Catégorie : Actualité

  • Urbanisme à Paris : la démocratie bâillonnée (Tribune dans le Figaro)

    Deux élus parisiens, deux responsables associatifs et un philosophe dénoncent collectivement le manque de concertation à Paris dans plusieurs grands projets d’urbanisme récents.

    À Paris, Roland-Garros traverse une crise profonde. Le projet d’étendre l’emprise du tournoi en saccageant le jardin des serres d’Auteuil suscite l’indignation des associations de défense du patrimoine et de l’environnement. L’extension souhaitée par la Fédération française de tennis et la Ville de Paris subit simultanément une inflation financière, des reports de calendrier en cascade et une grande fragilité juridique depuis l’annulation par le Tribunal de Paris de la convention liant la ville et la fédération. Dans ce fiasco en devenir, tous les acteurs se rejettent la responsabilité des premiers échecs.

    Comment expliquer une telle exacerbation du conflit ? Par la détérioration du dialogue. Depuis l’annonce des travaux, les associations ont contesté le choix de la Ville de Paris. Elles ont immédiatement proposé un déplacement hors de la capitale ou la réalisation locale d’un contre-projet, désormais chiffré à quelques 53 millions d’euros, consistant à couvrir une partie de l’autoroute A13, comme cela avait été envisagé lors de la candidature de Paris aux JO 2012.

    La Ville n’a jamais accepté d’étudier cette hypothèse, préférant déclencher une guerre juridique dont elle a perdu la première bataille. Si le contre-projet des associations avait été examiné avec sérieux et respect dès le départ, le dialogue aurait été maintenu et le recours aux tribunaux probablement évité.

    Ce refus de dialoguer, la Ville l’a réitéré depuis une décennie dans plusieurs chantiers emblématiques, telle le projet de la tour Triangle (15e arrondissement) ou la reconstruction des Halles en plein cœur de la capitale.

    Chacun apprécie avec sa subjectivité les composantes d’un projet urbain : par exemple, une canopée de 216 millions d’euros est-elle nécessaire pour recouvrir le nouveau ventre de Paris ? En revanche, seule la municipalité décide de la place qu’elle accorde aux habitants dans la conception future de leur propre territoire. Avec la Petite Ceinture, ancienne voie ferroviaire dont Réseau Ferré de France devrait prochainement céder l’usage aux Parisien(ne)s, la Ville avait cette année une opportunité extraordinaire (une cinquantaine d’hectares en plein Paris !) d’associer les habitant€s aux choix à effectuer : davantage de nature ? de transports en commun ? d’usages diversifiés ? des logements écologiques ? d’autres pratiques ? Le chantier était d’une incroyable richesse.

    Las, l’organisation d’une conférence de consensus a été refusée par la Ville, malgré un vote favorable du Conseil de Paris et un budget dédié de 80 000 euros. Maigre contrepartie : une concertation expresse a conforté en moins de deux mois les travaux de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR). Ni la Région, ni le Syndicat des transports d’Ile-de-France, ni les communes riveraines directement impactées n’ont été invitées aux conclusions de ces travaux.

    A Paris comme dans d’autres villes françaises, la démocratie participative ressemble ainsi à une coquille vide : un simple slogan électoral qui ne trompe aucun électeur. La capitale d’une grande démocratie se doit pourtant d’associer sereinement ses habitants aux décisions locales, avec patience et pédagogie, assurant ainsi sa dimension de Cité. Cela exige du temps. Cela réclame la reconnaissance du désaccord. Mais à terme, cela ne peut que renforcer la cohésion d’une population réactive et engagée.

    Depuis une vingtaine d’années, les responsables politiques disposent d’un outil remarquable : la Charte de la concertation proposée en 1996 par le Ministère de l’Aménagement, du Territoire et de l’Environnement. Cette charte propose une boîte à outils simples et efficaces pour organiser localement une concertation large, transparente, indépendante, attractive et féconde. Son but est simple : convaincre que la concertation n’est pas qu’une nécessité procédurale, mais bien le meilleur moyen pour améliorer la qualité des projets d’urbanisme, en enrichissant le point de vue des pouvoirs publics et des maîtres d’ouvrage. Hélas, presque vingt ans plus tard, la charte sommeille toujours dans les placards des administrations locales.

    Demain va se construire le Grand Paris, une métropole composite qui devra relever les défis climatiques et énergétiques du 21e siècle mais aussi inventer des territorialités inédites pour l’action politique. Les futurs projets d’urbanisme franciliens seront à la fois sobres en énergie, économes en deniers publics, adaptés aux attentes des habitant/es et démocratiques dans leur mise en oeuvre. Des objectifs aussi ambitieux ne pourront être tenus qu’en associant effectivement et efficacement les Parisien(ne)s et leurs voisin(e)s.

  • De plus en plus de preuves sur la nocivité des ondes électromagnétiques

    De plus en plus de preuves sur la nocivité des ondes électromagnétiques

    Un nouveau rapport du groupe de travail BioInitiative 2012 montre que les preuves des risques pour la santé que font encourir les ondes électromagnétiques et technologies sans fil se sont accrues depuis 2007. Le rapport passe en revue 1800 nouvelles études scientifiques. Les utilisateurs de téléphones portables, les futurs parents, les jeunes enfants et les femmes enceintes sont exposés à un risque particulier.

    « Les études montrent qu’il existe un risque accru avéré de développer un gliome (tumeur cérébrale maligne) » dit Lennart Hardell, Docteur à l’Université d’Örebro, en Suède. « L’épidémiologie montre que les ondes devraient être classées comme cancérigènes pour les humains. Les limites fixées par la FCC/IEE et l’ICNIRP ne sont aucunement adéquates pour protéger la Santé Publique ».
    Une douzaine de nouvelles études lient les radiations du téléphone mobile aux dommages causés au sperme. Un téléphone dans la poche ou à la ceinture nuit à la qualité spermatique, ceci résulte en une malformation des spermatozoïdes, et provoque un abaissement de la fertilité masculine. Les ordinateurs avec connexion Internet en Wi-Fi provoquent une altération de l’ADN des spermatozoïdes.

     

    Il y a de fortes preuves que les ondes augmentent de façon sensible le développement de l’autisme et ses symptômes.  « Même si les recherches sont toujours en cours, Il est urgent d’abaisser les seuils d’exposition aux ondes et aux technologies sans fil que ce soit pour les personnes atteintes d’autisme, les enfants de tous âges, les futurs parents, et durant la grossesse » dit le Dr Martha Herbert.

    Les appareils sans fils tels que téléphones et ordinateurs portables utilisés par les femmes enceintes peuvent altérer le développement cérébral de leurs fœtus. Ceci a été démontré dans deux groupes d’études sur les animaux et les humains, concernant l’hyperactivité, les problèmes d’apprentissage et de comportement.

    D’après le Dr David O. Carpenter, co-éditeur du rapport 2012 : « Nous avons dorénavant beaucoup plus de preuves concernant les risques sanitaires qu’encourent des milliards de personnes à travers le monde ».

    Cette étude couvre les ondes provenant de lignes électriques, des câbles électriques, des appareils électriques manuels, et des technologies sans-fil (téléphones cellulaires et sans fil d’intérieur, antennes relais, compteurs « intelligents », Wi-Fi, ordinateurs sans-fil, routeurs sans-fil, babyphones, et autres appareils électroniques). Les sujets couverts comprennent les dommages causés à l’ADN et aux gènes, les effets sur la mémoire, l’apprentissage, le comportement, l’attention, les problèmes de sommeil, le cancer et les maladies neurologiques telle que la maladie d’Alzheimer. Il est urgent de promulguer de nouveaux standards de sûreté afin de se protéger contre les expositions aux ondes qui sont désormais omniprésentes.

     

    Pour l’association nationale de Robin des Toits, les pouvoirs publics doivent enfin mesurer l’urgence de la situation.

    Une proposition de loi sur l’abaissement de l’exposition aux champs électromagnétiques sera présentée à l’Assemblée Nationale à la fin du mois de Janvier 2013 ; il faut limiter l’exposition du public à 0,6 V/m comme le demande le Conseil de l’Europe par la Résolution 1815 du 27 Mai 2011, préserver la santé des enfants et des femmes enceintes et reconnaître l’électrohypersensibilité.

     

    En attendant, le dossier de l’antenne du 107 avenue Parmentier (entre une école primaire et une école maternelle) devrait être examiné dans le courant du mois de Mars lors d’une concertation renforcée entre la Ville et l’opérateur Free. Des recours ont été déposé contre l’autorisation de début des travaux. Pour plus d’informations, voir le site des parents du 111.

     

    Le rapport BioInitiative 2012 est disponible sous www.bioinitiative.org dès le 7 janvier 2013 (version anglaise)

     

    Merci à Déborah pour cet article, d’abord publié sur le site des éco-coopérateurs.

  • Intervention du groupe local EELV Paris XIe au compte rendu de mandat 2012 de Patrick Bloche, député-maire du XIe arrondissement

    Intervention lors de la séance de question du compte-rendu de mandat de Patrick Bloche, lundi 25 février

    Bonsoir Monsieur le Député-Maire ,

    Je suis Joëlle Morel, habitante du quartier Oberkampf. Mais ce soir, c’est au nom de Europe Ecologie les verts 11ème que je prends la parole.

    Nous sommes très préoccupés par la façon dont est géré le projet de réaménagement du terrain de sport 53 boulevard de Ménilmontant qui suscite des réserves, des critiques et une opposition de nombreux habitants/es du XIe qui estiment à juste titre ne pas avoir été suffisamment consultés. Ils sont inquiets d’une part de la disparition pure et simple d’un jardin partagé, et d’autre part des modalités d’accès au futur terrain de sport. Ce projet prévoit la création en particulier de 80 logements, d’un gymnase, et la création en sous sol d’un centre de valorisation d’apport des encombrants.
    Le calendrier de ce projet est le suivant : autorisation du permis de construire au 2ème trimestre 2015, début des travaux au 2ème trimestre 2016 , pendant 22 mois , livraison des logements et des équipements public 2ème trimestre 2018.

    Nous avons donc le temps pour améliorer ce projet.
    Ce projet doit en effet être une opération exemplaire sur le plan du développement de la bio diversité à Paris, de la sobriété énergétique et sur la concertation avec les habitant/es, conditions indispensables pour garantir sa réussite et son acceptation par les usagers. Un questionnaire fermé que vous avez envoyé aux habitant/es , et auquel 216 personnes seulement ont répondu ne correspond pas du tout à l’idée que nous nous faisons de la concertation et de la démocratie participative .

    Les élu/es EELV parisien ont demandé des améliorations à la délibération au Conseil de Paris des 10 et 11 février dernier. Nous demandions:

    1. qu’un jardin partagé soit aménagé sur les toits du gymnase, comme cela a été fait sur le gymnase de la rue des haies dans le XXe. Je rappelle d’ailleurs que Paris a décidé de créer 15 jardins sur les toits d’ici 2020 ! pourquoi le 11ème n’est-il pas retenu?
    2. la création d’un atelier d’urbanisme avec les riverains, les usagers , les jeunes qui fréquentent régulièrement le terrain de sport, les conseils de quartier, les habitant/es du XIe et du XXe qui sont attachés aussi cette parcelle , les associations, les établissements scolaires et les services de la ville. Les ateliers d’urbanisme, animés par des professionnels indépendants permettent d’affiner les différents scénarios d’aménagement, de débattre, de recueillir les usages et l’expertise des habitant/es et d’aider à la réappropriation des nouveaux espaces. Pourquoi rejeter ainsi la parole et la participation des habitant/es dans le 11ème ?

    Toutes ces demandes ont été rejetées par la majorité PS du Conseil de Paris. La délibération prévoit : une concertation, avec les habitants sans que ses modalités soient précisées. Il ne suffira pas de dire que les futurs usagers ont choisi entre un terrain de tennis ou un terrain de football pour le TEP, pour faire croire à une véritable participation des habitant/es de l’est parisien.
    Le passage d’un terrain de sport ouvert à la construction d’un gymnase fermé est loin de faire l’unanimité parmi les usagers. Nous avons tous en tête les difficultés du gymnase Berlemont, rue de l’ Orillon .Nous ne pouvons pas faire la même erreur 10 ans plus tard !
    Monsieur le Député Maire, les attentes de participation des habitant/es du 11ème aux différents projets urbains sont vives. Certain/es sont d’ailleurs déjà en route concernant par exemple la demande de création de cinq Maisons d’habitant/es dans le 11ème.

    Un nouveau souffle de participation est indispensable pour prendre réellement en compte les attentes et les besoins des habitant/es du 11ème.
    Monsieur le Député Maire, EELV 11ème vous demande de nous présenter dès à présent les modalités concrètes de
    concertation et son calendrier.

     

    Réponse de M. François Vauglin, adjoint à l’urbanisme

    Suite à l’intervention de Joëlle Morel , co-secrétaire du groupe local EELV 11ème, Patrick Bloche a demandé à François Vauglin, adjoint à l’urbanisme de répondre .
    François Vauglin a présenté succinctement l’ensemble du projet de réaménagement de la parcelle sans répondre à la question du jardin sur le toit, ni de la concertation avec les habitant/es.

  • Cécile Duflot répond aux militant-e-s de l’Est Parisien

    Cécile Duflot répond aux militant-e-s de l’Est Parisien

    En décembre dernier, Cécile Duflot venait à la rencontre des actrices et acteurs de l’économie sociale et solidaire dans notre quartier.  A cette occasion, elle a accepté de répondre à nos questions sur le logement, la précarité et aussi sur la richesse potentielle que représente ce territoire de l’Est Parisien dont les 20è et 11è arrondissements sont au cœur.

    Les loyers à Paris sont très élevés,  ici dans les 11è et 20è qui sont des arrondissements de tradition populaire, les prix au m2 ont beaucoup augmenté et la mixité sociale en pâtit.  Beaucoup de familles françaises consacrent près de la moitié de leur budget au logement, que penses-tu faire ?

    Le loyer est souvent la première contrainte qui pèse sur le pouvoir d’achat des Français-e-s. Les chiffres de 2010 nous montrent qu’un-e locataire du parc privé* sur cinq dépense plus de 40 % de ses revenus pour se loger.  Je prends donc la question du loyer très au sérieux.  Et c’est pourquoi j’ai souhaité un décret dès mon arrivée au ministère, pour encadrer les loyers à la relocation.  J’estime que c’est une mesure que tous les gouvernements successifs depuis 1989, date de la loi actuelle, auraient pu et dû prendre.

    Ce n’est qu’un premier pas.  Je veux aller plus loin pour encadrer les loyers et les faire baisser dans les zones tendues. J’y travaille et je présenterai un projet de loi au premier semestre 2013.  Le 11e et le 20e sont des arrondissements qui présentent une forte demande pour des jeunes familles, ce qu’il faut préserver.  Il y a donc une réflexion particulière à avoir sur le parcours de logement des familles dans la mesure où le seuil du 2e enfant oblige souvent les familles à déménager en 1ère couronne.

    C’est pour travailler sur des éléments concrets, qu’ avec mon équipe, nous avons lancé mi-décembre un réseau national d’observatoires des loyers. D’abord sur 17 sites pilotes, dont l’agglomération parisienne, avant une généralisation à tout le territoire national dès 2013.  A terme, un tel dispositif permettra d’améliorer l’information du public et de disposer d’une connaissance du marché locatif précise et homogène sur l’ensemble du territoire.  C’est ce qui nous permettra de cibler plus finement les politiques publiques de logement.

    Souvent les choses n’avancent pas parce que tout le monde s’y perd, ce qui autorise aussi les dérives ! J’ai souhaité que soit dressé un état des lieux des informations disponibles et que soit proposée une méthodologie de référence des loyers qui soit incontestable et validée par l’État.

    Le nouveau réseau d’observatoires locaux que nous avons mis en place permettra la collecte et le contrôle de données sur l’ensemble du parc locatif privé : niveau des loyers, évolution et écarts selon les régions. C’est grâce à ces connaissances que nous pourrons mener une politique du logement efficace.  Cela intéresse à la fois l’État, les collectivités locales, les organismes d’HLM et les opérateurs privés, mais ce qui me préoccupe avant tout, c’est que les consommatrices/teurs puissent obtenir des réponses à leurs interrogations grâce des outils de référence fiables.

    *Parc privé = 6,6 millions de ménages

     

    La crise économique inquiète et a des conséquences parfois dramatiques entraînant certain-e-s vers la rue. Que propose le gouvernement pour aider les personnes sans logement ?

    A l’issue de la conférence contre la pauvreté, qui s’est déroulée en décembre dernier, le Premier ministre Jean Marc Ayrault a annoncé un certain nombre de mesures pour l’année 2013.  C’est une première étape dans l’élaboration du plan que le gouvernement va mettre en œuvre pour lutter contre la pauvreté et venir en aide aux plus démuni-e-s.

    Pour ce qui relève de mon ministère, le logement et l’hébergement,  les engagements que j’ai obtenus représentent un effort budgétaire exceptionnel de 142 millions d’euros, qui viendront s’ajouter au budget prévu pour 2013.

    Mon souhait est que nous puissions assurer une continuité de prise en charge, une égalité de traitement et un accueil inconditionnel.  Je l’ai dit, les difficultés d’hébergement ne s’arrêtent pas avec l’hiver.

    De plus en plus de personnes se retrouvent en situation de précarité.  Les femmes, qui cumulent souvent emploi précaires et gestion de familles monoparentales, sont particulièrement touchées.  C’est pourquoi en 2013, ce seront 9 000 places d’hébergement d’urgence que nous allons créer ou pérenniser, en vue notamment d’une sortie du dispositif hivernal cohérente et organisée.

    Un programme de création de logements à bas niveau de loyer va donc être lancé, en plus du développement de l’offre de logements locatifs sociaux et la construction de logements adaptés pour les personnes ayant un besoin d’accompagnement social.

    Pour la mise en œuvre de ces actions, je souhaite que nous continuions à travailler étroitement avec les associations.   Ce sont elles qui connaissent le terrain et nous permettent de nous adapter à chaque situation selon son contexte.  Car le déficit de logement va rarement seul.  C’est une problématique que nous connaissons bien dans le 20è, arrondissement solidaire, et dans lequel nous pouvons compter sur un réseau d’associations très actives telles que Emmaüs Habitat ou l’association Solidarité Nouvelles pour le Logement.  Fin novembre, je me suis par exemple rendu au FIT – association une femme un toit – pour y rencontrer des jeunes femmes en situation de réinsertion par le logement, l’emploi et l’accompagnement psychologique et juridique.   Dans le projet écologiste tel que je le conçois, cette dimension sociétale et la transversalité des solutions telles qu’elles sont portées par le FIT, et par nombreuses autres associations, sont des modèles incontournables.

    Pour ce qui est du droit au logement opposable.  En particulier dans les zones tendues comme Paris.  Nous rencontrons des difficultés de mise en œuvre que le gouvernement veut résoudre.  Un plan d’urgence sera lancé afin de reloger 15 000 ménages supplémentaires reconnus prioritaires au titre de la loi DALO.  C’est un dossier sur lequel j’ai déjà beaucoup œuvré en tant qu’élue à la région Ile de France et qui fait partie de mes priorités en tant que Ministre.

    Enfin, parce que ce sont pour beaucoup des petit-e-s propriétaires qui louent leurs biens, je travaille sur un système de garantie universelle des risques locatifs, qui permettrait de sécuriser et d’apaiser les rapports entre locataires et propriétaires.

    Longtemps vu comme la « périphérie » de Paris, le 11e et le 20ème arrondissements se retrouvent liés au sein d’un nouveau territoire situé des deux côtés du périphérique : l’Est Parisien.  Ce bassin de vie peut-il à ton avis devenir un laboratoire du vivre ensemble ?

    Le territoire auquel tu te réfères correspond à une histoire et une géographie communes.Une tradition populaire d’ouvrier-e-s et d’artisan-e-s mais aussi une tradition d’accueil et d’intégration de populations de toutes origines. Cette identité se traduit par une grande solidarité et une vie associative et culturelle foisonnantes. Il y donc une véritable logique pour le 11e et le 20è à s’affranchir des découpages administratifs pour se développer à partir de ce qu’ils partagent avec les arrondissements mais aussi les villes limitrophes : Montreuil, Bagnolet ou les Lilas. D’ailleurs c’est déjà une réalité puisqu’il y a aujourd’hui plus de déplacements quotidiens entre le 20e et Montreuil qu’entre le 20e et ses arrondissements limitrophes ! Et cela va s’accentuer avec l’arrivée du tramway réclamé de longue date par les écologistes.

    Les habitant-e-s de nos quartiers sont amenés à effectuer des navettes domicile-travail toujours plus longues.  Je souhaite limiter les migrations et recentrer les bassins d’emplois autour des zones d’habitation. C’est dans cette optique que je défends non pas seulement un Grand Paris des Affaires, mais aussi et surtout un Grand Paris des Habitant-e-s : le territoire n’est pas seulement celui que l’on habite mais aussi celui qu’il faut parcourir pour travailler. C’est l’esprit des projets de territoires qui sous-tend mon action pour la métropole parisienne.

    Alors pour répondre à la question « le 20è laboratoire du vivre ensemble? »  vous le savez j’aime mieux faire que dire, et livrer des solutions concrètes, donc j’enlèverais volontiers le terme laboratoire.  Collaborer, désenclaver, rééquilibrer les financements locaux, ce sont des chantiers que j’ai commencé à mettre en œuvre, notamment à travers la politique du logement et de gestion de la précarité, c’est sur ce terrain que je souhaite continuer à donner des preuves.

    Propos recueillis par Chris Blache et Frédéric Guerrien, (EELV Paris 20eme, cf. http://paris20.eelv.fr)