Catégorie : Débat

  • Festival AlimenTerre 2013 – Les ciné-débats des Eco Cooperateurs

    Festival AlimenTerre 2013 – Les ciné-débats des Eco Cooperateurs

     

    Les Eco Coopérateurs et le Cedidelp vous invitent à une série de projections suivies de débats avec nos invités, du 16 au 30 octobre. Cette année au programme: LoveMEATender de Manu Coeman, Cultures en Transition de Nils Aguilar, Blue Marble Café de Hakan Julander, Les déportés du libre échange de Marie Monique Robin, et Taste the waste de Valentin Thurn. Venez découvrir ou re-découvrir des documentaires passionnants, échanger et débattre avec nos invités!

     

    Inscriptions sur: contact[at]les-eco-cooperateurs.fr – N’oubliez pas de préciser pour quel film/séance vous souhaitez vous inscrire.

     

    MERCREDI 16 OCTOBRE LoveMEATender de Manu Coeman. Comment la viande est-elle devenue si banale dans nos assiettes ? Un documentaire qui va à la rencontre des réalités et qui, en exaltant la vie au cœur de nos assiettes, renouvelle notre regard sur la viande. Suivi d’un débat avec nos invités (liste non définitive):

    • Benoit SEBAUT, représentant le réseau AMAP d’Ile de France
    • Aurélia GREFF, porte parole de l’Association Végétarienne de France
    • Laurent LERAY, éleveur bovins lait et bœufs, volailles, en GAEC, dans l’Orne
    • Laurent PINATEL, porte parole de la Confédération Paysanne
    • Agnès ROUSSEAU, journaliste à Bastamag! qui animera/modèrera le débat

    Synopsis : Comment la viande est-elle devenue banale dans nos assiettes ? Un produit « comme les autres » ?
    En 2050, nous serons 9 milliards d’individus. Pour nous nourrir en viande, il faudra 36 milliards d’animaux d’élevage.  Épuisement des ressources naturelles, pollution, réchauffement climatique, la terre paie le prix. L’Homme aussi : obésité, cancers, diabète, résistance aux antibiotiques…. Élevages hors sol et viandes industrielles ont provoqué une rupture dans l’équilibre entre l’Homme, l’animal et la terre. La production fermière traditionnelle intégrée demeure la réponse adaptée aux défis de la faim dans le monde. Le film explore ces enjeux en s’adressant à tous les publics et en exaltant la vie au cœur de nos assiettes.

     

    Notre avis : Un pamphlet captivant et de bonne qualité, avec des séquences humoristiques et pédagogiques dessinées au crayon et de la bonne musique décalée. Des personnages simples et charismatiques, connus (Vandana Shiva, Olivier de Schutter, Pierre Rabhi) ou pas (l’agriculteur breton André Pochon) avec des discours inattendus. Tous les enjeux ALIMENTERRE sont mis en avant : accaparement des terres, dépendance vis-à-vis des importations, indépendance alimentaire, dumping au sud de viandes subventionnées au nord, problème de l’eau, mondialisation… Les points de vue sont variés, les données chiffrées illustrées et traitées intelligemment. Le virage d’une agriculture autonome vers des systèmes industriels (dont hors sol) est illustré à travers diverses filières de production animale : bovin, porc, volaille et la rencontre d’acteurs militants dans plusieurs pays aux modèles agricoles emblématiques (Brésil avec le soja, Inde avec la lutte pour la préservation de la biodiversité, le lisier en Bretagne, la grippe porcine au Mexique, la déforestation et les sans-terre au Brésil…). Par contre, si la parole est donnée à tous ces acteurs paysans, il manque peut-être l’interview des acteurs de l’agriculture « industrielle ». Certaines images dans les élevages et abattoirs sont dures à encaisser, mais cela reste un film grand public (même visible par des enfants) dont le contenu et la forme sont éducatifs, sans être rébarbatifs, et le message n’est pas pour autant manichéen : pas de discours culpabilisant pour les consommateurs de viande ni de prosélytisme pour devenir végétarien, le film invite simplement à repenser notre relation à l’alimentation et à être plus exigeants sur les conditions de production. Des solutions sont aussi présentées. Un très bon film, qui se pense à l’échelle mondiale, ce qui est aussi très important pour ne pas oublier que tout est lié et que nos actes de consommation ici ont des répercussions là-bas.

    MERCREDI 23 OCTOBRE Cultures en Transition de Nils Aguilar. A Cuba, en Angleterre, en France, la transition culturelle est en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. Le film donne à voir les alternatives répondant à la triple menace du changement climatique, de la raréfaction du pétrole et des crises économiques. Suivi d’un débat avec nos invités (liste non définitive)

    • Baptiste GRARD, ingénieur écologue travaillant sur le projet T4p avec l’INRA, AgroParisTech et Topager
    • Alain CANET, président de l’Association Française d’Agroforesterie
    • Laure pour le réseau des Villes en Transition

    Synopsis : A Cuba, en Angleterre, en France, la transition culturelle est en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. Le film donne à voir des alternatives répondant à la triple menace du changement climatique, de la raréfaction du pétrole et des crises économiques. Les solutions sont simples, modiques et écologiques. Du balcon-potager à l’agriculture nationale, elles favorisent les économies locales, les liens de voisinage, la résistance aux chocs extérieurs et la libre diffusion des savoirs. La transition n’est pas une révolution mais une évolution, inspirée de notre histoire. C’est un projet convivial à l’opposé de l’exploitation industrielle. L’agriculture y devient la clé de voûte de la culture.

     

    Notre avis : Film bien construit, agréable à regarder et positif, basé essentiellement sur des exemples très différents en Europe et à Cuba qui invitent à la réflexion sur la transition énergétique et la nécessaire relocalisation de l’économie et de la production agricole. Il introduit aussi plus globalement la question de la résilience des communautés et de l’autosuffisance alimentaire, ce qui est totalement d’actualité dans le contexte de crise économique en Europe. Plusieurs pistes d’alternatives sont présentées (permaculture, agro-foresterie…). Ce film est exactement dans la thématique ALIMENTERRE 2013, c’est une bonne base pour réfléchir sur les modes de production et de consommation au Sud comme au Nord, en lien avec le développement urbain notamment. L’exemple de la naissance du réseau « Villes en transition » valorise en plus les initiatives créatives autour de nouvelles dynamiques sociales et solidaires. Particulièrement adapté pour les lycées agricoles !

     

    SAMEDI 26 OCTOBRE Blue Marble Café de Hakan Julander. Dans un style humoristique et visuellement imaginatif, ce film explique comment obtenir un hamburger, de la bière ou des sushis. Film particulièrement adapté à un public jeune/adolescent. Les déportés du libre échange de Marie Monique Robin. L’Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA) promettait un développement des échanges commerciaux entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, dont les bénéfices irrigueraient toute l’économie pour le bien-être général. Seize ans après, le constat est amer. Suivi d’un débat sur l’accord de libre échange (Europe/USA) en cours de négociation, avec nos invités (liste non définitive) :

    • Marie Monique ROBIN, réalisatrice du film
    • Benjamin CORRIAT, co-président des Economistes Atterrés
    • Pierre Alain PREVOST, chargé de la campagne « envie de paysans » à la Confédération Paysanne
    • Pierre VUARIN, Fondation pour le Progrès de l’Homme, qui animera/modèrera le débat

    Synopsis : L’Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA) promettait un développement des échanges commerciaux entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, dont les bénéfices irrigueraient toute l’économie pour le bien-être général. Seize ans après, le constat est amer. L’ALENA a laminé l’agriculture mexicaine. Le Mexique a du démanteler le système qui permettait son autosuffisance. Le maïs américain, transgénique et subventionné, a inondé le pays, vendu trois fois moins cher que le « criollo » local. Trois millions de petits paysans ont rejoint les bidonvilles ou tenté leur chance comme clandestins aux Etats-Unis. La malnutrition, l’obésité et la pauvreté ont gagné du terrain.

     

    Bande annonce « Les déportés du libre échange » from M2R Films on Vimeo.

    Notre avis : Film clair, court et efficace sur les ravages du libre-échange sur les petits producteurs mexicains, qui aujourd’hui dépendent des importations et des transferts d’argent de leurs proches émigrés aux USA. Un bon cas d’école sur la nécessité économique et sociale de la souveraineté alimentaire. Le film est bien construit, riche en intervenants impliqués, les images belles et fortes. Le lien avec la crise de 2007-2008 est bien introduit. La mise à mort de l’agriculture locale mexicaine, l’homogénéisation des semences, l’importance des politiques publiques pour garantir la sécurité agricole, l’absurdité de produits subventionnés importés et revendus moins chers que des produits locaux, l’idée étrange d’« exporter des Mexicains et d’importer en échange des aliments »… Il pose en outre un débat complémentaire sur les migrations de travailleurs (exode rural, familles éclatées, immigration illégale) en présentant les causes et conséquences humaines, sociales et politiques, au Nord comme au Sud. Les discours états-uniens sans ambiguïtés sur le but final de l’ALENA donnent à réfléchir sur le rôle des citoyens et de la société civile… Le format court permet une projection-débat grand public suivie de vraies interventions de spécialistes. La durée et le format didactique conviennent bien à une projection scolaire.

     

    MERCREDI 30 OCTOBRE Taste the waste de Valentin Thurn. Au Japon, aux États-Unis, en Allemagne, en France, la majorité des produits alimentaires partent à la poubelle avant même d’avoir atteint un rayon de supermarché. Taste the waste dévoile les absurdités d’une logique économique de la surabondance et de l’extrême pauvreté. Suivi d’un débat avec nos invités (liste non définitive)

    • Thomas POCHER, président de Greentag
    • Bastien BEAUFORT, président de l’Association Disco Soup et Slow Food Bastille
    • Anne GORRY, chargée de mission Idf de l’association Les Petits Débrouillards

    Synopsis : Le scénario est le même au Japon, aux États-Unis, en Allemagne, en France. La majorité des produits alimentaires partent à la poubelle avant même d’avoir atteint un rayon de supermarché. Des pommes de terre trop grosses, des tomates pas assez rouges, des concombres pas assez droits… L’enquête menée pour le documentaire révèle que 45 kilos de denrées alimentaires partent à la benne, chaque jour, dans chaque filiale. Les produits sont parfaitement consommables, mais ne correspondent pas aux normes du supermarché. L’esthétique prime sur la nutrition. Taste the waste dévoile les absurdités d’une logique économique créant la surabondance d’un côté et l’extrême pauvreté de l’autre.

     

     

    Notre avis : La thématique du film colle très bien au Festival ALIMENTERRE : gaspillage de nourriture de notre assiette jusque dans les champs, en faisant le lien avec la faim dans le monde et les inégalités nord-sud et interpelle n’importe quelle personne, petite ou grande. Il est bien construit, les images sont bonnes et l’absence de voix-off fait du bien. Les 3-4 cartons avec des chiffres clés sont marquants. Il aborde le gaspillage en Europe (Rungis) et la comparaison avec les autres continents permet de relativiser. Le film pointe la responsabilité non seulement des industriels de l’alimentation ou des grandes surfaces, mais de chacun d’entre nous, et comment ce système prolonge une forme de colonisation rampante : l’accaparement des terres des pays du sud ou la production sur des terres arables de denrées qui ne concernent que les pays riches, aux exigences démesurées (fruits contre saison…). Il aborde aussi la question « comment nourrir les villes ». Son point fort c’est la proposition d’alternatives qui font suite à chaque dénonciation et critique de nos pratiques (date de péremption vs date optimale de consommation, ne plus acheter de promotions en grosse quantité…). Il offre donc des perspectives d’action possibles et différentes, en milieu urbain ou rural. La thématique globale (consommation responsable) est intéressante et cruciale. Bien que long-métrage, le film, conçu par séquence, pourra être facilement utilisé sur une seule partie par les animateurs et enseignants pour les séances scolaires.

     

    Adresse:
    Salle Jean Dame – 17 rue Léopold Bellan – Ligne 3 Métro Sentier
    75002 Paris
  • Réforme des rythmes scolaires : Courrier d’EELV 11e à Patrick Bloche, Maire du 11e

     

     

    Courrier de EELV 11e à Patrick Bloche, Maire du 11e arrondissement et à Mme Colombe Brossel Adjointe au Maire de Paris, chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative

     

     

     

    Monsieur le député-maire

    La réforme des rythmes scolaires a été votée avant l’été. Le choix a été fait de la mettre en œuvre dès cette rentrée. C’est un pari ambitieux, ce pari il faut le réussir dans l’intérêt des enfants.

    Europe Ecologie – Les Verts du 11e arrondissement (EELV 11e) a l’ambition  de contribuer au succès de cette réforme. Cela nécessite  la mise en place de moyens humains et financiers notamment ceux qui ont été décidés lors du vote en conseil de Paris  de l’aménagement des rythmes scolaires.  Cela nécessite également d’associer toutes les parties prenantes.

    Ce changement de rythmes rend nécessaire de multiples adaptations pour les enfants, leurs parents , les enseignants, les animateurs de vie péri scolaire, les associations impliquées  . Les informations qui nous parviennent des différentes écoles du 11° arrondissement  indiquent que des problèmes d’information , de coordination et d’organisation se posent.

    EELV 11e demande que la Mairie du 11e, en lien avec l’Hôtel de Ville , prenne l’initiative de la création d’un « comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires dans le 11e ».

    Ce comité réunissant des représentant/es de toutes les parties prenantes aura comme mission de réaliser un diagnostic partagé de la situation au plus près du terrain, une identification des problèmes les plus criants et la recherche en commun de solutions. Il doit rassembler des élu/es , des  parents (responsables de fédération de parents d’élèves et/ou représentants des élus des conseils d’école), des enseignants (directeurs/trices – inspecteurs de l’éducation nationale), des animateurs de vie péri scolaire et les associations impliquées , la-le responsable de la circonscription des affaires scolaires

     

    Vu l’urgence et l’importance de la situation, nous vous demandons que ce comité soit mis en place au plus tôt.

    Espérant que vous répondrez favorablement et rapidement à notre demande de création de « comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires dans le 11e »,  nous  vous prions de recevoir Monsieur le député-maire  nos sincères salutations

    Joëlle Morel  et François Petitit

    Co-secrétaires du groupe local EELV 11e

  • Place de la République : oui à l’univers piéton, mais pourquoi si lisse et minéral ?

    Place de la République : oui à l’univers piéton, mais pourquoi si lisse et minéral ?

     

     

     

     

     

    Notre porte-parole pour les élections municipales 2014, Christophe Najdovski, se réjouit de la piétonisation de la Place de La République, à cheval entre les 3e, 10e et 11e arrondissements. En même temps, il se déclare déçu que si peu de place ait été accordée à la végétation dans son aménagement.

     

    Sur une note plus positive, Jean-Marc Pasquet – conseiller régional EELV et militant du 11e arrondissement – se réjouit que le travail réalisé par les militants écologistes à l’occasion des municipales 2014  ait inspiré les urbanistes de la ville de Paris, pour ce qui est de la circulation piétonne, de l’unité de l’espace central, même si au final, la place est très peu végétalisée.

    Le post de Jean-Marc Pasquet sur son blog.

     

  • Urbanisme à Paris : la démocratie bâillonnée (Tribune dans le Figaro)

    Deux élus parisiens, deux responsables associatifs et un philosophe dénoncent collectivement le manque de concertation à Paris dans plusieurs grands projets d’urbanisme récents.

    À Paris, Roland-Garros traverse une crise profonde. Le projet d’étendre l’emprise du tournoi en saccageant le jardin des serres d’Auteuil suscite l’indignation des associations de défense du patrimoine et de l’environnement. L’extension souhaitée par la Fédération française de tennis et la Ville de Paris subit simultanément une inflation financière, des reports de calendrier en cascade et une grande fragilité juridique depuis l’annulation par le Tribunal de Paris de la convention liant la ville et la fédération. Dans ce fiasco en devenir, tous les acteurs se rejettent la responsabilité des premiers échecs.

    Comment expliquer une telle exacerbation du conflit ? Par la détérioration du dialogue. Depuis l’annonce des travaux, les associations ont contesté le choix de la Ville de Paris. Elles ont immédiatement proposé un déplacement hors de la capitale ou la réalisation locale d’un contre-projet, désormais chiffré à quelques 53 millions d’euros, consistant à couvrir une partie de l’autoroute A13, comme cela avait été envisagé lors de la candidature de Paris aux JO 2012.

    La Ville n’a jamais accepté d’étudier cette hypothèse, préférant déclencher une guerre juridique dont elle a perdu la première bataille. Si le contre-projet des associations avait été examiné avec sérieux et respect dès le départ, le dialogue aurait été maintenu et le recours aux tribunaux probablement évité.

    Ce refus de dialoguer, la Ville l’a réitéré depuis une décennie dans plusieurs chantiers emblématiques, telle le projet de la tour Triangle (15e arrondissement) ou la reconstruction des Halles en plein cœur de la capitale.

    Chacun apprécie avec sa subjectivité les composantes d’un projet urbain : par exemple, une canopée de 216 millions d’euros est-elle nécessaire pour recouvrir le nouveau ventre de Paris ? En revanche, seule la municipalité décide de la place qu’elle accorde aux habitants dans la conception future de leur propre territoire. Avec la Petite Ceinture, ancienne voie ferroviaire dont Réseau Ferré de France devrait prochainement céder l’usage aux Parisien(ne)s, la Ville avait cette année une opportunité extraordinaire (une cinquantaine d’hectares en plein Paris !) d’associer les habitant€s aux choix à effectuer : davantage de nature ? de transports en commun ? d’usages diversifiés ? des logements écologiques ? d’autres pratiques ? Le chantier était d’une incroyable richesse.

    Las, l’organisation d’une conférence de consensus a été refusée par la Ville, malgré un vote favorable du Conseil de Paris et un budget dédié de 80 000 euros. Maigre contrepartie : une concertation expresse a conforté en moins de deux mois les travaux de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR). Ni la Région, ni le Syndicat des transports d’Ile-de-France, ni les communes riveraines directement impactées n’ont été invitées aux conclusions de ces travaux.

    A Paris comme dans d’autres villes françaises, la démocratie participative ressemble ainsi à une coquille vide : un simple slogan électoral qui ne trompe aucun électeur. La capitale d’une grande démocratie se doit pourtant d’associer sereinement ses habitants aux décisions locales, avec patience et pédagogie, assurant ainsi sa dimension de Cité. Cela exige du temps. Cela réclame la reconnaissance du désaccord. Mais à terme, cela ne peut que renforcer la cohésion d’une population réactive et engagée.

    Depuis une vingtaine d’années, les responsables politiques disposent d’un outil remarquable : la Charte de la concertation proposée en 1996 par le Ministère de l’Aménagement, du Territoire et de l’Environnement. Cette charte propose une boîte à outils simples et efficaces pour organiser localement une concertation large, transparente, indépendante, attractive et féconde. Son but est simple : convaincre que la concertation n’est pas qu’une nécessité procédurale, mais bien le meilleur moyen pour améliorer la qualité des projets d’urbanisme, en enrichissant le point de vue des pouvoirs publics et des maîtres d’ouvrage. Hélas, presque vingt ans plus tard, la charte sommeille toujours dans les placards des administrations locales.

    Demain va se construire le Grand Paris, une métropole composite qui devra relever les défis climatiques et énergétiques du 21e siècle mais aussi inventer des territorialités inédites pour l’action politique. Les futurs projets d’urbanisme franciliens seront à la fois sobres en énergie, économes en deniers publics, adaptés aux attentes des habitant/es et démocratiques dans leur mise en oeuvre. Des objectifs aussi ambitieux ne pourront être tenus qu’en associant effectivement et efficacement les Parisien(ne)s et leurs voisin(e)s.