Fernando Vega Lugo : « Militant de l’éco-optimisme, je crois en l’humanité… »

Fernando Vega Lugo

Militant de l’éco-optimisme, je crois en l’humanité. Je suis convaincu que nous allons nous en sortir. C’est pour cela que je m’engage. Je ne sais pas exactement ce qui m’a poussé vers Paris, ni même vers la France…

Colombien, mais aussi Français depuis quelque temps, j’aime profondément les deux villes de ma vie : Bogotá et Paris. Cependant, mon identité est plus nuancée : je suis viscéralement latino-américain et attaché à une certaine idée de l’Europe.

Je fus un enfant insupportable, qui adorait rigoler et papoter, mêlant une passion dévorante pour le football à une curiosité intellectuelle pour la géographie, l’histoire, puis la philosophie et, donc, la politique.

À l’adolescence, la musique est entrée en scène. C’était l’époque du téléchargement massif: Mano Negra, Ska-P ou encore Víctor Jara tournaient en boucle. Ces sonorités ont aidé à forger ma conscience politique. À 13 ans, j’ai connu mon premier engagement au sein d’un journal alternatif (desde abajo). Cette expérience m’a initié à l’art de la discussion et m’a transmis une passion intense pour l’écriture — une passion malheureusement délaissée face à la frénésie de notre époque.

J’ai la chance d’avoir grandi dans un quartier populaire du sud de Bogotá. La tradition communiste d’une partie de l’arrondissement (l’historique Policarpa) nous « obligeait », camarades. C’était riche d’histoire, notamment autour de l’occupation des terrains pour construire le quartier, mais aussi empreint d’une nostalgie qui m’a finalement conduit vers les mouvements étudiants.

C’est à la fac que tout est devenu plus vibrant : assemblées générales, manifestations, voyages militants, mandat d’élu étudiant… J’avoue avoir parfois délaissé mes cours de droit et de sciences politiques, mais suffisamment peu pour devenir avocat, avec toujours en tête l’idée de partir un jour en Europe pour y faire un master.

Cette période d’intensité militante coïncidait avec un immense espoir pour la Colombie : la signature des accords de paix entre le gouvernement et les FARC. Après l’échec du référendum, nous avons réussi à mobiliser la jeunesse et les étudiant·e·s pendant une semaine entière. Si ce contexte a fracturé la gauche colombienne et engendré des frustrations, je reste optimiste : quelques années plus tard, le pays a connu son premier gouvernement de gauche.

En France depuis 2017, j’ai appris la langue, puis concrétisé mon projet de master. Parallèlement, j’ai été serveur pendant longtemps, puis commercial en vins. J’ai exercé ces métiers avec la même ferveur que pour le football ou la politique ; je ne sais pas vivre autrement.

Quelques années plus tard, j’ai découvert le monde associatif, ce qui m’a redonné l’envie de m’engager. Le fait de sentir que je vivais ici, et que ce qui s’y passe me concerne, a été un moteur de ces engagements. Au-delà de tout, je pense que les associations sont un pilier essentiel de la démocratie. Il faut toujours y être.

Cependant, en 2024, j’ai fait un choix clair : l’urgence écologique est la plus grande problématique de notre génération. Le projet néofasciste est extractiviste et ultralibéral ; les partis politiques sont donc aussi des outils précieux pour défendre la démocratie et les droits humains. En ce sens, Les Écologistes incarnent une véritable radicalité en faveur de la justice sociale, tout en portant l’idée d’une République réellement démocratique.

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