Catégorie : Logement

  • Rencontre EELV 11ème avec le COPAF* et les résidents du foyer de travailleurs migrants de Charonne.

    reunion-foyers

    *Le Collectif  pour l’avenir des foyers,  a été fondé en 1996  en réponse  au « rapport Cuq »pendant la présidence de Sarkozy. Le Copaf a constitué un réseau de soutien et d’appui aux comités de résidents et à leurs coordinations, pour revendiquer les droits et garanties des locataires, des réhabilitations qui tiennent vraiment  compte des besoins et du mode de vie collectif et solidaire des résidents, en particulier concernant  les cuisines et les espaces collectifs, ainsi qu’une meilleure insertion  des foyers dans la ville et une gestion plus transparente et plus respectueuses des résidents.

     

     

     

     

     

     

     

    Les foyers  de travailleurs  migrants sont au nombre de 5 dans l’arrondissement :

    ❏      passage Bonnegraine

    ❏      Charonne

    ❏      Petite Pierre

    ❏      Fontaine au Roi (encore en travaux, ouvrira bientôt) (gestionnaire: ADOMA)

    ❏      Reginaldo, à côté de Fontaine au Roi

    Ils sont gérés  dans notre arrondissement  par l’ ADOMA (ancienne SONACOTRA), COALLIA (ex AFTAM) et l’ADEF.

    Depuis une décennie, les pouvoirs publics ont pour but de transformer les foyers de travailleurs migrants en résidences sociales  en engageant des réhabilitations. Le foyer de la fontaine au roi,  rue de la fontaine au roi est en pleine transformation. L’objectif est d’individualiser et de standardiser l’espace privatif (création de studettes de 12m2) de réduire les espaces de vie collective, de privatiser l’ensemble  des fonctions de la vie sociale.

    Revendications des résidents du foyer Charonne en particulier

    Cette rencontre  avec le COPAF et les délégués  des comités de résidents a  permis d’identifier  les problèmes tout particulièrement dans le foyer Charonne. Les résidents  souhaitent  tout particulièrement  l’implantation dans les locaux d’une cuisine collective  et l’organisation de  cours d’alphabétisation.

    Ce foyer disposait auparavant d’une cuisine collective où cuisinaient des personnes extérieures rémunérées, puis qui vendaient les plats aux résidents. Cela a été supprimé après des travaux de mise en norme, et les nouvelles norme d’hygiène pour les cuisines commerciales (qui vendent les plats) empêchent sa re-création. Une piste envisageable serait d’utiliser une monnaie locale à la place de l’Euro pour ces échanges. Cela a déjà été testé dans un foyer du XIII, la tentative avait échoué car les cuisinières voulaient des Euros, mais peut-être est-ce à tenter une nouvelle fois?

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    Revendications du COPAF en général

    Les revendications principales du COPAF sont les suivantes :

    ❏      respect de la vie privée des résidents (notamment interdiction aux gestionnaires d’entrer dans les chambres et studios),

    ❏      garantie de ne pas perdre une place immédiatement après un impayé (cas des locataires partis quelques semaines et qui perdent leur place car ils ont oublié une échéance),

    ❏      avoir la garantie de logements dignes,

    ❏      supprimer la TVA sur les loyers, qui est justifiée par l’Etat comme location s’apparentant à de l’hôtellerie (car service de location et de lavage du linge).

    Vote de la loi ALUR

    En direct , grâce à la connexion du portable de David A , nous avons suivre en direct  l’intervention de Cécile Duflot  qui intervenait  au Sénat  sur la question des foyers de travailleurs migrants et qui a pu rappeler sa position  en particulier  pour faire reconnaître le droit des résidents à une vie privée ( les gestionnaires  ne doivent pas pouvoir  avoir les clefs des chambres des résidents )  et d’autre part la reconnaissance  des comités de résidents à la participation des conseils de concertation.

    Projets suite à la réunion : 

    – envoyer  un courrier  de EELV 11ème au gestionnaire du foyer Charonne,

    – organiser une rencontre au foyer Charonne, coordonné par El Hadj Soumaré.

    Le groupe local EELV 11E.

  • Produire des logements sociaux et lutter contre la spéculation

    Produire des logements sociaux et lutter contre la spéculation

    Conseil de Paris d’avril 2013

    Le débat sur le rapport de la ville relatif à la politique immobilière a permis d’exposer les grands principes d’une politique écologiste du logement

    Intervention de René DUTREY

    Je ne voulais pas intervenir sur ce point mais les mots de M. LEGARET sur l’organisation de l’éviction des classes populaires et moyennes m’ont fait réagir et m’ont rappelé, que lorsque j’ai été nommé président de la S.I.E.M.P, j’ai pu découvrir 340 immeubles notoirement insalubres, qui ont été intégrés à la convention publique d’aménagement. Sur ces 340 immeubles, la Ville, à cause de sa politique immobilière antérieure, en détenait plus de la moitié et avait quasiment des lots dans tous.

    La Ville, à l’époque, avait, dans de nombreuses copropriétés, arrêté de payer ses charges, employant les pires techniques de la promotion privée de mitage, afin effectivement de racheter l’ensemble des copropriétés et d’exclure les gens qui étaient dedans. Cette politique immobilière a fait des dégâts monstrueux, on aurait pu croire que l’insalubrité était uniquement due aux promoteurs et au marché privé, mais non, la Ville avait orchestré une politique de pourrissement sur de nombreux quartiers et c’est bien cette Mission de lutte contre l’insalubrité, menée par la première mandature, qui a permis d’en sortir.

    Pour revenir à cette M.I.E, je souhaite déjà saluer le travail de cette M.I.E., bien sûr, le diagnostic de très bonne qualité qui apparaît dans ce rapport.

    Mais, plus globalement, on est tenté de parler de la situation du marché immobilier parisien, ce marché qui concentre toutes les problématiques : spéculation outrancière des investisseurs, hausse indécente des prix à l’accession et des loyers (respectivement 10.000 euros le mètre carré et 25 euros en location, en moyenne), tandis que la demande de logement social ne cesse de croître en vain.
    Pourtant, les réels efforts de la Municipalité parisienne en matière de politique du logement, n’ont jamais été aussi soutenus : le quota de 20 % de logements sociaux sera atteint en 2014, la Ville consacre plus de 500 millions d’euros par an à cette politique, aucune collectivité ne peut se prévaloir d’un tel effort. Pourtant, la crise continue à sévir avec son lot quotidien de drames humains.
    Pourquoi ? Car le monde entier veut habiter à Paris ! Mais Paris, avec ses 110 kilomètres carré, est l’un des plus petits du monde, et ne peut accueillir tout le monde. L’important effort de création de logements sociaux de la Ville de Paris est quelque part souvent annihilé par une spéculation galopante qui exclut de plus en plus de personnes de l’accès au marché privé.

    Je pense que l’une des principales différences historiques entre la Droite et la Gauche est le rapport au marché privé. Les premiers vous expliqueront qu’un marché totalement libre et sans entrave permettrait de proposer une offre correspondant aux besoins de chacun. Les seconds défendront normalement une vision plus interventionniste pour corriger ces effets dévastateurs du marché, n’allant pas dans le sens de l’intérêt collectif.

    Même si cette vision, normalement de Gauche, s’est estompée depuis une dizaine d’années, elle reste réelle dans bien des domaines, dont celui de la politique immobilière.

    Car, juste derrière la politique immobilière, vient la problématique de l’accès au logement, de l’accès au foncier, de l’accès à la terre. L’accaparement de la terre par quelques-uns, qui est l’effet du marché libre, rend rapidement insupportable la vie du plus grand nombre. Là, des paysans sans terre du Brésil aux expropriés de Birmanie, en passant par les mal logés du monde entier, le problème de l’accès au foncier est l’une des causes majeures du non-respect des droits fondamentaux.

    En France, l’émergence au début du XXe siècle des politiques de logements sociaux a permis d’extraire un parc de logements de la simple logique de marché.

    Pour nous, écologistes, une politique immobilière doit être au service de nos objectifs politiques, une politique immobilière doit marcher sur ses deux pieds que sont, bien sûr, la réalisation massive de logements sociaux, l’extraction d’une partie du parc de la simple logique de marché et, en second, l’intervention efficace sur le marché privé afin d’en maîtriser ses effets les plus spéculatifs.

    Dans des secteurs tendus, jamais nous ne réussirons à construire assez de logements sociaux pour accueillir l’ensemble des ménages exclus du parc privé qui atteint aujourd’hui le haut des classes moyennes.

    A côté d’une production massive de logements sociaux, nous devons passer du stade d’acteurs du marché de l’immobilier au stade de régulateurs de ce marché.

    Premièrement, oui, il faut produire plus de logements accessibles pour chacun, afin bien sûr de maintenir la diversité sociale de la Capitale. Un point que les écologistes répètent depuis 2001 : nous pensons que, sur ces derniers terrains aménageables dans la Capitale, la priorité doit être donnée – et la priorité absolue – au logement et aux besoins essentiels des Parisiens.Un quartier ne doit pas comporter moins de 50 % de logements (je parle de l’ensemble des mètres carrés) pour être viable et cette priorité donnée au logement, cela avait été l’objet à l’époque des débats, lors du Plan local d’urbanisme, face aux bureaux apparaît pour nous essentielle.

    Ensuite, maintenir la diversité sociale de la Capitale, c’est tenter – et la Ville, par son activité de préemption, le fait en partie sur des immeubles entiers – de préserver ce fameux parc de logement social de fait. La difficulté de ce parc est effectivement qu’il est en secteur diffus, aujourd’hui la Ville n’achète que des immeubles entiers, mais il faut un plan de sauvegarde du logement social de fait, alliant la préemption en diffus et le conventionnement également en diffus, pour maintenir ces derniers loyers de 1948, ces derniers logements privés qui continuent à jouer le rôle de logement social. Nous devons être beaucoup plus systématiques dans la préservation de ce parc de logement social de fait.

    Après, bien sûr, il faut trouver des solutions pour loger les classes moyennes, ce serpent de mer dont chacun à sa définition propre quand j’entends entre autres les bancs de l’Opposition. Il faut recréer ce parc disparu, ce parc des institutionnels qui permettait de loger les classes moyennes. Le problème est que nous ne le ferons pas avec le P.L.S., car nous n’aurons jamais les possibilités financières, et force est de constater que les 4 % de demandeurs du fichier en P.L.S. ont tendance eux à augmenter les années passant.

    Il faut créer un parc de logements conventionné, s’appuyer sur le privé, recréer cette offre vers les classes moyennes pour que vraiment, à chaque niveau de revenu corresponde un logement adéquat, et ceci également dans les couches intermédiaires.

    Ces deux derniers points demandent de passer à une gestion en diffus. Depuis 2001, le groupe « Vert » revient régulièrement sur cette nécessité. J’ai eu l’occasion en tant que président de la S.I.E.M.P. avant Fabienne GIBOUDEAUX, de créer le premier outil de gestion diffus sur les 250 logements relais. Un bailleur social doit être spécialisé pour la gestion en diffus. Il y a une nécessité d’adaptation législative en termes de fiscalité entre autres pour rendre la péremption plus facile pour les logements diffus, mais nous serons obligés, par un manque de terrain, de passer à cette gestion. Plus tôt nous nous y mettrons mieux cela vaudra.

    Après, effectivement, une politique immobilière doit avoir, pour les écologistes, un objectif clair de lutter contre la spéculation avec l’objectif de faire baisser les prix. Il y a des outils existants. Effectivement, la préemption qui a été très utile pour maintenir un certain nombre de foyers menacés par des ventes à la découpe a été essentielle. Mais c’est également une répétition du groupe « Vert » à chaque budget, les capacités du compte foncier sont encore extrêmement faibles pour faire face aux immenses possibilités des acteurs privés du marché.
    Quand on voit effectivement que le rachat de Pradier, l’immeuble dans le 19e arrondissement représente quasiment les deux tiers du compte foncier, on se rappelle l’opération place de la Madeleine où la Ville avait hésité à préempter sur plusieurs immeubles. Cela représentait la moitié du compte foncier annuel. C’est dire le côté trop réduit de ce compte foncier par rapport à d’autres acteurs, d’autres fonds de pension divers du monde entier, qui jouent à Paris comme dans un Monopoly et qui ont des capacités financières extrêmement plus importantes.
    Il faut effectivement donner plus de moyens au compte foncier, l’augmenter, pas seulement pour sauver des gens des ventes à la découpe, mais également pouvoir l’utiliser, même si l’outil n’a pas été pensé pour cela initialement, comme un outil de lutte contre la spéculation.

    Ensuite, un outil va nous être bientôt mis à disposition, à savoir l’encadrement des loyers. Nous comptons, suite à la rédaction du rapport à la demande du Maire de Paris que j’avais réalisé, que cet encadrement des loyers soit efficace et qu’un des points du rapport ne soit pas oublié : la possibilité de faire baisser les niveaux moyens sur certains secteurs qu’on a considérés comme trop excessifs.

    Enfin, il faut mobiliser de nouveaux outils, tels que l’application des chartes de promoteur comme on peut voir à Saint-Ouen, même si dans la situation de Paris les prix sont déjà trop élevés et que l’intérêt de cette initiative à Saint-Ouen est qu’elle a été mise en place il y a très longtemps, donc a évité cette montée.

    Pour les écologistes nous devons penser à créer de nouveaux outils fonciers au service de notre politique. Nous avions fait la proposition qui était reprise dans le vœu de l’Exécutif, de la dissociation du foncier bâti et du bail emphytéotique, une vision qui permettrait de disposer de l’usage de la propriété dans un partage contractuel entre le sol, demeurant public au collectif, et l’usage du bâti.
    Cette formule qui laisse le preneur du bail libre de construire sur le terrain mis à disposition pour une durée de 99 ans est utilisée par Paris aujourd’hui uniquement par rapport aux locations en bail emphytéotique par les bailleurs sociaux. Elle doit pouvoir évoluer, cela demande une évolution législative, vers le logement diffus.

    Pour conclure, dommage, que d’idées j’avais encore à soumettre à notre Conseil, je les garderai pour la prochaine fois, dans d’autres cadres ou d’autres débats…

    Cette politique immobilière, il faut que nous fassions attention qu’elle ne devienne pas une simple variable d’ajustement de nos finances publiques. Nous devons vraiment passer du stade d’acteurs de l’immobilier au stade de régulateurs, et j’en finis là en ayant dépassé de 20 secondes.

  • Argumentaire : Le Logement à la Une !

    Argumentaire : Le Logement à la Une !

    Un plan national de la rénovation

    > téléchargez l’argumentaire complet (Pdf)

    1 UNE AIDE AUX PARTICULIERS POUR RÉNOVER LEUR LOGEMENT

    1350 € (prime par foyer pour la rénovation thermique des logements)

    • Les 2/3 des ménages français sont éligibles à cette prime qui doit déclencher et accélérer les mises en chantier de rénovation thermique. Cette prime pourrait être pérennisée au-delà de deux ans.
    • Un guichet unique simplifiera les procédures pour bénéficier des aides en matière de rénovation : un service public de proximité, avec un numéro vert national et un site internet unique

     

    2 LA BONNE INFO, LES BONS MOYENS…

    • Le plan national est renforcé par les aides des collectivités locales pour davantage de cohérence et de moyens.
    • 1 000 emplois d’avenir pour devenir les ambassadeurs de la rénovation énergétique : des jeunes seront formés d’ici à 2015 pour détecter et identifier des ménages précaires les plus isolés afin de les aider au mieux.

    Pour 18 000 € de travaux engagés, 3 900 € resteront à la charge des foyers.

     

    3 UN EFFORT POUR LES PLUS MODESTES

    • En cumulant les différentes aides auxquelles ils auront droit, les foyers les plus modestes pourront eux aussi engager des travaux de rénovation, plus des trois quarts des frais engagés étant pris en charge.

    Le plan national de la rénovation, c’est 75 000 emplois maintenus ou créés et une baisse des factures d’énergie des ménages.

    > pour lire la suite, téléchargez l’argumentaire complet (Pdf)

    http://eelv.fr/?p=88128

  • TVA : Le logement est un bien de première nécessité (communiqué d’EELV – 29 novembre 2012)

    http://logement.eelv.fr/?p=2296

     

     

    Le logement social doit rester une priorité du gouvernement. EELV dénonce la hausse de la TVA sur le logement prévue par un amendement gouvernemental au projet de loi de finances rectificatives pour 2012, en discussion à l’Assemblée nationale. La TVA sur le logement social et les travaux de rénovation passerait de 7 à 10 % en 2014, avec un simple sursis pour les projets de logements sociaux engagés avant la fin 2013. Ce quasi-doublement annoncé de TVA en douze mois représenterait un manque à gagner de près d’un milliard d’euros chaque année au total pour le monde HLM.

  • Logement : le programme d’EELV

    Logement : le programme d’EELV  (Article du site de la Commission Logement d’EELV)

    Un logement pour chacun-e, l’habitat choisi pour tou-te-s

    Il manque aujourd’hui plus de 900 000 logements en France. 3,6 millions de personnes sont mal-logées ou sans logis, dont 600 000 enfants. L’habitat est devenu un facteur majeur de précarisation du fait de la hausse incontrôlée des prix et du renchérissement du coût de l’énergie.
    La logique du « tous propriétaires » est un leurre qui endette les ménages, creuse les inégalités et aggrave l’étalement urbain.
    Les écologistes prônent un habitat choisi où chacune et chacun, selon ses aspirations et son parcours, puisse devenir propriétaire ou locataire.

    Lire la suite du programme (PDF, 12 pages)

     

  • Cécile Duflot devient ministe de l’Egalité des territoires et du logement

    Cécile Duflot devient ministe de l’Egalité des territoires et du logement

    Mercredi 16 mai 2011, Cécile Duflot a été nommée ministre de l’Égalité des territoires et du logement par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault.

    Discours de Madame Cécile Duflot, Ministre de l’égalité des territoires et du logement
    prononcé à l’occasion de sa prise de fonction.

     

    Mesdames messieurs,

    Le Président de la République m’a confié la responsabilité de mettre en place ce nouveau ministère de l’égalité des territoires et du logement, dont il avait promis la création lors de son discours de Dijon.

    Pendant toute sa campagne, il a placé cette question de l’égalité territoriale au cœur de ses priorités.

    Dix sept de ses 60 engagements concernent directement cette préoccupation, qui innerve également de manière transversale d’autres champs. Personne ne peut ignorer les fractures qui menacent notre cohésion, les ruptures de droits qui abiment notre république, et les scandaleuses inégalités qui grèvent notre avenir.

    Je veux dire ce matin devant vous, qu’il n’y a qu’une seule France, qu’elle soit rurale ou urbaine, et que chacun doit pouvoir y jouir des mêmes droits. Il n’est pas de territoire qui doive souffrir de handicaps insurmontables. La France se réinvente chaque jour. C’est à chacun d’entre nous qu’il revient de faire que son visage demeure celui de l’égalité.

    Je mesure donc à cet instant l’importance de la tache qui m’est confiée. A mes yeux, l’égalité est bien la pierre de touche de l’édifice républicain, et c’est une noble mission que de la faire vivre dans nos territoires. L’égalité n’est pas simplement une boussole elle est également le chemin à suivre et le véhicule à emprunter pour redresser la situation de notre pays et améliorer la condition de nombre de ses habitants.

    En particulier, l’immense pénurie de logements, la dégradation du bâti, l’endettement de long terme pour acheter un logement, le poids écrasant des loyers dans le budget des ménages, représentent une angoisse majeure pour des millions de nos concitoyens .

    C’est pourquoi l’engagement d’encadrement des loyers formulé pendant la campagne par le président de la République est particulièrement important.

    Les défis de la civilisation urbaine et du monde rural sont considérables :

    La ségrégation spatiale, l’assignation des uns à résidence, le sentiment des autres d’être relégués, la désertification des campagnes, l’expulsion des classes populaires et désormais des classes moyennes des centres villes, la tentation de sécession contribuent à casser le lien social et par conséquent le lien démocratique.

    Comment ne pas déplorer qu’on ait laissé s’accumuler des situations d’extrême misère qui se traduisent par une explosion des personnes qui se trouvent à la rue et une importante dégradation des capacités d’ hébergement d’urgence. Répondre à cette urgence est un impératif moral : un toit, c’est un droit.

    Il nous faudra à la fois répondre au temps court et impérieux de l’urgence et ancrer notre action dans le temps long, parce que c’est celui des territoires, qui ne s’inscrivent pas uniquement dans une géographie mais aussi dans une histoire. C’est de cette manière que nous inventerons la ville durable. C’est dans cet esprit, que j’aborde les enjeux du Grand Paris, dont l’animation m’incombe désormais et dont j’entends bien qu’il soit relancé en harmonie avec les principes du développement et de la ville durables.

    Si vous me permettez un mot plus personnel, sur la manière dont j’aborde ma fonction, je veux dire que je ne suis pas une ministre écologiste. Je suis une femme écologiste devenue ministre de la République pour agir pour le plus grand nombre, en essayant de mettre ses convictions, et son expérience propre, au service d’une certaine idée du bien commun.

    Ma conviction est que ce qui vaut pour le vivant, la diversité, l’équilibre, vaut également pour les territoires.

    La mixité des groupes sociaux, des générations, des activités et de l’habitat, des différentes catégories de commerces, la mise en autonomie et en solidarité des populations, sont des principes essentiels de la politique que nous voulons initier.

    Sur la base des orientations définies avec le premier Ministre, nous construirons notre feuille de route, en sachant que nous aurons à prendre des décisions des les semaines à venir et à nous engager aussi dans la préparation du PLF pour l’année 2013.
    L’égalité territoriale est au cœur du changement porté par François Hollande.

    Elle concerne le logement, grandes opérations de rénovation urbaine, aménagement du territoire, zonages divers et variés, politiques de la ville.. Cette relance et cette évaluation se feront en lien étroit avec les utilisateurs de ces dispositifs, et en premier lieu avec les élus locaux.

    Mais comment agir pour l’égalité des territoires, sans parler emploi, formation, services publics, services aux personnes, santé, éducation, transports, commerces , offre culturelle, sports, fracture numérique, tranquillité publique, et ceci dans l’hexagone comme les outre-mers? Le travail que nous ferons en faveur de l’égalité territoriale est, j’en ai la certitude une composante majeure de la transition écologique dont parlait le Président de la République dans son discours d’investiture.

    Je considère donc qu’il sera de mon devoir de mobiliser tout le gouvernement autour des objectifs que nous fixerons avec le premier Ministre dans les semaines à venir.

    Rien ne sera possible sans mobiliser la société. Il est bon et absolument indispensable de s’occuper du bâti, du cadre de vie, mais la principale richesse de nos territoires est constituée par leurs habitants. C’est une ressource indispensable. Se priver de l’énergie renouvelable de la citoyenneté serait une impasse politique. Nous savons tous combien l’initiative peut se heurter à la lourdeur des procédures.

    « Ce qui se fait pour nous sans nous ce fait contre nous » disait Nelson Mandela.
    Avec modestie je le paraphrase pour dire que ce qui se fait pour les habitants sans les habitants se fait le plus souvent contre eux. J’aurais donc à cœur de libérer les énergies et d’exploiter le beau gisement de la citoyenneté.

    Mesdames, messieurs,

    J’aborde cette responsabilité nouvelle avec enthousiasme et humilité. Je voudrais dire, et ce n’est pas une figure de style, l’estime qui est la mienne pour tous les fonctionnaires des administrations que nous allons piloter. Ils ont choisi de servir l’intérêt général et leur pays en y mettant toute leur conviction. Qu’ils sachent que leur compétence m’est précieuse, et que leur engagement m’engage en retour. L’expérience accumulée doit servir. Sachez donc que tout ce qui a été fait de positif sera poursuivi .

    Voilà mesdames messieurs l’esprit qui m’anime à cette heure .

    Nous travaillerons en étroite liaison et en parfaite harmonie avec Mr Lamy dont l’expérience sera absolument précieuse.

    Je prendrai contact avec les cadres et les personnels des directions et services le plus rapidement possible.

    Merci a vous, bon travail à chacun et à bientôt !

    Je vous remercie

     

    Cécile Duflot

    Ministre de l’Égalité des territoires et du logement