes, de l’accueil de l’ensemble des élèves sans distinction ;

    Considérant qu’il serait incompréhensible que l’enseignement public soit plus durement frappé par les suppressions de moyens que l’enseignement privé ;

    Considérant que les sénateurs du groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat ont déposé une proposition de loi visant à empêcher les créations de classes dans les établissements privés sous contrat dans les zones géographiques où des fermetures de classes dans les établissements publics ont été effectuées ;

    Considérant que l’enseignement privé accueille près de 31% des élèves de la maternelle au lycée à Paris ;

    Considérant que la commission de concertation académique de l’enseignement privé de Paris a révélé que sur les 353 suppressions de postes sur toute l’académie de Paris, l’enseignement privé en subit 50 contre 303 dans le public, soit 15% des suppressions de postes ;

    Considérant que les projections des directeurs et directrices d’école aboutissent dans certains cas à 29 élèves dans certaines classes en REP, mais aussi à des classes à 29 ou 30 élèves en primaire mais aussi en maternelle, et dans de très nombreux cas à des classes au-delà des 25 élèves pourtant affichés comme une limite supérieure par le ministère ;

    Considérant qu’une nouvelle instance de l’académie en juin doit permettre de réviser les mesures de suppressions de postes ;  Que nous soutenons l’ensemble de la communauté éducative en faveur d’une école publique juste pour tous et exigeante pour chacun ;

    Sur proposition de Monsieur François VAUGLIN, Maire du 11e arrondissement, et des élu·es des groupes Paris 11 en Commun, Communiste et Citoyen, et Écologiste du 11e, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu :

    • Que le gouvernement renonce à cette réforme dite du « choc des savoirs » et engage un dialogue avec toute la communauté éducative et les collectivités afin d’œuvrer à un projet commun inclusif et ambitieux pour l’école publique de demain ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale annule en juin toute suppression de poste, afin de permettre la diminution du nombre moyen d’élèves par classe, tant dans le primaire que dans le secondaire ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale ouvre les postes nécessaires pour développer des brigades de remplacements, pour développer les pédagogies différenciées à même de faire réussir tous les élèves dans des classes hétérogènes, et notamment les élèves en situation de handicap ;
    • Que le Rectorat de Paris communique le nombre de postes supprimés à Paris dans l’enseignement privé sous contrat, primaire comme secondaire, pour les années 2021, 2022, 2023 et 2024 ;
    • Que le Ministère de l’Éducation nationale prévoie la fermeture de 50 classes dans l’enseignement privé à Paris afin de permettre l’ouverture de 50 classes dans le public en transférant les personnels enseignants ;
    • Que l’Etat engage une politique volontariste afin de renforcer l’attractivité des métiers de l’enseignement à travers une amélioration de la rémunération et des conditions de travail des enseignant·es, et revalorise en particulier le métier d’AESH par une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail.

    02 – Vœu relatif à la mise à l’abri pérenne des jeunes de la Maison des Métallos et des jeunes en recours de minorité en situation de rue. [adopté]

    Considérant l’occupation de la Maison des Métallos, par environs 80 jeunes exilé·es depuis le 6 avril 2024 ;

    Considérant qu’il s’agit de la 7e occupation d’un bâtiment municipal depuis septembre dernier faute de mise à l’abri et de prise en charge de ces jeunes, la dernière en date étant le centre culturel le Centquatre, situé dans le XIXe arrondissement ;

    Considérant que ces occupations font suite à plusieurs démantèlements de campement de la part de la Préfecture de Police, sans solution de mise à l’abri, en témoignent par exemple les démantèlements réguliers des campements situés sur les berges de la Seine ;

    Considérant que le système des sas proposés en région par la Préfecture ne permet pas un suivi approprié des jeunes et parfois même pas un hébergement ;

    Considérant que pour la plupart les jeunes évacué·es sont en recours de minorité et ont donc refusé de partir dans les sas pour ne pas perdre leur recours ;

    Considérant qu’avait été ciblée la réquisition du Lycée Brassaï, inoccupé, dans le XVe arrondissement pour mettre à l’abri ces jeunes mais que la Région Île-de-France a saisi la Préfecture de Police pour s’y opposer ;

    Considérant qu’à l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques, ces démantèlements sont de plus en plus nombreux pour faire de Paris une vitrine touristique ;

    Considérant la situation d’extrême précarité de ces jeunes dépourvus de toute solution d’hébergement ou de mise à l’abri, même temporaire ;

    Considérant qu’en même temps ces jeunes ne bénéficient pas de leur droit à l’éducation garanti par la convention internationale des droits de l’enfant ;

    Considérant la situation kafkaïenne dans laquelle ils se trouvent le temps de leur recours de minorité devant le juge des enfants, ne leur permettant pas une prise en charge et une mise à l’abri ;

    Considérant qu’en cas de doute sur la minorité, celle-ci doit profiter à l’intéressé·e qui se déclare comme tel·le, principe rappelé à maintes reprises par le Défenseur des droits, que ce soit au titre de son rapport sur les droits des étrangers en France de mai 2016 et du rapport sur les MNA de janvier 2022 ;

    Considérant que la situation des jeunes en recours est connue depuis longtemps sans que les institutions ne proposent d’issue sérieuse et tenant compte de la protection de l’enfance ;

    Considérant aussi l’objet initial de la Maison des Métallos, établissement culturel accueillant des arts visuels et du spectacle et qu’elle ne saurait constituer une solution pérenne de mise à l’abri de ces jeunes ;

    Considérant la lassitude voire la détresse psychologique des personnels de la Maison des Métallos, non formés et non accompagnés pour accueillir ces jeunes, accueil si temporaire soit-il ;

    Considérant que la Maison des Métallos n’est pas adaptée pour accueillir ces jeunes, a fortiori lorsque de plus en plus d’entre eux se rendent là-bas tentant de trouver une solution.

    Sur proposition des élu·es écologistes, le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu que la Ville de Paris :

    • Mette à l’abri les jeunes de la Maison des Métallos, dans un lieu adapté à leurs besoins, assorti d’un accompagnement sanitaire, scolaire ou visant une formation professionnelle, et social ;
    • Continue et amplifie son action vis-à-vis de l’État pour qu’il prenne en charge les coûts qui lui incombe ;
    • Reconnaisse la présomption de minorité des jeunes en recours, incluant une péréquation financière de la part de l’État ;
    • Accompagne le personnel de la Maison des Métallos en attendant que l’établissement reprenne son activité initiale.
  • Semaine pour l’emploi dans le 11e

    Semaine pour l’emploi dans le 11e

    RDV du 21 au 24 mai

    Joëlle MOREL vous invite à participer à cette semaine de l’emploi dans notre 11e, une manière de prolonger le 1er mai : la journée internationale des travailleuses et travailleurs.

    Semaine de l’emploi – Photo Mairie du 11e
    • Mardi 21 mai : 16 h -19h

    Kiosque Infos Emploi et accès au droit à Belleville

    Angle rue Faubourg du temple et rue de la Présentation

    • Mercredi 22 mai : 9h-13h30,

    Forum de l’emploi

    Plus de 30 entreprises présenteront leurs offres d’emploi provenant de 4 grands secteurs d’activité : l’ hôtellerie et la restauration ; l’aide à la personne et la santé ; le commerce et la distribution

    Mairie du 11e 12 place Léon Blum

    • Mercredi 22 mai :19h- 21h  

    Rencontre autour du livre « Le travail pressé » 

    Rencontre avec Serge Volkoff et Corinne Gaudart, ergonomes auteur-es de l’ouvrage :  Le Travail pressé – pour une Écologie des temps de travail aux éditions des Petits matins  qui analysent  des postes de travail  de pâtissiers, infirmiers, aides soignant, éboueurs, agents administratif  (CAF,  France Travail, caisses de retraite)

    Venez partager avec nous votre analyse de vos tâches quotidiennes au travail

    Bibliothèque Violette le Duc, rue Faidherbe

    • Jeudi 23 mai : 11h-12h30

    Handicaps invisibles et emploi 

    Table ronde Pour déstigmatiser les troubles psychiques dans le monde de l’entreprise, c’est possible !

    Interventions de Maxime Perez-Zitvogel, directeur de la Maison perchée

    Maison perchée 59 av de la République

    • Jeudi 23 mai :18h30- 20h 

    Et pour vous, ça se passe comment le télé travail?   

    Depuis le Covid, le télé travail bouleverse nos habitudes et notre rapport au travail. Plusieurs spécialistes vous proposent de partager leurs analyses et leurs expériences au quotidien. 

    Annette Leclerc INSERM

    Delphine Brajon Institut Paris Région

    Marianne Le Gagneur CNAM

    Nathalie Riche,  directrice  du Onzième lieu, espace de coworking

    Onzième lieu rue Jean Pierre Timbaud

    • Vendredi 24 mai

    Forum des métiers de l’intervention sociale et de l’insertion Point Paris Emploi du 11e – 112 avenue Philippe Auguste ( AFPA)

  • Chloé SAGASPE : l’Europe du quotidien

    Chloé SAGASPE : l’Europe du quotidien

    Pour la première fois de l’histoire, la planète a connu un réchauffement de plus de 1,5 degrés pendant 12 mois consécutifs. Paris a déjà dépassé le seuil fatidique des 2 degrés. Paris est la ville en Europe où l’on risque de mourir le plus de chaud.

    A l’heure de l’ébullition climatique mondiale, l’heure n’est plus à la politique des petits pas. Car, on ne négocie pas avec le climat.  Entre Cuire, fuir ou agir ? Notre seule solution : agir !

    Jeune élue locale du 11e chargée des questions de protection de la nature et du climat et candidate aux européennes sur la liste de Marie Toussaint, je me bats au quotidien de la rue aux institutions pour que la lutte contre le changement climatique ne soit pas un simple slogan de campagne, en préservant et protégeant notre patrimoine arboré, accélérant la rénovation énergétique de nos quartiers et en adaptant notre ville au climat de demain pour protéger les Parisiennes et Parisiens.

    Ouvrir à Paris au public 300 hectares d’espaces verts d’ici 2040, désimperméabiliser et renaturer les sols, adapter nos écoles et crèches face aux fortes chaleurs, planter des arbres adaptés au climat, ouvrir les parcs et jardins la nuit en période de canicule, mettre en place un big bang de la rénovation thermique du bâti, autant de mesures concrètes, que nous écologistes avons portées à Paris en étant à l’initiative d’une Mission d’information et d’évaluation “Paris à 50 degrés” dont j’étais membre. Pour faire de la protection de l’environnement « la norme des normes », mettre en place un traité environnementale européen, réorienter durablement les politiques vers plus de justice sociale et environnementale, financer un fonds de souveraineté écologique pour reprendre en main les entreprises polluantes du pétrole et du gaz, les chantiers restent nombreux et les combats à mener une bataille au quotidien. L’Europe chevillée au corps, vous pouvez compter sur ma détermination.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

    Les Écologistes comptent sur vous pour affirmer l’enracinement des valeurs et des combats écologistes tant au Parlement Européen que dans nos quartiers

  • Nour DURAND-RAUCHER : l’Europe du quotidien

    Nour DURAND-RAUCHER : l’Europe du quotidien

    Le rôle de l’UE : Le local dépend des politiques et aides européennes

    Voici quelques exemples de ce que peut faire l’Union Européenne en matière de défense, immigration ou social et qui ont des effets concrets ici.

    Défense

    900 millions d’euros sont investis dans les politiques de défense au niveau Européen. La défense Européenne apparait d’autant plus cruciale dans le contexte actuel après la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie dans un monde ou l’ONU et l’OTAN semblent progressivement désinvestis par les Etats-Unis. Le « parapluie » de défense américaine est en suspens avec le possible retour de Trump au pouvoir. Il est clair que la France seule ne peut prendre en charge la Défense au niveau européen. Il est essentiel d’agir pour une meilleure intégration politique. L’indépendance de l’Union n’existera pas sans une meilleure politique de défense.

    Immigration

    La France a largement externalisé la gestion de ses frontières au niveau de l’espace Schengen et de l’Union Européenne. Et c’est là que se pose la question de Frontex qui a un budget annuel de 850 millions et dont on sait qu’ils ont participé à refouler des exilé·es renvoyé·es à la mer en dehors de toutes les conventions internationales. Après le naufrage d’un navire avec 650 migrants à bord en Méditerranée, l’agence Frontex n’avait pas diffusé de signal de détresse pour hâter les secours (lemonde.fr)

    La Méditerranée est aujourd’hui la frontière la plus meurtrière au monde et cette politique se décide au niveau européen. Enfin, le RN a accueilli l’ancien président de Frontex sur ses listes : Européennes : Fabrice Leggeri, candidat RN, visé par une plainte pour « complicité de crimes contre l’humanité » (msn.com)

    Une autre politique migratoire est possible sans abandonner nos valeurs.

    Social

    L’Europe sociale n’existe pas : la construction économique n’a pas créé d’Europe politique contrairement aux promesses des années 1980-90. Aujourd’hui plus d’un Européen sur cinq est menacé d’exclusion sociale. On nous promettait une prospérité partagée, pourtant, en France, après redistribution, les 10% les plus riches ont des revenus 4,5 fois plus élevés que les 50% les plus pauvres.

    C’est à peu près la même chose dans tous les pays d’Europe.  Dans le même temps, ces dernières années, il y a eu un net recul de la redistribution : les 10% les plus riches sont moins taxés qu’ils ne l’étaient avant. La Stratégie Europe 2020, qui devait réduire de 25 % le nombre d’Européennes et d’Européens vivant au-dessous du seuil national de pauvreté et sortir plus de 20 millions de personnes de la pauvreté, est un échec cuisant. On fait plus la morale aux pauvres pour les tenir responsables de leur situation qu’on agit contre la pauvreté. Il est impossible d’imaginer l’égale dignité sur une planète finie, tant ce que nous prenons à la Terre, nous le prenons aussi à d’autres. D’ailleurs, les plus pauvres sont celles et ceux qui ont le moins contribué à la dévastation de la planète, tout en étant les premiers exposés aux pollutions de toutes sortes. L’écologie est indissociable de la justice sociale.

    Néanmoins il existe des exemples positifs comme l’insertion par l’activité économique qui est largement financée par l’UE. Par exemple les écoles de la deuxième chance, il y en a trois à Paris. Entre 2014 et 2018, plus de 500 000 jeunes ont été soutenus par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), sur les 1,3 million de jeunes de moins de 30 ans sans emploi et ne suivant ni études ni formation. Les écoles de la deuxième chance ont dispensé, depuis 1997, une formation professionnelle à plus de 80 000 personnes peu ou pas qualifiées, les aidant ainsi à trouver un emploi. Le budget européen a également donné une impulsion au déploiement de la garantie jeune sur l’ensemble du territoire.

    De même, le Fond Social Européen (FSE) est une aide majeure, ici, pour l’aide à l’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi, c’est une aide à l’insertion professionnelle et sociale. Nous préconisons une évolution de la politique sociale européenne avec le droit de véto social européen afin que les nouvelles lois Européennes démarrent désormais par une consultation des personnes concernées – en particulier les plus fragiles – et que l’évaluation de tout projet de réforme sur les plus pauvres soit étudié. Nous le répétons : il n’y a pas d’écologie sans justice sociale.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

    Les Écologistes comptent sur vous pour affirmer l’enracinement des valeurs et des combats écologistes tant au Parlement Européen que dans nos quartiers

  • Joëlle MOREL : l’Europe du quotidien

    Joëlle MOREL : l’Europe du quotidien

     » Élue au Commerce, développement économique et emploi, mes actions dans le 11e s’appuient sur les valeurs défendues par les député·es Européens Écologistes .

    Depuis le COVID et les dérèglements climatiques les prix et le coût de la vie ont explosé. Les coûts des énergies et nos factures augmentent et de plus en plus de personnes sont menacées par la pauvreté.

    L’Union européenne est à l’initiative de nombreuses lois en vigueur relatives à l’emploi : amélioration des conditions de travail, temps de travail maximal, protection contre les discriminations, droits en matière de maternité et de paternité dans toute l’Europe. Il faut continuer nos combats ! « 

    Avec les élu·es européens nous continuerons à nous battre pour que chacun·e puisse mener une vie digne. Ceci nécessite une fiscalité juste et de s’éloigner de l’ancien modèle économique qui empêche d’investir dans les services publics, les biens communs nécessaires pour assurer les droits fondamentaux des citoyen·ne·s.

    Nous nous battons pour une Europe Sociale : pour un revenu minimum à l’échelle de l’UE afin de garantir que chaque Européen·ne puisse vivre correctement. Un revenu minimum permettrait de faire face à la crise du coût de la vie d’une manière équitable, et de faire en sorte que chaque citoyen·ne de l’UE puisse se loger, acheter des aliments sains, poursuivre ses études, bénéficier d’un accès garanti aux soins de santé et, ce qui est de plus en plus difficile aujourd’hui, payer ses factures d’énergie.

    Une première directive a été votée. Cela signifie, concrètement, une augmentation de salaire de 20% pour 25 millions de travailleurs et de travailleuses en Europe. La directive qui le prévoit permettra d’augmenter le salaire minimum dans deux tiers des États membres. C’est une manière très directe pour l’Union européenne de lutter contre la pauvreté, d’augmenter les salaires des plus précaires en particulier pour les travailleuses et travailleurs qui sont lié·es par des contrats zéro heures ou exercent des emplois précaires en tant que travailleuses et travailleurs de plateforme.

    Le parlement grâce aux actions des élu·es écologistes a défendu fermement les travailleurs et les travailleuses des plateformes. Grâce à une nouvelle directive, ils et elles auront les mêmes droits que les autres : droit à des congés payés et le salaire minimum leur sera garanti.

    Nous luttons aussi pour la santé et la sécurité de 170 millions de travailleurs et de travailleuses dans l’Union européenne. Trop d’accidents du travail et trop de décès, de maladies professionnelles sont encore dénombrés, en particulier les cancers liés au travail.  Saviez-vous que, dans l’Union européenne, 88 000 personnes meurent encore chaque année de leur exposition antérieure à l’amiante ?  Les députés écologistes ont réussi à convaincre le Parlement européen de réclamer une Union européenne débarrassée de l’amiante. Maintenant, il faut que les gouvernements l’acceptent !

    C’est par ce que je partage cette volonté de développer les emplois d’avenir : ceux liés à la transition vers une économie verte, à l’inclusion sociale, aux commerces de proximité indépendants qui favorisent les circuits courts et le bio , à l’agriculture locale, à l’économie circulaire , aux énergies renouvelables   que j’aspire à la construction d’une Europe inclusive, sobre, solidaire et innovante

    Enfin les inégalités salariales entre hommes et femmes sont encore trop importantes en Europe.  Les femmes courent presque deux fois plus le risque de dépendre du salaire minimum que les hommes. À emploi équivalent, ceux-ci gagnent toujours 13% de plus que les femmes. En France cet écart est de 24,4%. L’Europe doit se renouveler en adoptant un tournant résolument féministe ! Brisons le plafond de verre ! Ce sera l’occasion de participer aux Circuits de l’emploi, de réfléchir sur notre rapport au travail qui est bouleversé depuis le COVID : nouveaux rythmes, développement du télétravail, absentéisme, démissions en augmentation… Y a-t-il une perte de sens au travail ? Et où en sont les métiers dits invisibles, tant applaudis pendant la période de confinement ?  Ce sera aussi l’occasion de rencontrer les professionnel.le.s de l’emploi, qui vous accueilleront tout particulièrement lors du Kiosque Infos Emploi et du Forum Emploi.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

    Les Écologistes comptent sur vous pour affirmer l’enracinement des valeurs et des combats écologistes tant au Parlement Européen que dans nos quartiers

  • David BELLIARD : l’Europe du quotidien

    David BELLIARD : l’Europe du quotidien

    Tous les jours, nous transformons Paris. Rue par rue, place par place, nous cherchons à réduire la place de la voiture pour changer nos manières de nous déplacer et récupérer de l’espace. Avec un objectif : planter et végétaliser chaque fois que nous le pouvons, pour rafraichir notre ville en période de très fortes chaleurs. Pour réussir cette petite révolution “en bas de chez soi”, nous avons besoin d’une Europe verte puissante et déterminée. Parce que c’est au niveau de l’Europe que les normes pour des véhicules plus propres sont décidées. Pour que ces normes soient les plus ambitieuses possibles, il faut des élu·es qui résistent aux lobby. Les écologistes ont largement montré leur solidité et leur probité.

    Parce que c’est au niveau européen que se font les choix, d’investissement encore et encore dans l’automobile, ou investissement dans le secteur du vélo par exemple ou dans les transports en commun.

    Parce que c’est là aussi que l’Europe peut nous aider à agir, dans la mise en place de zone à trafic limitée ou dans la prévention des angles morts, qui continuent à tuer sur nos routes. Bref, du local au global, votons le 9 juin pour une Europe verte et écolo, pour nous aider à transformer Paris !

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

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  • Alexandre VISCONTINI : l’Europe du quotidien

    Alexandre VISCONTINI : l’Europe du quotidien

    Pour développer le réemploi, la seconde vie des objets, la réparation, l’économie circulaire, nous devons agir à la fois localement et au niveau européen ! Et c’est ce que les élu·es écologistes font au quotidien, pour améliorer la vie de tous les jours et préserver les ressources de la planète.

    Ainsi, au niveau européen, le Parlement a adopté récemment plusieurs textes qui vont dans ce sens :  

    – En mars 2024,le Parlement européen a adopté sa position sur la révision de la directive-cadre relative aux déchets : il souhaite réduire les déchets d’au moins 20 % dans la transformation et la fabrication des aliments et d’au moins 40 % dans le commerce de détail, les restaurants, les services alimentaires et les ménages.

    – En avril, le Parlement a adopté un projet de directive sur le « droit à la réparation pour les consommateurs », un projet de règlement sur l’écoconception, et un règlement en faveur d’emballages plus durable, visant à lutter contre l’augmentation des déchets et à encourager l’économie circulaire.

    Au niveau local, dans le 11e aussi nous agissons :

    – Pour réduire nos déchets alimentaires qui partent actuellement à l’incinération, en proposant de les collecter dans les nouvelles bornes Trilib (infos en cliquant ici)

    – Pour faire durer nos objets plus longtemps, en soutenant les initiatives de réparation : rdv le 29 juin en face du square Gardette pour une opération Repar’Onze pendant laquelle vous pourrez apprendre à réparer vous-mêmes vos objets ;

    – Pour développer une économie circulaire, en organisant des coopérations entre acteurs économiques du territoire, afin que les déchets des uns deviennent les ressources des autres, et en mutualisant certains services pour limiter leur impact carbone : c’est l’objet du Réseau économie circulaire, dont la dernière rencontre a permis à une 50aine d’acteurs d’échanger sur ces enjeux le 26 avril dernier : Reseau des entreprises engagées économie circulaire Paris11 (@reseau_eco_circulaire_paris11) • Photos et vidéos Instagram Alors le 9 juin, pour une Europe qui s’engage pour la réduction des déchets et le réemploi, votez Les Écologistes.

    Les élections européennes auront lieu le 9 juin !

    Nous voulons construire une Europe qui protège

    Avec Marie TOUSSAINT, tête de liste des Écologistes, et toute son équipe,  nous continuerons à travailler pour la Paix et la Sécurité, pour développer les Solidarités, pour lutter contre les changements climatiques, développer une alimentation saine, pour préserver les Services publics et l’Emploi local et mettre fin aux paradis fiscaux.

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  • Juliette CAULIER : « il n’est jamais trop tard …… »

    Juliette CAULIER : « il n’est jamais trop tard …… »

    Juliette CAULIER

    La naissance de mon projet entrepreneurial 

    J’ai souhaité commencer cet article en entrant directement dans le vif du sujet : ce qui m’a menée à ouvrir une boutique de mode seconde main sous la forme d’un dépôt-vente.

    Après une enfance partagée entre la région Parisienne, l’Argentine et la Normandie, je poursuis mes études secondaires à Nancy dans une école de commerce. Ces études débouchent sur un stage chez Coca-Cola, entreprise que je quitterai finalement 10 ans plus tard pour des raisons que nous verrons dans la suite dans cet article.

    C’est donc après 10 ans de bons et loyaux services au sein de ce géant de l’agroalimentaire, entre Paris et Londres, navigant dans les différents métiers du marketing, que je décide de voguer vers des horizons pas très lointains puisque je démarre un CDD de 9 mois au sein du groupe Meta en charge des partenariats et de l’événementiel.

    Carrière toute tracée, route qui mène à un confort financier évident, c’est à l’issue de ces (presque) 11 ans au sein de grands groupes internationaux que je décide de tout plaquer pour ouvrir un dépôt-vente à Paris.

    Ce n’est pas l’envie d’entreprendre absolument qui m’a conduite ici, mais plutôt l’envie de mettre l’énergie que je mettais dans de grands groupes au service d’une cause plus noble. Je ne suis pas née avec des engagements écologiques plein la tête, au début de ma carrière au sein de multinationales, ce n’était même pas quelque chose que je prenais en compte. Sur les pauses dej je me revois faire un tour chez h&m pour compenser la frustration d’une réunion par un achat compulsif.

    Ce n’est qu’à partir des années Covid que j’ai eu une révélation : quand l’activité humaine s’arrête alors la nature reprend ses droits. C’est aussi simple que cela. J’ai commencé à militer en interne chez Coca-Cola pour revoir nos actions en faveur de l’environnement, et revoir nos priorités de manière générale. J’ai par ailleurs proposé une optimisation de nos opérations marketing autour de la Coupe du Monde au Qatar, je trouvais cela complètement délirant de proposer un plan marketing ‘business as usual’ pour une Coupe du Monde en dessous de tout (environnement, droits humains et j’en passe). La réponse du groupe a été claire : on ne change rien. C’est là que l’envie de faire autre chose a commencé à me titiller. J’ai rencontré des personnes merveilleuses chez Coca-Cola, c’est une belle boite, qui a un profond respect pour ses collaborateurs. Les projets sont tous plus intéressants les uns que les autres et les opportunités de carrière sont nombreuses. Dommage que les enjeux de société et d’avenir soient si peu pris en compte car ce sont les grands groupes à l’instar de ceux que j’ai connus qui ont les moyens financiers, humains et R&D de faire vraiment changer les choses.

    Se révéler l’âme d’une militante

    Tout cela pour dire qu’il n’est jamais trop tard pour se réveiller militant. Après 2 ans en Angleterre en tant que responsable des partenariats et de l’événementiel pour toutes les marques du portefeuille Coca-Cola, de retour à Paris, j’ai été recrutée chez Meta pour un CDD de 9 mois, à l’issu duquel je n’ai pas voulu rester, toujours un peu pour les mêmes raisons : pourquoi mettre autant d’énergie au service d’un groupe qui ne répond pas à mon besoin de faire les choses correctement.

    Après 11 ans dans le monde de l’entreprise donc, forte du soutien de mon mari, entrepreneur lui-même et descendent de chefs d’entreprise, j’ai décidé de mettre une première pierre à l’édifice de ce projet qui me tenait tant à cœur : ouvrir un dépôt-vente de mode contemporaine.

    L’industrie de la mode est la 2ème industrie la plus polluante au monde, et je vous passe les détails sur le traitement des travailleurs de la mode à l’autre bout de la planète.

    La fast fashion est un fléau. Nous avons tous perdu la vraie valeur des choses. Il faut toujours se demander comment il est possible qu’un tee-shirt coute 3€. Il est évident qu’à ce prix là c’est soit la planète soit l’être humain (soit les deux) qui trinque.

    Consommer seconde main c’est réduire son impact négatif sur l’environnement de 90%. C’est donc assez naturellement, étant une fan de seconde main moi-même, que j’ai voulu prouver que nous pouvions tous agir à notre échelle. Amener une seconde main premium et contemporaine au plus grand nombre représentait donc ma nouvelle mission.

    C’est d’ailleurs pour lutter contre les fameux ‘à mon échelle je ne peux rien faire’ que j’ai aussi ouvert ma boutique. Nous avons tous des cartes en main pour faire bouger les choses, consommer 2nde main en fait partie, et c’est même agréable.

    Une fois qu’on a goûté à un mode de consommation des vêtements plus responsable, il est assez naturel que notre style de vie tout entier évolue vers tout un fonctionnement plus responsable de l’environnement. Aussi, je ne prends presque plus l’avion et je ne mange ni viande ni poisson. Encore une fois, ce sont vraiment des actions à portée de main pour tous.

    Joindre l’utile à l’agréable

    Dans ce climat difficile où le pouvoir d’achat est fortement impacté, la 2nde main permet aussi pour mes déposantes (personnes qui déposent leurs vêtements pour qu’ils soient vendus) de récupérer un petit pécule ou bien de renouveler leur garde-robe directement en boutique grâce au fruit de leurs ventes. La boucle est bouclée, c’est un schéma super logique finalement.

    La boutique

    Ma boutique est située au 24b rue Popincourt, en plein cœur du 11ème arrondissement de Paris.

    Je ne fonctionne qu’en dépôt-vente : ce sont les particuliers qui me déposent ce qu’ils ne portent plus, je vends pour eux (moyennant une commission de 55% sur le prix TTC) et ils récupèrent leur chèque au bout de 2 mois. Les invendus sont ensuite donnés à des associations.

    Après 1,5 ans d’activité, j’ai un vrai sentiment de fierté :

    • J’ai réussi à construire un véritable réseau de déposantes et clientes qui me récompensent tous les jours par leur fidélité
    • Je suis parvenue à atteindre une certaine rentabilité de mon activité malgré toutes les charges qui nous incombent et surtout après 1 année et demi d’ouverture, il parait que c’est pas mal, même si j’ai du mal à m’en contenter
    • J’ai une belle petite notoriété dans le quartier et sur les réseaux
    • J’ai découvert une nouvelle casquette de ma personnalité en tant que militante écologique et soutien aux petits commerces de proximité. Je suis d’ailleurs co-présidente d’une association, Le Collectif 2nde main, visant à promouvoir les boutiques de 2nde main mode et déco du quartier et je suis très active au sein de l’association du Village Popincourt qui regroupe environ 70 commerçants qui se retrouvent autour des valeurs d’authenticité et de proximité. J’ai eu la chance de rencontrer et d’être soutenue par les élu.es du 11ème arrondissement mais aussi par les député.es des 7ème et 8ème circonscriptions, qui ont  entendu nos problématiques et se sont engagé.es à porter certains sujets à l’assemblée
    • J’ai réussi à convertir des réticentes à la 2nde main de ne s’habiller presque qu’exclusivement chez Shift

    Mais tout n’est pas rose tous les jours

    Malgré un tableau plutôt positif, ce qui pêche en revanche c’est la difficulté du quotidien car il n’est pas facile de se verser une rémunération chaque mois. Je suis capable de payer tout ce que je dois, ce qui reste c’est mon salaire, et parfois c’est 0, et cela n’est pas lissé sur l’année. Les charges sont très élevées et les aléas nombreux. C’est à se demander si c’est rentable d’avoir des convictions et de lutter pour des causes qui nous semblent juste. Est-ce que les convictions rapportent un salaire décent ? De nombreuses boutiques de notre quartier ferment leurs portes, faute de pouvoir payer leur loyer, et leurs fondateurs se réorientent vers le salariat qui apporte des garanties plus confortables.

    On dit qu’il faut 3 ans pour atteindre un rythme de croisière lorsque l’on ouvre une boutique, l’impatience est aussi le propre de certains entrepreneurs dont je fais partie. L’essentiel c’est de planter toutes les graines possibles aujourd’hui pour en récolter les fruits d’ici quelques mois.

    Et la suite ?

    Même si le contexte actuel est compliqué, je crois énormément en mon projet. Le marché de la seconde main n’a de cesse que de gagner du terrain, répond aux enjeux actuels de réduction de notre empreinte carbone, de reprise du pouvoir d’achat et de recherche d’authenticité par les consommateurs.

    C’est pourquoi je lance mon offre de commercialisation de la franchise. J’ai réussi à créer une marque qui peut facilement être déployée à Paris ou dans d’autres grandes villes françaises.
    J’ouvre d’ailleurs ma première boutique franchisée à la mi-juin dans le 17ème arrondissement de Paris. S’il y a des intéressés par ce concept, qu’ils n’hésitent pas à me contacter via l’Instagram de la boutique. Outre l’idée de développer le parc de boutiques Shift, mon souhait c’est d’accompagner des entrepreneurs en herbe qui ne savent pas par où commencer mais qui ont envie de fonder quelque chose qui a du sens. Je propose donc de booster et d’accompagner l’entreprenariat féminin en donnant de mon temps et de mon expérience pour rendre encore plus accessible la mode en 2nde main.

    SHIFT << Dépôt-vente

    24bis rue Popincourt – PARIS 11e

  • Alexandre BOUTON : « La forêt, on l’avait chevillée au corps dans la famille… »

    Alexandre BOUTON : « La forêt, on l’avait chevillée au corps dans la famille… »

    Alexandre BOUTON

    Enfance rurale et ouvrière

    On est de là où l’on nait !

    Issu d’une famille où l’on est ouvrier de père en fils je comprendrai plus tard que des ouvriers il y en a à la pelle dans la famille, chez Peugeot à Vesoul et Sochaux, dans le monde agricole où mon père travaillait dans une coopérative laitière, mais aussi dans l’horlogerie chez Kelton où ma mère travaillait. La diversité, puis l’unité du milieu des ouvriers j’ai aussi appris à le connaître et notamment lorsque ma mère m’a dit lorsque j’avais 15 ans que je ne devrai pas tarder à aller bosser comme tout le monde ! J’ai vécu l’ascension de mes parents, leurs combats pour boucler les fins de mois et le travail en plus pour permettre cela. Quand on vient d’un milieu ouvrier, on est très dépendant des autres et cette dépendance elle vous suit et ne vous quitte pas. J’ai lu Bourdieu et j’ai compris beaucoup de chose sur cette reproduction dont on est l’esclave. Dans la vie, on se rend vite compte, au fur et à mesure des expériences, qu’elle est faite de rencontres, de parcours et moments partagés avec des gens qui vous ouvrent des horizons alors que d’autres en ferment.

    Adolescence dans les bois

    En Franche Comté, il y a cette forêt infinie et ces champs qui sont enchainés les uns aux autres par des fils de fer barbelés pas toujours évident à franchir.

    Mon plaisir quand j’avais entre 12 et 18 ans était de partir à travers champs avec mon chien, marcher tout droit sans savoir où j’allais. De champs en champs, dans ma région on arrive vite à la lisière d’une forêt. Là on perd l’horizon, les odeurs changent et on zig-zag en évitant les arbres. Les forêts, plus difficiles à cultiver, sont toujours sur les coteaux et dans les revers. Alors, d’arbres en arbres ont fini par tomber sur un point d’eau, une mare, ou une bauge, et à travers les bruits qu’on entend, on prend conscience que le vent fait parler les arbres. On entre dans un monde plus mystérieux aux limites moins strictes, plus nuancées, plus profondes. De balades en balades, on prend conscience que dans cette forêt on n’est plus sur la terre, mais dans la terre. Les arbres sont des racines inversées qui s’enchevêtrent et prennent corps avec le ciel. J’aime cette idée que les arbres relient la terre aux nuages et que lorsqu’on est allongé au pied d’un arbre c’est tout une partie de notre énergie qu’on relie à l’univers. On reprend le chemin, on marche et on finit toujours par tomber sur une route. La forêt on l’avait chevillée au corps dans la famille. Le bois était une corvée en même temps qu’une ressource et une réelle liberté avec ces moments partagés en famille à nettoyer la forêt, tronçonner, les branchages, trier les rondins, fendre les buches trop grosses, bruler les petites branches pas exploitables. L’affouage, une tradition qui date du moyen-âge, est plus que jamais d’actualité avec la crise énergétique. Les communes forestières de Haute-Saône tirent une grande partie de leurs ressources de la gestion des bois communaux. Chaque année, avec l’ONF, les communes identifient les arbres arrivés à maturité qu’il faut abattre et commercialiser. Les déchets c’est à dire les branchages sont distribués aux ménages de la commune pour qu’ils puissent se chauffer durant l’hiver. En les récupérant, ils participent à entretenir la forêt et s’assurent une belle économie. Il faut y passer du temps à scier les buches pour qu’elles rentrent dans la chaudière. Mon goût pour le bois qui réchauffe et le bois qui use est certainement, en partie, né là.. De cette manière avec laquelle toute la famille s’organisait pour s’assurer l’hiver au chaud.

    Des bois à l’école du bois !

    Je suis arrivé en 3° avec des notes très faibles et pas beaucoup d’envie pour la suite. Alors mes parents m’ont orienté vers le Lycée du bois de Mouchard dans le Jura. On y trouvait des formations dans toute la filière bois de l’exploitation forestière, la scierie jusqu’à l’import-export. Une belle école où j’ai eu la chance d’être retenu pour être formé comme technicien en construction et aménagement d’ensemble. Dans cette école j’ai été formé par des Compagnons qui avaient fabriqué leurs outils en les dimensionnant à la taille de leur paume, de leurs mains et de leurs pouces. Alors qu’ils avaient appris à manier ces outils comme le prolongement de leur bras et de leur force dans la matière, (comme le lien entre la pensée et la matière en transformation) ; ils nous apprenaient à programmer des machines à commande numérique et à industrialiser nos productions.

    Dès mon premier stage en seconde j’ai régulièrement travaillé dans une entreprise de charpente et construction à ossature bois. Au contact des chantiers et des charpentiers, j’ai appris à construire des épures, à monter des charpentes traditionnelles et industrielles, à couvrir et étancher, à courir sur les toits en hiver comme en été, sous la neige, la pluie ou 40°C. Certains de mes collègues ne savaient ni lire, ni écrire, mais ils pouvaient planter une pointe de 16cm en un seul coup de marteau. Un jour, alors que nous n’avions qu’une semaine pour couvrir 6 maisons sur un chantier où il avait bien plu, j’ai vu arriver un homme en costume qui marchait dans la boue en danseuse pour éviter les flaques. Lorsque j’ai demandé à mon collègue s’il ne s’était pas planté d’adresse pour le mariage, il me répondit « t’inquiète, on appelle ça un architecte, quand il va un peu moins pleuvoir il va sortir de la cabane de chantier et va venir nous expliquer des trucs. Là tu fermes ta gueule, tu dis oui de la tête et après il se casse et on termine le travail »… tout s’est passé comme il me l’avait décrit ! Arrivé en terminal je redouble car si mon efficacité à l’atelier s’améliorait chaque semaine au contact des compagnons, mon niveau en cours était resté au plus bas. Au même moment, Camille, mon patron, me propose de reprendre sa société de charpente. Il était horloger de formation et était devenu charpentier sur le tard. Il était un peu courbé car il s’était cassé le dos sur une poutre en tombant d’un toit, mais il était très perspicace et pariait sur la construction bois. J’avais 20 ans et personne ne m’avait jamais fait confiance à ce point. Ce fut pour moi comme un électrochoc et je saisis cette chance. Après une deuxième terminale et un diplôme obtenu avec mention, j’ai pu intégrer un BTS agencement de l’environnement architectural au Lycée Ledoux de Besançon que j’ai suivi en parallèle de mon travail en entreprise.

    De la forêt à la rue

    À la fin de mon BTS mes profs me motivaient pour me lancer dans des études d’ingénieur au vu de mes bons résultats en résistance des matériaux, maths et physique. À ce moment, j’ai réalisé que mon patron cherchait un bon directeur d’atelier plutôt que quelqu’un qui puisse reprendre sa société. En BTS nous avions un cours d’initiation à l’architecture durant lequel j’avais pu réaliser une maquette pour un centre spirituel et cela m’avais bien plu. En synthèse je me suis dit que j’avais encore beaucoup à apprendre et j’ai décidé de me lancer dans des études d’architecture, mais, lorsque mes parents ont vu les 6 années nécessaires pour cela, ils ont pris peur et m’ont demandé de me débrouiller. Je n’avais pas les moyens pour cela et j’ai dû réaliser mon service militaire. J’étais d’abord reçu comme parachutiste et j’ai pu motiver mes supérieurs pour réaliser mon service en milieu civil comme travailleur social dans une boutique d’accueil de jour Emmaus. Là, j’ai vécu une année bouleversante au contact des personnes les plus fragiles et d’un milieu d’une extrême violence. J’ai pris conscience qu’il n’y avait pas de limites dans la capacité des êtres humains à se détruire eux même. Dans la boutique, notre rôle était de les accueillir et de leur proposer une douche, de laver leur linge, ils avaient accès à des toilettes propres que je nettoyais chaque soir.

    J’ai réalisé qu’une grande majorité des publics qui dorment dans la rue sont des personnes ayant des problèmes psychiatriques. Les hôpitaux psychiatriques, en s’appuyant sur les nouveaux traitements (camisoles chimiques) laissaient sortir des personnes très fragiles que l’on retrouvait dans la rue. Certaines de ces personnes pouvant être dangereuses pour elles-mêmes et pour autrui, un psychiatre est venu nous former pour nous préparer à l’accueil de ces publics. Dans cette boutique beaucoup de personnes se croisaient en étant dans des parcours très différents les uns des autres. Des punks avec leurs chiens, des personnes isolées parfois âgées, beaucoup de personnes de l’Europe de l’Est, des personnes rejetées de leur familles et pour certaines en rupture administrative. Au départ j’étais un peu perdu avec une réelle difficulté à trouver ma place. Alors je faisais le ménage, je cuisinais et j’ai proposé mes services aux personnes présentes. Un jour, en plein hiver, une personne qui dormait dans la rue est venue avec son sac de couchage déchiré. Il se plaignait d’avoir froid durant la nuit dans la rue. Un bénévole avait laissé une machine à coudre. Alors je me suis dit que cela ne devait pas être plus compliqué à utiliser qu’une toupie ou un rabot. J’ai pris la machine à coudre et nous avons recousu et réparé la couture déchirée. En nous voyant ainsi sur l’ouvrage, une autre personne et venue avec son blouson déchiré sous l’épaule, puis une autre avec un pull déchiré. Il faisait très froid dehors et l’atelier est devenu une sorte d’habitude que nous avons reproduit une après-midi par semaine. En été c’est un atelier coiffure que j’ai mis en place. Je rasais les cheveux mal lavés et j’ai fini par me raser la tête.

    De la rue à l’architecture, de l’objet à l’usage, de la pensée à la matière

    Après cette année de césure plus que bénéfique et riche en expérience, je suis entré à Strasbourg en première année l’école d’architecture. J’ai découvert une ville superbe, à taille humaine, mais cette première année m’a un peu dérouté. Je ne comprenais pas grand-chose et j’ai failli tout arrêter plus d’une fois étant donné le travail important que cela me demandait pour joindre les deux bouts.

    En deuxième année, j’ai eu la chance de rencontrer des professeurs qui m’aideront à prendre un peu de hauteur. Deux architectes me permettront de trouver confiance en moi et de créer ma méthode de construction du projet par itération créative, en réalisant de multiples maquettes de projets pour arriver au bon projet. Cette méthode ne m’a jamais quitté. Une géographe urbaine et sociologue me fera prendre conscience du poids des interactions socio-spatiales dans l’organisation des villes et des territoires.

    Juin 2001 : je me passionne pour ce lien entre l’espace et l’usage, je visite les tours du World Trade Center et réalise mon mémoire de 5° année sur les Garden’s Communities dans le Greenwich village, à Harlem et dans le Bronx à New-York. Je prends conscience du combat des minorités dans l’espace public pour renforcer leurs liens sociaux et leurs solidarités fasse aux promoteurs du capitalisme qui cherchent à valoriser financièrement les fonciers délaissés. Je réalise aussi le rôle important de la ville pour trouver le bon compromis entre les enjeux économiques et les enjeux sociaux d’intégration de ces minorités. En traversant Harlem et le Bronx, je réalise aussi que les plus fragiles aux US sont soudés par des liens de solidarité à ceux de leurs communautés qui ont réussis. Je prends conscience du fait qu’il n’y a pas d’idéal d’universalité, d’égalité, de fraternité et de liberté dans ce pays mais un pragmatisme des situations locales et de « l’empowerment « qui en découle.

    La même année, je travaille chez RFR où je reviens en quelque sorte à mon premier métier de charpentier en dessinant des détails d’assemblage et en réalisant des maquettes à l’échelle 1. Des boulons, des écrous, des soudures, des poutres poutrelles et poteaux. Des encorbellements, des portes à faux, des trémies… tout un monde d’ingénieurs architectes qui me passionne et dont je suis si proche.

    Je suis ensuite retenu pour la bourse de stage chez Renzo Piano à Gênes où je rencontre l’Italie en compagnie d’ étudiants d’Harvard, du MIT de Boston, des écoles polytechniques de Prague et de Tokyo. Cette agence qui habite la colline me fait prendre conscience que l’architecture doit être une partie intégrante du paysage et du sol dans lequel elle prend forme.

    L’architecturbaniste naît en moi

    Je saisis l’opportunité de travailler dans les bidonvilles de Casablanca pour réaliser mon diplôme. Le roi du Maroc commande à ce moment au groupe Suez la connexion de l’ensemble des bidonvilles de la ville à l’eau potable, à l’eau usée et à l’électricité. Nous sommes missionnés pour évaluer la manière avec laquelle ces morceaux de ville précaires peuvent être connectés aux réseaux.

    En réalisant des enquêtes et des observations dans ces bidonvilles, je découvre une grande précarité en même temps qu’une organisation sociale et familiale très rigoureuse. Je fais la connaissance de Françoise Navez Bouchanine qui me fait prendre conscience de l’intégrité des relations sociales au sein des bidonvilles. Un jour, je me suis perdu dans une rue, entre les draps qui étaient pendus d’une maison à l’autre. Je slalomais entre les draps et me suis retrouvé sans m’en rendre compte au milieu d’un groupe de femmes qui étaient assises en train de palabrer. Elles m’ont lancé un regard inquiet et inquisiteur et j’ai pris conscience que je venais de transgresser leur intimité en entrant dans le salon éphémère qu’elles s’étaient façonné au sein des draps pendus qu’elles venaient de laver pour qu’ils sèchent. Je me suis excusé et j’ai rebroussé chemin entre les draps. Françoise prenait souvent en référence Edward T Hall et son livre « la dimension cachée » où il démontre qu’il y a autour de chaque personne une dimension invisible, une sorte de limite d’intimité qu’on ne doit pas transgresser et qui varie selon les cultures. Maintenant, je suis certain que cette limite invisible existe autour de toutes les maisons. C’est ce territoire, cher à Gille Deleuze, qu’ont en commun tous les animaux. Ce territoire qui fait qu’on habite là et pas ailleurs. Les bornes fontaine sont des lieux étonnants en termes d’échanges et de tensions dans les bidonvilles. J’ai vécu et eu la chance de découvrir un pays d’une beauté et d’une générosité unique. J’ai vu des portes et des portes accueillantes et ouvertes aux échanges

    J’ai vu plusieurs fois des enfants jouer dans des petites rigoles d’eau qui ruisselait aux confins des bidonvilles. Qui n’a pas fait de barrages dans son enfance ?  Malheureusement, ils jouaient dans les eaux usées sans savoir les risques qu’ils prenaient et que nous tentions de leur expliquer. Aujourd’hui encore, dans le monde, des millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et des milliards d’autres n’ont pas accès aux services hygiéniques et sanitaires. Chaque jour, des enfants meurent des suites du manque d’eau propre et de suivi sanitaire et d’hygiène de l’eau.

    Urbanisme bioclimatique et écologie territoriale

    En 2003, j’obtiens donc mon diplôme d’architecte avec mention et je sors complétement perdu de ces études étourdissantes. J’ai le sentiment d’être là sans aucune compétence réelle. Je panique et je fais dans l’urgence le concours d’entrée de Sciences Po que je réussis in extrémis.

    Je travaille jours et nuit et en parallèle de mes études je commence à travailler sur des projets pour mon compte. Au fur et à mesure que je construis des projets j’interroge mes différents professeurs qui me répondent en toute bienveillance et me questionnent à leur tour. Certains deviendront mes premiers maitres d’ouvrage et je ne les remercierai jamais assez de la confiance qu’ils m’ont faite alors que je n’avais pratiquement pas d’expérience.

    2005 : Création de mon agence Urban Act. En parallèle, je sors de Sciences-po où j’enseignerai pendant 10 ans, d’abord en suivi de projet puis rapidement en montant un cours sur les enjeux écologiques et énergétiques et sur l’écologie territoriale. Je m’appuie sur de nombreux témoignages à travers l’Europe. Durant ces 10 années je traverse l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark pour comprendre les modes de production des projets urbains et architecturaux ainsi que la relation avec les productions énergétiques décentralisées.

    J’interviens en parallèle à l’école des Ponts et Chaussées, à l’EIVP et à l’école d’architecture de la ville et des territoires.

    E2018 :création de l’atelier la Remanufacture. Aujourd’hui nous engageons la transformation en atelier ESS. Je souhaite orienter mes projets dans un design écologique et une rénovation énergétique globale de bâtis déjà là pour passer à l’action et participer à répondre aux enjeux climatiques colossaux auxquels nous allons être confrontés. Je veux partir, avec les riverain.nes , de la matière déjà là et ainsi transformer, ensemble, leur territoire afin qu’iels en prennent possession. Je veux sortir de l’objeification du monde décrite par Bruno Latour et m’appuyer pour cela sur le design inversé défendu par Enzo Mari en Italie. Pour cela je veux effacer les limites entre le menuisier, le charpentier, l’architecte d’intérieur, l’architecte et l’urbaniste qui sont en moi.

    Retour aux sources

    Décrire un parcours, c’est décrire une danse funeste entre l’ombre et la lumière, entre vie et survie.

     Il n’y a plus de vérités dans « le beau », il y a du carbone en trop dans l’atmosphère qu’il faut stocker et il y a une esthétique qui répond à cette éthique. Cette esthétique c’est celle qui dépense le moins de matière neuve, d’énergie et de carbone, qui optimise les assemblages et les finitions. Cette architecture inversée est le design, l’ébénisterie, la menuiserie et la charpente dans une seul et même objet. Le triangle en est la forme primaire car elle est la seule figure indéformable du charpentier depuis l’antiquité.

    Nous sommes situés entre la Cité de l’Ameublement et la Cours de l’industrie.

    On ira là où on a décidé d’aller. L’univers est mon toit, l’atmosphère est ma maison, la terre est mon sol.

    Alexandre BOUTON

    LA REMANUFACTURE

    33 rue de Montreuil – PARIS 11e