Catégorie : Actualité

  • Lisa, spécialiste de l’agriculture urbaine

    Lisa, spécialiste de l’agriculture urbaine

    Lisa BERTRAND

    Lisa est spécialiste de l’agriculture urbaine : elle conseille les collectivités territoriales sur ce sujet, et gère dans le même temps sa propre exploitation parisienne de plantes aromatiques et médicinales.

    Parisienne d’origine et de cœur, Lisa a toujours eu accès à des espaces de nature préservée : dans les dunes de l’île de Ré d’abord, puis dans les paysages verts et vallonnés du Berry. 

    Enfance dans le Berry

    Cette alternance entre le foisonnement de la vie citadine et les plaisirs du contact avec la nature ont sans doute forgé l’envie de réunir le meilleur des deux univers dans son cadre de vie.

    Après un bac scientifique et une classe préparatoire, Lisa intègre l’Ecole Normale Supérieure et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales dans le cadre d’un Master co-habilité portant sur les sciences humaines : sociologie, anthropologie, histoire… C’est là qu’elle choisit comme sujet pour son mémoire de fin d’études l’étude des relations entre les citadins et la nature en ville. Pour cela, elle s’engage durant 6 mois auprès de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) en Île-de-France.

    Elle s’étonne que de nombreux bénévoles choisissent de se lever aux aurores le weekend pour aller écouter en forêt les chants d’oiseaux, et découvre par la même occasion des travaux des anthropologues sur la perception occidentale de la nature, une vision utilitariste et délétère. 

    Forte de cette expérience d’observation et de lectures, et après une année de césure à l’étranger, elle décide de compléter sa formation en suivant les enseignement du Muséum National d’Histoire Naturelle : elle y apprend comment il est possible d’intégrer des espaces de nature en ville dans l’aménagement des villes, et pourquoi il est urgent de rendre nos villes plus vertes dans la perspective du changement climatique. Son stage de fin d’année l’amène à intégrer l’association de protection de la biodiversité Noé.

    Le rôle de Lisa est d’y développer un Observatoire Socio-écologique de la Biodiversité Urbaine, c’est-à-dire d’aller à la rencontre de porteurs de projets qui fabriquent la ville durable et d’émettre des recommandations pour le développement de ce type d’initiatives.Après ce poste, son regard se porte de façon évidente vers les collectivités territoriales, car ce sont elles qui façonnent les villes et qui ont l’opportunité de les rendre plus vivables.

    Elle travaille durant 3 ans auprès du maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) qui mène une politique ambitieuse de développement de l’agriculture urbaine : jardins partagés, micro-ferme participative, installation d’une maraîchère sur les toits du théâtre… 

    Analiacid

    Lisa découvre alors les perspectives offertes par l’agriculture urbaine et réalise que cette expertise fait le pont entre ses compétences sociales et environnementales, car les projets de ce type apporte à la fois de nombreux services aux citadins, encouragent la rencontre et la mixité sociale, et permettent une meilleure infiltration des eaux de pluie, créent des îlots de fraîcheur, accueillent les pollinisateurs sauvages…

    C’est en 2019 que Lisa décide qu’il est temps de mener son propre projet d’agriculture urbaine. Elle intègre alors l’équipe de l’association Urbanescence, spécialiste de la préservation de la biodiversité en ville et de l’agriculture urbaine, et propose un projet de production de tisanes 100% parisiennes. Grâce au concours Parisculteurs lancé par la Ville de Paris, l’association obtient la gestion de l’un des tronçons en friche de la Petite Ceinture, ce chemin ferroviaire inexploité depuis des décennies. C’est dans le 13èmearrondissement, à Poterne des Peupliers, que se situe la parcelle de 1400m² le projet prend le nom de 13’Infuz – Les tisanes de la Petite Ceinture

    Terrain de 13’Infuz

    Sur place, il n’y a que des cailloux et un container de stockage de matériel. Commence alors une phase d’installation de deux années où Lisa et son équipe créent un sol fertile à partir de matériaux récupérés en petite couronne (compost, paille, marc de café, drêches de bières…), plantent, récoltent et font venir un deuxième container aménagé pour l’accueil du public. Les premiers ateliers sont organisés, le public du quartier commence à identifier le lieu, et les premières tisanes sont vendues ! En 2022, 13’Infuz entre dans une phase de fonctionnement : le lieu ouvre toutes les semaines pour la vente des tisanes, et organise plusieurs fois par semaine des ateliers avec les scolaires, EHPAD, et autres structures du quartier. 

    Les tisanes sont pour le moment uniquement vendues sur place à ces occasions, mais la prochaine labellisation en bio de 13’Infuz permettra de les distribuer dans les épiceries Biocoop !

    En parallèle de cette activité, Lisa travaille au sein du bureau Exp’AU (Expertises en Agricultures Urbaines) d’AgroParisTech, l’école d’ingénieurs agronomes. Spécialiste du conseil aux collectivités territoriales, Lisa est missionnée pour conseiller les acteurs publics sur l’intégration de l’agriculture urbaine dans leurs politiques publics. En amont des projets, elle réalise des diagnostics à l’échelle des territoires pour déterminer ce qu’il est possible de mettre en place. Lorsque les projets existent, elle est chargée de leur évaluation et de la formulation de recommandations techniques pour leur amélioration.

    Lisa anime également un blog sur le sujet de la nature en ville intitulé La Ville Pousse.

    13’Infuz – Les tisanes de la Petite Ceinture, ouvert tous les mercredis de 10h à 18h, en face du 9 rue Augustin Mouchot Paris 13e.

  • Monétisation des RTT : le cheval de Troie d’une régression sociale

    Monétisation des RTT : le cheval de Troie d’une régression sociale

    Sous couvert de « redonner du pouvoir d’achat à celles et ceux qui veulent travailler plus », la monétisation des jours de RTT votée par l’Assemblée Nationale constitue un « strike » social contre le mouvement historique de réduction du temps de travail, la négociation collective et le financement de la protection sociale. 

    Au détour du projet de loi de finances rectificative 2022, la majorité relative présidentielle, soutenue par les Républicains et le Rassemblement National, a réussi le tour de force de faire voter une mesure dérogatoire au code du travail, qui accroit le lien de subordination entre le salarié et l’employeur, affaiblit le dialogue social en entreprise et porte un coup sans précédent aux « 35h ».

    Celle-ci stipule ainsi que « le salarié, quelle que soit la taille de l’entreprise, peut, sur sa demande et en accord avec l’employeur, renoncer à tout ou partie des journées ou demi-journées de repos acquises au titre des périodes postérieures au 1er janvier 2022 et jusqu’au 31 décembre 2023 en application d’un accord ou d’une convention collective instituant un dispositif de réduction du temps de travail ». De plus, il est précisé également que « les heures correspondantes ne s’imputent pas sur le contingent légal ou conventionnel d’heures supplémentaires », ce qui permettrait de ne pas comptabiliser ces heures monétisées, et donc de s’affranchir de toute référence à la durée légale du travail.

    Aujourd’hui, le paiement des jours de RTT n’est possible que si un accord d’entreprise ou de branche signé par des organisations syndicales représentant la majorité des personnels le prévoit ou si l’absence de prise de RTT est imputable à l’employeur. 

    Derrière cet amendement qui se pare des vertus du « gagnant/gagnant » se cache en réalité la fin du cadre et des garanties collectives du temps de travail et la consécration du gré à gré laissant le salarié seul face à l’employeur. L’absence de conditionnalité de négociation sociale pour activer ce dispositif offre un formidable outil unilatéral de remise en question des « 35h » et ce, au moment où se matérialisent les effets indésirables des Ordonnances Macron de 2017 en termes de baisse de la couverture des entreprises par les délégués syndicaux et les institutions représentatives du personnel.  

    Comment ne peut pas y voir un puissant levier pour l’employeur, lui permettant de refuser l’attribution de jours de repos en arguant du paiement de ceux-ci, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et l’amélioration de son pouvoir d’achat ? Amélioration relative au demeurant car proposer de payer des RTT majorées à 10% plutôt que des heures supplémentaires majorées à 25%, c’est offrir de « travailler beaucoup plus pour gagner peu ». 

    Ainsi à l’instar des multiples dispositifs de primes, cette disposition constitue surtout un élément de plus pour éviter de traiter le vrai sujet du pouvoir d’achat : les augmentations de salaire. Enjeu qui devrait donner lieu à de grandes négociations collectives au niveau interprofessionnel, dans les branches et dans les entreprises.

    Mais ce n’est pas tout : aujourd’hui la possibilité « encadrée » de monétisation est soumise à cotisations sociales contribuant ainsi au financement de la protection sociale. La nouvelle disposition, elle, exonère l’employeur du versement de cotisation patronale affaiblissant encore le financement de la protection sociale.

    Enfin, que penser du revirement du « candidat président », qui avait fait sien, lors de sa campagne, le concept de « banque du temps » ? 

    Cette idée, qui s’inscrit dans la perspective libératrice de redonner aux individus une maîtrise sur leur choix de vie, permettrait d’adapter son temps de travail au fil de sa vie professionnelle via un « compte épargne temps universel », portable et non-monétisable. Le sujet est censé figurer au menu d’une concertation à l’automne avec les partenaires sociaux, dont personne ne connait encore réellement les contours. Cette manière de le préempter dans une optique radicalement opposée à la philosophie souhaitée par ses promoteurs, pour sceller une majorité de circonstance, est une triste illustration des faux-semblants du « en même temps ». Elle témoigne surtout d’une confusion entretenue à dessein entre logique de marchandisation et logique d’émancipation. 

    Que les équilibres parlementaires imposent de construire des compromis on le comprend. Mais pas à n’importe quel prix.


    Eric Ferreres, directeur des ressources humaines adjoint, expert relations sociales

    Olivier Mériaux, docteur en sciences politiques, ex-directeur général adjoint de l’ANACT

    François Desriaux, expert santé et conditions de travail

    Eva Sas, députée de la 8e circonscription de Paris

    François Hommeril, président de la CFE-CGC

    Yannick Jadot, député européen

    Aurore Lalucq, députée européenne

    Eric Piolle, maire de Grenoble

    Dominique Méda, professeure de sociologie, Université Paris Dauphine

    Frédéric Lerais, économiste, directeur de l’IRES

    David Belliard, maire adjoint de Paris

    Guillaume Duval, ancien rédacteur en chef d’alternatives économiques

    Michèle Chay, vice-présidente de la commission travail emploi du CESE

    Pierre Mériaux, adjoint au maire de Grenoble chargé du personnel et du dialogue social

    Bruno Palier, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po

    Laurent Mahieu, secrétaire général CFDT Cadres

  • Conseil d’arrondissement – Juin 2022

    Conseil d’arrondissement – Juin 2022

    Séance du 27 juin 2022

    Vœu déposé par les élu·e·s du groupe écologiste

    Vœu relatif à la prise en charge des jeunes migrants évalués majeurs en recours [ADOPTÉ]

    Le Conseil du 11ème arrondissement,

    Considérant la soixantaine de jeunes évalués majeurs et en recours devant le juge des enfants sans solution de logement, dormant place de la Bastille depuis le 28 mai ;

    Considérant qu’il n’est pas mis à disposition de ces jeunes de solution de logement et d’orientation lorsque ceux-ci ne se voient pas reconnaître la minorité ;

    Considérant que selon les recommandations nationales, les jeunes évalués majeurs relèvent du dispositif d’hébergement de droit commun géré par l’État ;

    Considérant les valeurs de solidarité, d’accueil, de protection de l’enfance et d’égalité en droit défendues par la Ville de Paris ;

    Considérant que tous les jeunes se présentant à Paris comme mineurs non accompagnés sont mis à l’abri le temps de l’évaluation ;

    Considérant le vœu adopté au Conseil de Paris de juillet 2020 suite à l’occupation du square Jules Ferry avec des mineurs non accompagnés en recours de minorité ;

    Considérant l’augmentation significative du nombre de jeunes se présentant comme mineurs non accompagnés (1300 jeunes en 2015, 7700 en 2021) ;

    Considérant l’importance du 11e arrondissement dans la prise en charge des mineurs non accompagnés, notamment via le Dispositif d’évaluation des Mineurs Isolés Etrangers (DEMIE) situé pendant 5 ans (2016-2022) au 5 rue du Moulin Joly dans le 11e arrondissement ;

    Considérant les moyens déjà engagés par la Ville de Paris et la refonte du DEMIE géré par France Terre D’Asile à partir du 30 juin au sein d’un accueil pour les mineurs non accompagnés, afin d’améliorer l’évaluation de la minorité des jeunes migrants et leur accompagnement ;

    Considérant les efforts déjà déployés par la Ville de Paris et en particulier par la Mairie du 11e arrondissement pour trouver des lieux d’hébergements malgré le manque d’équipements municipaux dans un arrondissement qui compte parmi les territoires les plus denses de France ;

    Considérant que la Ville a proposé à de nombreuses reprises à l’État de co-créer un dispositif adapté à ces jeunes ;

    Considérant que la Ville a pu ouvrir en février 2021 un centre d’hébergement d’urgence spécialement dédié aux jeunes en recours de minorité financé par l’État mais dont la capacité s’avère insuffisante compte-tenu des besoins ;

    Considérant que certains jeunes, bien que majeurs, n’en sont pas moins vulnérables et peuvent avoir besoin d’une prise en charge adaptée à leur parcours et à leur âge ;

    Considérant la dégradation de plus en plus importante des conditions de vie sur les campements particulièrement en période de fortes chaleurs comme la semaine du 13 juin ;

    Considérant que les incertitudes sur l’évolution de la situation sanitaire actuelle exigent des mesures d’hygiène stricte ;Considérant que les associations bénévoles n’ont pas à pallier les carences des pouvoirs publics ;

    Sur proposition de Monsieur François VAUGLIN, Maire du 11e arrondissement, et des élu·e·s du groupe Paris 11 en Commun : socialistes, écologistes et apparentés, du Groupe Ecologiste du 11e, et du groupe Communiste et Citoyen,

    Le Conseil du 11e arrondissement émet le vœu que :

    • la Mairie de Paris interpelle à nouveau l’État et la Préfecture sur l’urgence de mettre à l’abri les jeunes évalués majeurs, relevant de leur compétence, dans un dispositif adapté ;
    • l’ensemble des mairies d’arrondissement œuvrent toutes de bonne foi afin d’identifier un lieu dédié à la prise en charge de ces jeunes le plus rapidement possible en lien avec la Ville de Paris, l’État et les partenaires dédiés ;
    • la Ville de Paris réitère sa proposition à l’État de participer à l’ouverture d’un lieu dédié, assortie d’un co-financement ;
    • la Ville de Paris continue d’interpeller l’État sur la nécessité de reconnaître la vulnérabilité des jeunes dont la minorité n’a pas été reconnue par le DEMIE (ou désormais l’Accueil MNA), le temps de l’évaluation du recours par le juge des enfants ;
    • que l’État œuvre à une harmonisation par le haut entre tous les départements de l’évaluation et de la mise à l’abri des migrants mineurs avec de possibles sanctions pour les départements non coopérants ;
    • soit reconnue, au plan national, la présomption de minorité pour les jeunes déboutés tant que dure leur recours.

    Vœu déposé par les élu·e·s du groupe écologiste

    Vœu relatif aux Terrasses estivales 11: Pour une cohabitation pacifique de l’espace public [ADOPTÉ]

    Le Conseil du 11ème arrondissement,

    Considérant la publication du nouveau Règlement des Étalages et Terrasses (RET) par arrêté de la Maire de Paris le 18 juin 2021 qui a donné lieu à une communication lors du Conseil de Paris mais aucun débat au conseil d’arrondissement ;

    Considérant que ce nouveau RET vient pérenniser le dispositif des terrasses éphémères créé en 2020 pour soutenir les cafés et restaurants parisiens lors de la crise sanitaire en leur permettant de s’étendre sur les places de stationnement afin de respecter les mesures barrières et les consignes sanitaires alors en vigueur ;

    Considérant que les terrasses éphémères ont été reconduites en 2022, réglementées par le RET et sont désormais devenues des terrasses dites “estivales” ;

    Considérant loi du 22 août 2021 portant sur la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets dont le décret d’application du 31 mars 2022 stipule que « l’utilisation sur le domaine public de systèmes de chauffage ou de climatisation consommant de l’énergie et fonctionnant en extérieur est interdite à compter du 1er avril 2022” ;

    Considérant que depuis l’entrée en vigueur de cette interdiction, des abus ont été constatés ;

    Considérant qu’avant son interdiction, l’on estimait que le chauffage des terrasses extérieures émettait un demi-million de tonnes de CO2 annuellement, constituant une aberration écologique devenue intenable ;

    Considérant les vœux déposés par le Groupe Ecologiste de Paris relatif à la révision du règlement des étalages et terrasses au Conseil de Paris de juin 2021 et le vœu relatif au déploiement des terrasses sur l’espace public et à leur régulation du 31 mai 2022 ;

    Considérant le vœu n°18 bis déposé par l’Exécutif et adopté par le Conseil de Paris de juin 2021 ;

    Considérant que plusieurs associations et collectifs de riverain·e·s alertent depuis deux ans sur les nuisances générées, sur la nécessaire régulation du dispositif et tout particulièrement sur le bruit ; 

    Considérant que ces nuisances discréditent l’ensemble du dispositif et peuvent à terme provoquer le rejet de ces terrasses alors même qu’elles sont appréciées par un grand nombre d’usager·e·s et bienvenues pour revitaliser certains quartiers ;

    Considérant que certains quartiers de Paris, dont le 11e,  sont étouffés par un phénomène de mono activité festive et que le RET proposait d’y établir des chartes spécifiques et adaptées à ces situations particulières (Saint-Michel, Oberkampf, Bastille, Marais, Butte-Montmartre) ;

    Considérant que les Maires d’arrondissement sont les plus à même d’évaluer les situations particulières rue par rue et comptables des nuisances au niveau local et que le 11e a mis en place une charte spécifique dans certains quartiers du 11e, charte validée lors de la réunion  commission des débits de boissons ;

    Considérant  que le 11e est l’arrondissement le plus commercial et  compte un très grand nombre de terrasses, la Mairie du 11e a élaboré dès février 2022  une liste  de  critères d’attribution des terrasses, à savoir :  les terrasses ne peuvent dépasser la longueur de la devanture, les traversés de chaussée sont interdites, les terrasses doivent respecter le cheminement piétons, respecter la sortie des immeubles et permettre le ramassage  des poubelles, les terrasses ne sont pas autorisées sur les places de livraison ;  

    Considérant que la Ville de Paris doit être garante de l’équilibre de l’occupation de l’espace public afin que chacun·e s’y sente bienvenue, particulièrement les plus vulnérables (personnes à mobilité réduite, seniors, enfants) ;

    Considérant que cet équilibre passe par des règles strictes dont la plupart figurent dans le RET mais que certains restaurateurs peinent à respecter ; 

    Considérant que les chiffres annoncés par la Ville de 3 000 terrasses estivales autorisées cette année contre 12 000 en 2021 témoignent d’une régulation du phénomène ;

    Considérant la nécessité de réajuster le RET au regard des alertes formulées par les associations de riverain·ne·s, les nuisances mesurées et la recherche d’un juste équilibre ;

    Considérant que la Police Municipale est chargée de faire respecter le Règlement des Étalages et Terrasses (RET) ;

    Considérant la faiblesse des effectifs de Police Municipale dévolue à la tâche du contrôle des terrasses estivales au regard de leur nombre, à fortiori en soirée où les effectifs sont considérablement réduits ;

    Considérant que l’équilibre commercial passe par une adéquation entre les places disponibles en intérieur et les places disponibles en terrasse pérenne ou estivale, afin de garantir des modèles d’exploitation qui ne reposent pas uniquement sur l’exploitation des terrasses ;

    Considérant le nombre encore important de terrasses ne respectant pas les règles d’urbanisme et d’occupation de l’espace public ;

    Considérant que les demandes de terrasses sont encore très importantes  dans le 11e et que la surcharge  de travail ne permet pas au service de la Direction de l’urbanisme de répondre à toutes les demandes du 11e ;

    Considérant que les commerçant·e·s sont par définition en concurrence les uns envers les autres et que les relations entre eux se détériorent en raison du RET ;Considérant le risque de déstructuration du tissu commercial parisien, en particulier dans le 11e ;

    Sur proposition de Madame Joëlle MOREL et des élu·e·s du Groupe Écologiste du 11e,

    émet le vœu que la Mairie du 11e demande à la Ville de Paris de :

    • s’engager à communiquer aux élu-es en charge de ce dispositif la liste des terrasses autorisées et non autorisées dans le 11e en date du 15 juin 2022 et au 15 septembre 2022 ;
    • s’engager à réviser à l’automne le RET au regard du bilan présenté à l’issue de la saison estivale 2022, révision qui devra intégrer :
      • La mise en place de règles d’adéquation entre le nombre de places disponibles en intérieur et en extérieur afin de garantir une gestion commerciale viable,
      • Une réduction de la période d’autorisation pour les terrasses estivale (du 1er mai au 31 octobre) pour donner plus de temps aux services d’étudier les demandes,
      • L’instauration de l’arbitrage final du Maire d’arrondissement après consultation de la commission de régulation de l’espace public ;
    • affecter plus de moyens au suivi coordonné entre les services de la Ville, en particulier à la direction de l’urbanisme ;
    • faciliter les mesures de retrait d’autorisation de terrasse ;
    • clarifier et faciliter les mesures d’enlèvement de la terrasse et de saisie du mobilier en cas de non-respect du RET et du code de l’urbanisme ;
    • multiplier drastiquement les mesures de contrôle conjointes entre services (urbanisme, DAE, DPMP notamment) ;
    • communiquer aux élu·e·s en charge  de ce dispositif dans le 11e (élue au commerce, élu à la sécurité, élu à l’espace public)  le coût de la mise en place du dispositif des terrasses estivales pour la Ville de Paris ainsi que les recettes d’occupation de l’espace public afférentes ;
    • procède à des mises en demeure des restaurateurs et cafetiers qui ne respectent pas l’interdiction de chauffer les terrasses en vigueur depuis le 1er avril 2022.
  • Sur mes papiers, vous lirez Camille Mariane Laffitte…

    Sur mes papiers, vous lirez Camille Mariane Laffitte…

    Camille Mariane LAFFITTE

    Mariane avec un seul « n », mon père en ayant égaré un lors de la déclaration à l’État-civil (l’émotion paraît-il). Quant à Laffitte, il est le garant d’une origine 100% Sud-Ouest. Née à Dax (et raflant au passage le prix du plus gros bébé de l’année), je grandis à Gujan-Mestras, ville paisible sur le bassin d’Arcachon. 

    Mes racines marines s’enfoncent jusqu’à l’Entre-Deux-Mers, à une heure de route. Petite fille de viticulteurs millésimée 1994, j’aurai 28 ans le 23 mai.

    Contrairement au film, mon enfance fût un long fleuve tranquille. L’innocence des baignades après l’école, des vacances à explorer la forêt landaise ou à courir dans les vignes ont bercé mes dix premières années. Plutôt réservée et très scolaire, j’ai nourri tôt une passion dévorante pour l’apprentissage de choses nouvelles et pour la lecture. (un attrait pour la cause animale dès le plus jeune âge)

    Peu de choses ont changé les années passant: j’aime toujours autant lire, j’aime toujours autant apprendre… 

    Seule ma timidité à disparu, laissant place à un goût prononcé pour la sociabilité et les autres. Si nous poussons l’honnêteté à son paroxysme, peut-être bien que mes goûts en lecture ont changé aussi.

    Petite, l’intégrale de « Jessica et les dauphins » constitue l’écrasante majorité de ma petite bibliothèque personnelle. Désormais, ma bibliothèque idéale pourrait être constituée de seulement trois livres: Paroles de Jacques Prévert, Le monde selon Garp, de John Irving et Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. 

    Dans la vie, je suis orthophoniste. J’aime parler (et faire parler), j’aime aider les autres et j’aime surtout la grande liberté qu’offre ce métier. J’y apprends beaucoup également: de l’hôpital dans lequel je travaille, mais surtout des enfants croisés depuis 2 ans.

    Il m’ouvre aussi un formidable terrain de recherche sur le bilinguisme, enjeu sociétal à la croisée de la linguistique, de l’éducation et de la politique. En effet, je rencontre souvent des parents n’osant pas parler leur langue maternelle à leurs enfants, dans un souci d’adaptation maximale à la culture française.

    On observe ainsi quotidiennement des exemples de hiérarchisation des langues qui supposent des enjeux considérables au plan personnel et sociétal. Ces concepts ont été théorisés sous l’opposition de bilinguisme d’élite (des enfants maîtrisant le français et l’anglais/espagnol/allemand…) et de bilinguisme de masse (pour les enfants maîtrisant le français et l’arabe/tagalog/turc…), ce dernier représentant une part écrasante du bilinguisme en France actuellement.

    Ainsi, dans une optique de promouvoir la pluralité des langues auprès des populations concernées, j’anime des groupes à destination d’enfants bilingues pour revaloriser leurs langues (comptines dans leurs langues maternelles, contes traditionnels de leurs pays racontés par leurs parents, etc…), mais également des ateliers destinés aux parents afin de leur présenter les nombreux avantages cognitifs et psychologiques à évoluer dans un environnement multilingue.

    C’est donc, pour le moment, un métier presque taillé sur mesure pour moi. Pour le moment seulement, car rien n’indique que je serai orthophoniste jusqu’à 65 ans (ou 62 ans, qui sait). 

    Plus jeune, je voulais être plongeuse-archéologue, mais ce n’est sûrement pas cette voie que je privilégierai désormais. Mes études m’ont ouvert le champ de la linguistique, domaine qui depuis me passionne. J’aime l’idée d’une discipline à la croisée de la sociologie, des langues, mais aussi de la politique.

    Peut-être serai-je amenée un jour à travailler plus précisément dans ce domaine là? J’ai aussi toujours aimé écrire. Alors, en attendant de devenir la prochaine J.K Rowling ou grande reporter au Monde, je me contente d’écrire mes carnets de voyage. En effet, j’adore voyager, notamment seule.

    Ici en Estonie, à quelques mètres de la frontière russe

    J’ai un attrait particulier pour les pays délaissés du grand public (la Chine, l’Estonie et la Pologne en tête des voyages non conventionnels). 

    En attendant le prochain départ, j’habite  le quartier Saint-Ambroise, dans le 11ème arrondissement. Après six années passées à Lille pour mes études, je me suis installée à Paris. J’aime follement cette ville: son dynamisme intellectuel et culturel, ses habitants, la beauté et la symbolique de ses monuments… et puis le groupe local du 11ème aussi, évidemment.

    Vous m’avez peut-être croisée aux côtés d’EELV lors de la campagne des régionales, à moins que vous ne m’ayez ouvert votre porte pendant la campagne des présidentielles, car je suis persuadée qu’un sursaut politique sera nécessaire pour affronter la crise climatique à venir.

    Ici avec mes amis Benoît et Arthur
  • Le 24 avril 2022 faisons barrage à l’extrême droite

    Le 24 avril 2022 faisons barrage à l’extrême droite

    Statue place de la République Paris

    Face à nous se dresse un péril majeur pour le second tour de l’élection présidentielle, celui de la menace sur la démocratie, sur le vivre ensemble, sur la solidarité.

    Nous appelons à choisir le bulletin « Emmanuel Macron » le 24 avril.

    Ce choix sans complaisance, ni ambiguïté, n’est en rien une caution.

    Nos désaccords sont connus, et ils persisteront au-delà de ce second tour.

    Nous ne nous trompons pas : il y a les adversaires politiques et les ennemis de la République.

    Dimanche 24 avril, les écologistes ne souffriront d’aucune ambiguïté : l’abstention fera le jeu de l’extrême droite, le bulletin Macron s’impose.

  • Résultats du 1er tour de l’élection présidentielle 2022

    Résultats du 1er tour de l’élection présidentielle 2022

    7 577 habitant.e.s du 11e arrondissement de Paris ont voté Yannick Jadot au 1er tour de l’élection présidentielle.

    Elles et ils ont fait le choix de faire face aux défis immenses qui sont les nôtres : réchauffement climatique, disparition du vivant, injustices, explosion des inégalités, discriminations, démocratie à bout de souffle.

    Malheureusement, le score au niveau national est une déception et l’avenir de l’écologie est en péril.

    En faisant moins de 5% au premier tour de l’élection présidentielle, les écologistes ne seront pas remboursés des frais engagés.

    C’est une très mauvaise nouvelle pour la planète car elle met en grande difficulté le parti de ceux et celles qui la défendent.

    Le combat pour l’écologie est pourtant plus urgent que jamais.

    Pour poursuivre le combat qui les animent, au niveau national et local, les écologistes doivent rassembler 2 millions d’euros d’ici au 15 mai 2022.

    L’écologie a besoin de vous.

    C’est possible, si chaque votant pour Yannick Jadot donne 2€ ! (Don défiscalisé à 66%)

    Pour donner rdv sur :

  • Balade PLU 11e – Square Maurice Gardette

    Balade PLU 11e – Square Maurice Gardette

    1 – Rue du Général Renault (devant le square Gardette) : Plus de végétalisation nécessaire.

    2 – 21 avenue Parmentier : dent creuse
    Permis de construire autorisé (en novembre 2020) : Surélévation de quatre niveaux d’un bâtiment de 2 étages à usage de commerce à rez-de-chaussée et d’habitation avec travaux d’accessibilité pour le commerce, création d’un ascenseur du rez-de-chaussée au r+6 et restructuration d’un bâtiment de r+2, à usage d’habitation et de commerce en habitation.

    3 – 25 avenue Parmentier : dent creuse

    4 – Square Saint-Irénée : Cœurs d’îlot

    5 – 1 rue Saint-Ambroise : dent creuse

    6 – 52 avenue Parmentier : dent creuse

    7 – 58 avenue Parmentier : parking
    Permis de construire autorisé (en novembre 2020): Changement de destination d’un bâtiment de 6 étages sur 1 niveau de sous-sol à usage de parking en habitation avec conservation de surfaces de commerce à rez-de-chaussée, surélévation de 3 étages côté avenue, démolitions partielles pour la création de cours et jardins, création de 63 logements sociaux.

  • Les terrasses estivales dans le 11e en 2022

    Les terrasses estivales dans le 11e en 2022

    Terrasse Paris - Chan Lee

    Pour aider les commerçant·e·s à sortir de la crise sanitaire, la Ville de Paris a lancé l’été dernier l’expérimentation des terrasses éphémères gratuites sur les places de parking et a rédigé, dans la foulée, un nouveau règlement des terrasses et des étalages (RET).

    En juillet 2021, les élu·e·s écologistes ont regretté l’absence de concertation avec les citoyen·ne·s dans l’élaboration de ce RET, l’élaboration d’un règlement en toute hâte et l’absence de vote sur ce nouveau règlement au Conseil de Paris. Ils et elles ont exprimé aussi les risques de privatisation de l’espace public et l’absence d’une politique de gestion des nouveaux usages de l’espace public. Cette période de crise sanitaire a eu pour conséquence la réduction du nombre d’automobile et la réduction des places de stationnement à Paris. 

    Nous avons une opportunité pour mieux organiser la ville et permettre aux piéton·ne·s et aux mobilités douces de reprendre toute leur place dans des quartiers apaisés. 

    La volonté politique des écologistes n’est malheureusement pas entendue. 

    De nouveau depuis le début d’année 2022, les commerçant·e·s ont la possibilité de faire une demande de terrasse en contrepartie d’une redevance. Lorsque la ville accorde cette autorisation, les commerçant·e·s   peuvent alors installer du 1er avril jusqu’au 31 octobre 2022 une terrasse  – avec obligation de fermeture à 22h.

    En 2021, les parisiens et parisiennes avaient souffert des longues semaines de confinement et les terrasses  dans l’espace public nous ont permis de retrouver convivialité et joie d’être ensemble.  Cependant, certaines terrasses installées sur l’espace public sur simple déclaration, ont conduit à des dérives : débordements, nuisances sonores pour les riverain·ne·s, non-respect des horaires, circulation des piéton·ne·s dangereuses, difficultés des agent·e·s pour le ramassage des poubelles…

    Terrasse Paris - Charles Loyer

    Le 11e comporte à l’échelle parisienne la plus forte concentration des débits de boisson et en prévision du nombre de demandes de terrasses élevé en 2022,  les élu·e·s du 11e, en complémentarité du RET, ont élaboré des critères pour objectiver les motifs de refus : les terrasses dans le 11e  seront des terrasses estivales et non pérennes,  la terrasse doit respecter la longueur de la devanture du commerce, elle ne doit pas être installée de l’autre côté de la chaussée, elle doit respecter des places de livraison.

    La Mairie du 11e travaille avec rigueur à la fois la régulation des terrasses en collaboration avec la direction de l’urbanisme et la direction de la police municipale et la régulation de la vie nocturne. Une charte spécifique aux deux quartiers festifs : Bastille/ Roquette/ Lappe et Oberkampf/ Jean- Pierre Timbaud est également mise en place en 2022.

    Le respect de ces règles et la lutte contre les potentielles nuisances des étalages et terrasses va cette année, constituer une grande partie de l’activité des agent·e·s de la police municipale.

    Au 22 mars, 1133 demandes de terrasse ont été déposés dans le 11e, 768 refusées par la direction de l’urbanisme. Sur les 506 dossiers envoyés à l’instruction, la Mairie du 11e a donné 209 avis favorables .

    Les élu·e·s écologistes restent disponibles auprès des commerçant·e·s pour tous renseignements et signalements des riverains. Vous pouvez également signaler les nuisances liées aux terrasses sur l’application « Dans ma rue » et joindre la police municipale au 3975.

    Joëlle MOREL adjointe déléguée au commerce, au développement économique et à l’emploi 

    Nour DURAND-RAUCHER délégué à la sûreté, prévention et médiation

  • Ses dessins la réveillent, la surprennent et la font rire.

    Ses dessins la réveillent, la surprennent et la font rire.

    Catherine Beaunez
    Catherine BEAUNEZ

    Catherine Beaunez est née à Colombes en banlieue ouvrière dans les années 50. Ses parents sont militants chrétiens de gauche, MLP, pour l’indépendance de l’Algérie, PSU, syndicalistes, etc. Leur maison, construite avec des baraquements de prisonniers, faisait 45 m2 et là, y logeaient 6 enfants + tous les voisins, paumés du quartier, prêtres et responsables politiques qui défilaient.

    De quoi faire travailler son petit cerveau – en compagnie de ses sœurs-pies – et exercer son œil observateur sur le genre humain. 

     Ses parents prenaient des risques dans leur vie et Catherine n’a pas eu de mal à en prendre aussi tout au long de sa vie professionnelle.

    Pendant la guerre d’Algérie, dénoncé par un voisin, son père, Roger Beaunez, à l’époque secrétaire de Claude Bourdet, a fait de la prison. La DST a débarqué chez elle, à la recherche d’une liste des responsables du FLN. Catherine avait 5 ans. Sa mère, Jeannette, les voyant arriver, a rapidement mis cette liste dans une motte de beurre qu’elle lui a demandé, sous le nez des flics, de mettre dans le frigidaire. Les flics ont mis la maison à sac mais n’ont jamais trouvé la liste !

    En pleine crise d’adolescence, Catherine a raté son BAC qu’elle était partie pour obtenir sans difficulté. Sa mère, intelligente, voyant que Catherine se sentait bien aux cours de dessin/peinture du lycée, l’a orientée vers une école d’Arts appliqués, Duperré, à Paris.

    Catherine avait un bon bagage de culture classique mais peu de notions de perspective…Avec les modèles posant nus, elle a désappris à raisonner et appris à sentir, à regarder la vie sur le corps des humain·e·s. Les profs lui fournissent aussi matière à caricature. Et son esprit BD s’exerçait sur ses copines et copains de classe qui attendaient chaque matin la BD du jour.

    Catherine n’est pas restée longtemps dans un atelier de création pour tissu, quand il a fallu trouver du travail. Les employées y calculaient perpétuellement leurs jours de congés alors qu’elle ambitionnait plus et plus aventureux. 

    Son père, à la fin de sa carrière, travaillant comme administrateur dans un centre de formation de journalistes, elle a eu envie de proposer ses dessins en frappant à la porte des journaux. Pas courant à l’époque (1976) pour une nana. Elle y a fait ses armes. Dessins d’humour (son truc), reportages dessinés, procès d’audience, illustrations d’articles, elle a tout essayé, jonglant comme pigiste de rédaction en rédaction. Les journaux syndicaux, les revues professionnelles, Le Monde, France-Soir, Elle…Catherine ne chôme pas.

    Mais c’est un voyage au Québec qui lui a donné l’audace de créer son personnage, son alter ego. Là-bas, les rapports femmes-hommes, beaucoup plus égalitaires qu’en France, l’ont subjuguée. Un p’tit copain québécois aussi.

    Au retour, elle comptait bien changer les mentalités masculines en cours dans son pays. Utopique … Catherine ne s’attendait pas à rencontrer tant de résistance !

    Elle apporte alors sa touche féminine sur des sujets souvent confisqués par les hommes, sexe et politique entre autres. Elle publie dans des revues de BD (Circus), des magazines féminins (Marie-Claire), des hebdos d’actualité (Le Nouvel Observateur, Politis, L’Évènement du jeudi, Marianne). Puis elle pond rapidement un album “Mes partouzes” (1984) où il n’y avait aucune partouze et où elle soulignait les contradictions entre le côté romantique des femmes et le contexte de libération sexuelle des années 80, pas si facile à vivre…  Elle continue, par ailleurs, de vivre du dessin de presse, vaille que vaille, et doit imposer son imaginaire féminin dans une presse dominée, à tous niveaux, par les hommes. Pas gagné ! Surtout dans les journaux où flirtaient encore les relents chrétiens de l’après-guerre, toute une culture ! Certains rédacteurs en chef ne comprenaient pas que son personnage n’ait ni mari, ni enfants, ni amant et accessoirement que ce soit une femme ! On la censurait. Par exemple, représenter une femme enceinte était considéré comme vulgaire. Ses sujets aussi étaient hardis, son ton parfois cru. Ça ne passait pas trop. La remise en question des comportements machistes non plus. Pas facile de se frayer un chemin. Elles n’étaient que 2 ou 3 dessinatrices dans le club très fermé des dessinateurs de presse. Elle a tout de même réussi à être publiée dans une centaine de journaux, France et étranger. 

    Les pays nordiques ont été beaucoup plus réceptifs à son humour, qui remet facilement en question les stéréotypes sexuels. Ses livres ont été traduits en Suède où on la comprenait et l’accueillait. Catherine aurait pu s’y installer. Mais toujours chez elle, ce réflexe de lutte pour faire entendre sa voix – de plus en plus féministe – dans son propre pays…on n’hérite pas impunément de parents militants. 

    En rejoignant l’Association des Femmes Journalistes en 1990, Catherine comprend plus clairement que les articles ou dessins évoquant le quotidien et la vie des femmes sont souvent écartés. Cette fois, elle est moins seule.

    À la suite de l’illustration d’un dossier paru dans Télérama, elle pond un livre de dessins d’humour  » On les aura ! « sur la place des femmes en politique. Elle met 8 ans avant de trouver une éditrice  » féministe « qui, en le voyant tout juste sorti de chez l’imprimeur lui fait remarquer que  » (s)on mari n’aime pas la couverture, elle lui fait penser à Marine Le Pen. « . Elle décide de contacter tous les salons du livre de France pour le dédicacer et éviter le pilon. Au bout d’un an, il « encombrait  » les stocks de la boîte d’édition, et Catherine rachète les 4000 ex. restants pour que son livre continue de vivre sa vie. Le public et les libraires n’étaient pas chauds en 2000. Vingt ans plus tard, c’est le livre qui se vend le mieux sur ses tables de dédicace. #Metoo est passé par là.

    Les mœurs évoluent, les femmes aussi. Et dans les salons, les lectrices sont au rendez-vous, non plus pour offrir ses livres à leur copain ou mari, mais pour elles-mêmes. Les petites filles aussi s’aventurent et la voyant dédicacer, lui apportent des dessins pensés, construits. Y’a de l’avenir ! Mais la profession reste majoritairement masculine.

    Quelques jeunes dessinatrices de presse, formées par Charlie-Hebdo, ont pris le relai. Plus politisées, moins pressées de représenter le féminisme de leurs mères. Avec 1 ou 2enfants, l’âge aidant, elles défendent encore plus les droits des femmes !

    Catherine a aussi fait du dessin en direct, pour illustrer des débats, des colloques, des stages d’entreprise. Stressant… Un travail sans filet, pas question d’être moyen·ne ou médiocre. Il faut viser juste et tout de suite.

    La presse actuelle est en mauvaise posture. Internet prend le dessus, les dessins sont dévalorisés, récupérés, parfois privés de leurs bulles et de leur sens.  Depuis l’attentat de Charlie-Hebdo, depuis le rachat des journaux par les grands groupes industriels, la presse engage les dessinateur.trice.s  à condition de rester consensuel.le.s et lisses. 

    Ce qu’elle ne sait pas faire. Le rire sauve, il n’éteint pas. Il fait réfléchir, il n’est pas là pour endormir. Ses dessins la réveillent, la surprennent et la font rire. Et son seul souci, c’est qu’ils fassent rire ses lecteur.trice.s et les gardent en éveil. 

    Comme Catherine a été pas mal censurée, elle décide de s’autoéditer pour éviter que ses couvertures de livres soient recadrées par les éditeurs pour figurer en bonne place dans les rayons des hypermarchés. La presse devenant frileuse, elle publie ses pages-BD et ses dessins sur Facebook et Instagram. Catherine espère toujours y rejoindre de nouveaux·elles lecteur·trice·s. 

    7ème album « On baise ? »

    C’est comme ça qu’au bout de 2 mois de confinement, en 2020, elle pond son 7ème album  » On baise ? « , sorte de journal de bord de cette drôle d’expérience collective. Hélas, les salons-BD et dessins d’humour ont baissé le rideau pendant ces 2 années chaotiques et elle n’a pas pu écouler tout le stock imprimé. Sur chaque livre vendu, elle reverse 1€ au personnel soignant, qui en a bien besoin.

     Elle participe aussi avec l‘association Cartooning for Peace à des ateliers dans des collèges et lycées pour éveiller les jeunes au dessin de presse. Elle en apprend beaucoup sur notre société en les écoutant parler.

    Enfin, son métier a ses vertus au quotidien : lassée de voir que les résident·e·s de sa copropriété ne pratiquent pas le tri sélectif, elle réfléchit à une vingtaine de dessins humoristiques sur la propreté dans le local-poubelles. Le CS aime, il les achète. Catherine les plastifie et les accroche aux murs du local.

    Un concept qui pourrait être diffusé dans d’autres copropriétés du 11ème, pour inciter les habitant·e·s à faire le tri dans la bonne humeur.

    Ce 11ème auquel elle s’est attachée pour avoir fréquenté Le Picoulet et son atelier informatique, pour avoir retrouvé les élans de solidarité de son enfance dans son immeuble lors des confinements, pour avoir rencontré des habitant·e·s de toutes nationalités et des élu·e·s simples et efficaces, pour avoir chiné dans ses librairies et ses marchés, pour avoir flâné dans ses rues bigarrées et ouvert des portes-cochère où serpentent parfois quelques chemins verts, fleuris de pavés.


    Les pavés… qui font corps avec l’âme populaire du quartier…

    Site : catherinebeaunez.net

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  • Conseil d’arrondissement – Mars 2022

    Conseil d’arrondissement – Mars 2022

    Séance du 9 mars 2022

    Vœu déposé par les élu·e·s du groupe écologiste

    Voeu relatif au développement du réemploi à Paris

    Le Conseil du 11ème arrondissement,

    Considérant le volume des objets encombrants qui continue à augmenter dans le 11e, malgré la volonté de mettre en place une gestion responsable ;

    Considérant les difficultés pour trouver des emplacements pour le traitement des encombrants, au regard de la densité de l’arrondissement ;

    Considérant que depuis ces 10 dernières années, l’identification d’un site pour la benne et la broyeuse de traitement des objets encombrants est un enjeu fort, et qu’à ce jour seule une réponse temporaire y a été apportée en organisant des déplacements réguliers de cette benne dans les différents quartiers du 11e ;

    Considérant le vœu du 9 février 2022 du Conseil de quartier Nation Alexandre Dumas, quartier qui accueille le site de traitement des encombrants Avenue de Bouvines depuis 2019;

    Considérant les nuisances environnementales (absence de tri et de réemploi) et sonores supportées par les riverains et en particulier les enfants des écoles Bouvines – en cette période si particulière de crise sanitaire et l’obligation d’ouvrir les fenêtres à toutes les heures ;

    Considérant le courrier du Maire envoyé le 9 février 2022 aux pétitionnaires et aux élu-es, précisant la volonté d’installer la benne au 49 bd de Ménilmontant, sur la Terre d’Écologie Populaire (TEP) de Ménilmontant, proposition contraire aux termes du contrat de mandature entre les groupes écologistes et Paris en commun ;

    Considérant l’obligation par l’ordonnance n 2010-1579 du 17 décembre 2010 qui introduit “ une hiérarchie des modes de traitement des déchets consistant à privilégier (…) la réutilisation, le recyclage, toute autre valorisation ” ;

    Considérant le nécessaire respect des conditions de travail des agents de la division territoriale de la Direction de la Propreté et de l’Eau, qui ne peuvent réaliser de trop nombreux allers-retours pour apporter les objets encombrants en dehors de l’arrondissement en vue de leur incinération, allers-retours augmentant également le trafic routier, la pollution directe et l’empreinte carbone ;

    Considérant, au regard des problèmes environnementaux, la nécessité absolue de réduire la production de déchets dans le 11e

    Considérant la création dans notre arrondissement d’une nouvelle délégation au début de cette mandature « économie circulaire et trajectoire zéro déchet » ;

    Considérant la territorialisation du plan de propreté dans les arrondissements qui, depuis quelques mois, offre une plus grande capacité d’action aux arrondissements, au plus proche du vécu et des expertises des habitants.

    Sur proposition des élu.es du groupe écologiste du 11è, 

    Émet le vœu :

    Que la Ville de Paris réalise, en toute transparence et dans les meilleurs délais possibles, des études de nouveaux emplacements pour la broyeuse d’objets encombrants, précisant par écrit les contraintes techniques et les opportunités, et communique celles-ci en priorité aux élu-es concerné.es ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe municipale ;

    Que la Ville de Paris renforce considérablement la collecte sélective à la source des objets encombrants, en vue de leur réemploi dans les filières dédiées, notamment en ciblant des prestations dédiées par nature d’objets, en développant la formation des agents de la Ville de Paris et en s’appuyant sur les travailleurs du réemploi ;

    Que la Ville de Paris, en lien étroit avec les élu.es concerné.es, communique plus fortement auprès des habitant.es et entreprises du 11sur la nécessité de réduire le volume des objets encombrants et les invite à utiliser les outils de réemploi existants : la démarche Paris réemploi, les ressourceries… ;

    Que la Ville de Paris et les bailleurs sociaux, en lien étroit avec les ressourceries, en particulier celles ayant leur activité dans l’arrondissement, identifient des lieux dans les sous-sols pour aider au tri et à la valorisation des objets encombrants ;

    Que la Ville de Paris soutienne activement le développement de ressourceries éphémères organisées par les habitant-es et acteurs concernés, en apportant l’ingénierie nécessaire (appui logistique, gestion des gisements, mise à disposition d’agents de la Ville, des Volontaires de Paris…) et en autorisant celles-ci dans des lieux ouverts à toutes et tous (cours d’écoles, jardins publics, espace public…).