C’est un privilège rare quand on y pense. Et pourtant, c’est à portée de main, si on s’organise entre voisins ou dans un petit collectif.
Je suis arrivé à Paris il y a près de 12 ans. Ce qui me nourrit ici, c’est le bouillon de culture et de gens. J’ai rencontré plein de personnes chouettes avec qui discuter, certes pas dans les rames de métro à l’heure de pointe, bondées.
Je débarquais de province après un premier poste en Normandie. Mes collègues à Nanterre étaient globalement jeunes, et mes collègues plus âgés très jeunes dans leur tête, très ouverts et prêt à sortir, à partager. J’ai travaillé sur des projets urbains dans le 92. Mon domaine c’est l’aménagement du territoire. Ensuite, j’ai bossé dans le 93. Plus récemment, j’ai terminé le tour du cadran pour travailler, dans le 94, sur la gestion des eaux de pluies. C’est poétique, non ?
J’ai connu Paris à vélo en débordant, dès que je pouvais, du périph’, pour explorer. J’ai tracé ma carte mentale et connecté les points du métro qui aident beaucoup quand on arrive pour se repérer. Le week-end, j’ai arpenté l’île de France, avec des escapades de gare en gare pour randonner à pied ou à vélo.
C’était pour le plaisir mais j’avais aussi besoin de comprendre comment tout cela fonctionnait. Une métropole si grande engendre une ségrégation spatiale hors du commun, ça m’a toujours révolté. La lecture des lieux, histoire, sociologie et paysages me permettaient de comprendre, de penser comment on pourrait l’améliorer. Pour voyager sans bouger, mon conseil de lecture serait les « Quinze promenades sociologiques » des Pinçon Charlot, qui conte l’histoire de quartiers du Paris d’hier et d’aujourd’hui. On y apprend que le 11e, avant de s’embourgeoiser, était un haut lieu de l’artisanat et de l’industrie, confection, ameublement, métallurgie, pour en citer.
Je vis dans cet arrondissement depuis 6 ans mais c’est seulement depuis une poignée d’années que je me sens du quartier, ça prend du temps pour s’ancrer. Jusque-là Paris, pour moi, c’était tout Paris, voire le grand Paris, ou même une ville de départ qui permet facilement de prendre des trains pour voyager. C’est une ville monde, dans lesquels les évènements ont un retentissement large, je pense à Charlie, au Bataclan. Une ville dans laquelle manifester signifie faire entendre sa voix pour les causes nationales ou du monde entier. Bref, un endroit des possibles pour militer mais dans laquelle il est plus difficile de trouver des points d’accroches pour s’investir dans la vie de quartier. Finalement, je pense que ce sont les commerces, de parler avec mes voisins pendant le confinement et des rencontres dans des lieux associatifs et culturels qui m’ont permis, au fil du temps, de me sentir du quartier.
Je fais partie d’un petit groupe d’AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) basé dans le 11e. Le principe est simple, on passe un contrat direct avec des agriculteurs pour des livraisons de légumes toutes l’année. On paye à l’avance pour que les producteurs bénéficient d’une avance de trésorerie et d’une visibilité sur ce qu’ils doivent planter. En contrepartie, nous payons moins cher nos légumes bio car il y a zéro intermédiaire, c’est direct de la fourche à la fourchette.
C’est aussi un contrat de confiance que l’on a passé avec Cédric et Sophie, les fermiers d’Héricourt-sur-Therain. On a eu la chance de les rencontrer lors de leur installation en 2019 et de topper avec eux pour leur assurer un débouché. Dans ce contrat, il y a aussi une notion d’entraide et de solidarité. Les amapien·nes soutiennent la ferme en cas de coup dur (aléas météo, maladies…) et inversement, nous pouvons recevoir des surplus si les récoltes ont été très bonnes. Une fois par an, nous allons leur donner un coup de main. On va planter ensemble les jeunes pousses sur les planches de maraîchage, de longues allées de buttes préparées. Cela peut aussi être du désherbage autour des carottes ou de la récolte des oignons. On se rend compte des contraintes et de la complexité du métier, on apprécie le travail en plein air, on connaît la joie de récolter. Évidemment, on en profite pour boire un coup et manger.
L’idée est aussi de créer des liens, je connais désormais mes voisins. On s’organise à tour de rôle pour effectuer les distributions. On est hébergé le mardi soir à la Trockette. C’est un lieu associatif très convivial. Il a beaucoup contribué à me faire sentir que j’étais du quartier. Nous faisons en sorte que nos surplus soient laissés à la cuisine et nous avons établi un système de dons pour que la cuisinière puisse commander directement des légumes aux fermiers. C’est notre contribution pour faire tourner la cuisine solidaire du lieu qui nourrit tous les midis les gens du quartier, avec une fraction de repas « suspendus » c’est-à-dire gratuit pour ceux qui en ont besoin.
L’enjeu, ce serait évidemment d’étendre ce fonctionnement au plus grand nombre. Les acteurs sociaux se sont déjà saisis de la question. Il y a plusieurs Amap de Paris situées dans des centres sociaux et culturels, voire des antennes de la CAF, avec un soutien financier pour permettre à tou·tes d’accéder à ces paniers. Mais on pourrait aller plus loin avec le projet de sécurité sociale alimentaire (SSA), qui vise à renverser l’idée d’une aide alimentaire vers l’idée d’un droit universel.
Exactement comme la sécurité sociale, pour laquelle chacun cotise selon ses moyens, et qui garantit à tou·tes un droit à être soigné, la SSA vise à garantir un droit bien manger. D’autant plus que l’alimentation est la première des préventions santé. Dans le projet de SSA, il y a aussi la volonté de redonner aux citoyens le pouvoir de sélectionner et donc de connaître les producteurs et les filières auprès desquels ils vont s’approvisionner.
On voit comment les villes pourraient jouer un rôle important pour retisser leur rapport avec les territoires qui nous nourrissent. Une politique agricole et d’alimentation qui pourrait soutenir l’agriculture paysanne, biologique en circuit court, une agriculture intensive en main d’œuvre et qui préserve la santé des agriculteurs et des riverains, qui prend soin de la biodiversité, de l’eau et des sols. Tout l’inverse finalement des politiques nationales qui favorisent aujourd’hui l’agriculture polluante et les groupes agroalimentaires qui nous vendent des produits transformés, dont on ne connaît plus la provenance.
Une autre chose qui me nourrit c’est la danse. Dire que c’est la danse contemporaine soulève rapidement un imaginaire élitiste et barré, qui ferait de moi un bobo du 11e complet. C’est vrai que c’est socialement situé, mais la danse est universelle, et rassurez-vous, il s’agit surtout de bouger, de connaître son corps, de l’éprouver, de transpirer. Parfois je m’amuse à me dire que tous ces gens qui courent, dans Paris, recherchent ça, aussi. Ils dansent, ils traversent l’espace, ressentent l’air sur leur peau, ils jouent une pièce, parfois en groupe, chorégraphiée, mais ils ne le savent pas. Dans le métro, je dirais, malheureusement, que c’est plus subi et moins coordonné. Il y a pourtant du potentiel, pour voir dans nos troupeaux, un peu comme dans le ciel, des ballets d’étourneaux.
J’ai découvert sur le tard la danse, à mes 33 ans mais j’ai beaucoup pratiqué ces dernières années, je me suis même mis à mi-temps pour suivre une formation intensive, tout en continuant des projets amateurs le week-end pour remonter des pièces ou en créer. Je n’étais pas loin des 20 heures semaine pendant deux années. Aujourd’hui je suis revenu à un rythme plus compatible avec la nécessité de manger.
Au-delà du plaisir immédiat de danser, la grande découverte, c’est la connaissance de son corps qui ne cesse de s’approfondir et se développer, comme si un monde intérieur s’ouvrait. Comme on apprend à écrire, main droite, main gauche, on apprend à utiliser son dos, ses côtes, ses hanches, son regard, ses pieds. On développe l’expression en même temps que l’on développe la sensation. Je suis sûr que beaucoup de personnes peuvent ça dans le sport ou d’autres pratiques, mais je pense qu’en danse la perception est poussée à un stade très avancée.
On se dit rapidement que ça devrait faire partie intégrante de notre apprentissage obligé, avec ce corps qui nous accueille toute notre vie, avec lequel on doit composer. Il y a aussi le rapport à l’espace, à l’autre, à la musicalité. De manière générale, cette discipline rassemble une activité physique avec une part de créativité. Que ce soit la danse ou autre, pour son bien-être physique et mental, il me paraît essentiel que chacun puisse avoir accès à une activité sportive ou culturelle dans son quartier.
En douze ans, j’ai vu Paris changer. Il y deux ans, lors d’une grande traversée, je me suis dit que ça, y est, la place de la voiture était plus mesurée. J’étais à vélo, au calme, je pouvais m’arrêter, discuter avec les piétons qui flânaient si je voulais. Le mot qui m’est venu à l’esprit, c’est convivialité. L’été dernier, magique, je me suis carrément baigné devant l’île Saint Louis avant de filer au taff. Plus récemment, voir tous les enfants en retard, dévaler, le sourire aux lèvres et avec leurs leur parents la rue Duranti qui a été piétonnisée m’a beaucoup réjoui. Il se passe quelque chose ici.
*Réseau AMAP Île-de-France :Si ça vous dit, le réseau des AMAP Ile de France est là pour mettre en lien les producteurs avec un groupe de citoyen
Je vis à Paris depuis que je suis toute petite. Très tôt, j’y ai découvert ce qui allait devenir mon fil d’Ariane : l’art et le partage, grâce à notre ville riche en culture et en histoires.
Naturellement, j’ai poursuivi mes études dans ces deux champs qui me permettent d’exprimer pleinement ma créativité et de répondre à des besoins concrets : le design et l’architecture intérieure. J’ai étudié à l’École Camondo, un lieu d’exigence et de réflexion, où j’ai appris à penser l’espace comme un outil d’usage et d’hospitalité autant qu’esthétique.
Pendant mes études, j’ai participé à de nombreux concours. C’est là que j’ai réellement appris à travailler autrement : assembler, recycler, transformer. Faire avec ce qui existe déjà (les savoir-faire et les matériaux).
Tout a commencé avec la Light Brick, un luminaire réalisé à partir de chutes de cuir et de papier recyclé. Puis j’ai découvert Fibois une association qui fédère les acteurs régionaux de la filière forêt-bois et design ainsi que La Fabrique Pointcarré, atelier d’insertion qui produit des objets créatifs en réemploi.
Ces structures montrent que récupérer n’est pas une contrainte, mais un véritable moteur de création.
Suite à leurs concours J’y ai développé plusieurs projets, qui ont été exposés pendant les Paris Design Week 2024 et 2025 :un skateboard fabriqué à partir de planches usées récupérées par la boutique Snowbeach dans notre quartier du 11e, ou encore une lampe en parquet recyclé.
Pour le parquet, tout a été possible grâce à La Maison du parquet dans le 11e et La Parqueterie Nouvelle dans le 20e qui ont choisi de donner plutôt que de jeter, de penser le réemploi avant de déposer à la déchetterie. Des gestes modestes, mais puissants qui ont été soutenus par Alexandre Viscontini à la Mairie du 11e.
Aujourd’hui, je suis dessinatrice et conductrice de travaux, spécialisée dans les projets hospitaliers à Paris. Des lieux essentiels, où l’architecture et le design impactent directement l’hospitalité. C’est concevoir des espaces fonctionnels, sûrs, durables, mais surtout profondément humains.
Ces expériences m’ont appris une chose essentielle : le design et l’architecture ne servent pas qu’à produire toujours plus, mais à révéler ce qui existe déjà, et à redonner de la valeur à la matière et du sens à nos manières de créer et de consommer. Pour moi, créer, c’est mettre la créativité au service d’un besoin réel, humain et collectif.
Mon parcours commence dans une banlieue coincée entre Les Mureaux et Mantes-la-Jolie, où j’ai vécu jusqu’à 11 ans. Le passage aux collèges et lycées de Versailles a été un électrochoc : face aux inégalités sociales criantes et au conservatisme ambiant, j’ai compris très tôt qu’un adolescent gay en recherche de lui-même devait trouver d’autres espaces pour s’épanouir.
Ce choc a forgé mes engagements : certains territoires excluent, d’autres accueillent. J’ai choisi mon camp.
Depuis 20 ans, je vis dans l’est parisien, à Ménilmontant depuis 6 ans. Le 11e est devenu mon territoire, celui où l’on peut vivre sans se renier, loin des discriminations quotidiennes. Mais rien n’est jamais gagné ! Les attaques récemment subies par certains lieux LGBT+ de notre arrondissement, et en particulier le Merci Marsha, l’ont prouvé.
Mon engagement s’est d’abord construit dans le syndicalisme, à la CGT puis chez Solidaires. Aujourd’hui, j’ai la chance de matérialiser mon engagement via mon travail salarié : j’anime les instances nationales de la Confédération paysanne, où je suis aussi chargé des dossiers relatifs aux crises sanitaires agricoles – conséquences directes du changement climatique, de l’agriculture industrielle et de la cogestion FNSEA-gouvernement. Je milite à l’APGL, l’Association des Parents LGBTI+, pour défendre nos droits mais aussi aider à traverser le parcours de combattant.e qui attend celles et ceux qui aspirent à devenir parents.
Devenir papa de deux filles (Anna 5 ans et Sofia 1 an) avec mon mari Stéphane a changé mon regard sur les politiques locales. PMI, crèche, école, espaces verts, logement : l’accès aux services publics de qualité est désormais devenu une préoccupation concrète pour nous. Même avec deux salaires, trouver un logement abordable pour quatre relève du parcours du combattant. On arrive encore à joindre les deux bouts, mais ça ne pourra pas durer très longtemps ! À Paris, le logement social est devenu une nécessité pour les classes moyennes. Ces réalités quotidiennes ne sont pas une fatalité – elles sont des choix politiques qu’on peut transformer.
Dernier engagement en date : j’ai rejoint les Écologistes il y a un an. Dès mon arrivée, je me suis engagé dans la campagne municipale. Aujourd’hui, j’organise des mobilisations à Belleville-Ménilmontant, je contribue au projet écolo pour le 11e, aux côtés d’une équipe solidaire et joyeuse qui se met au service des habitant·es. Cette politique de proximité, ancrée dans les réalités de nos quartiers, est celle que je veux défendre : une écologie sociale qui ne laisse personne sur le bord du chemin.
Au Conseil de Paris de novembre, le groupe Les Écologistes a déposé plusieurs vœux pour continuer notre combat contre l’ultra-fast fashion :
01 -Vœu relatif à la lutte contre l’ultra-fast fashion et l’implantation de Shein au coeur de Paris
Déposé par Frédéric Badina-Serpette, Nour Durand-Raucher, Jérôme Gleizes, Fatoumata Koné et les élu·es du groupe Les Écologistes.
Considérant, que le groupe chinois Shein, symbole mondial de l’ultra fast fashion, vient d’ouvrir un espace de vente au sein du BHV, établissement emblématique du centre de Paris ;
Considérant que le modèle économique de Shein repose sur une production industrielle massive et accélérée, atteignant un million de vêtements produits chaque jour en 2023, soit l’équivalent de 20 000 tonnes de CO₂ émises quotidiennement, et qu’elle met sur le marché 7 000 nouveaux modèles par jour, dont la durée de vie moyenne n’excède pas dix jours sur la plateforme ; Considérant que la production textile mondiale représente déjà 10 % des émissions de gaz à effet de serre, et que ce chiffre pourrait atteindre 26 % d’ici 2050 si les tendances de surconsommation se poursuivent, selon l’ADEME ;
Considérant que 38 % des émissions de Shein proviennent du transport aérien de ses marchandises, soit environ 9 000 tonnes de produits expédiés chaque jour, mobilisant près de 90 Boeing 777 quotidiennement ;
Considérant que la production de vêtements constitue également une catastrophe hydrique et chimique, un simple t-shirt nécessitant 2 700 litres d’eau, soit la consommation moyenne d’un Français sur 17 jours, et que l’industrie textile rejette chaque année 240 000 tonnes de microparticules plastiques dans la nature, tout en consommant des volumes d’eau colossaux, le secteur étant le troisième plus grand consommateur d’eau au monde ;
Considérant qu’en Europe, 80 % des 4 millions de tonnes de textiles mis sur le marché finissent enfouis ou incinérés, et qu’à l’échelle mondiale 15 à 30 % de la production est détruite avant même d’avoir été vendue ;
Considérant que Shein est désormais le premier émetteur mondial de CO₂ du secteur textile, avec 16 millions de tonnes de CO₂ émises en 2023, et plus de 18 millions de vêtements invendus ;
Considérant que la DGCCRF a récemment infligé à Shein une amende de 40 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses ;
Considérant que la CNIL a par ailleurs sanctionné Shein d’une amende de 150 millions d’euros pour manquements graves à la protection des données personnelles, car son modèle repose sur une exploitation systématique des données et sur l’usage intensif de l’intelligence artificielle pour optimiser les manipulations d’achat via des dark patterns (interfaces truquées) destinées à capter l’attention et pousser à la surconsommation ;
Considérant que cette même intelligence artifi cielle est utilisée pour copier illégalement des créations de marques reconnues et de créateurs et créatrices indépendant.es ;
Considérant que les conditions de production dans les usines sous-traitantes de Shein sont particulièrement préoccupantes, que selon l’ONG suisse Public Eye, les ouvriers y travaillent en moyenne 75 heures par semaine, sur six à sept jours, pour des salaires compris entre 600 et 800 euros mensuels, dans des conditions contraires au droit du travail chinois, et que des témoignages ont également fait état de la présence de mineurs dans certaines filiales ;
Considérant que plus de 95 % des produits Shein vendus en Europe dépassent les limites légales de substances chimiques dangereuses (phtalates, formaldéhyde) ou contiennent des produits nocifs pour la santé humaine et l’environnement ;
Considérant que la stratégie de Shein, alimente une addiction à l’achat compulsif : jusqu’à 45 % des consommateurs déclarent regretter leurs achats, tandis qu’un vêtement Shein est porté en moyenne moins de 30 fois avant d’être jeté ;
Considérant que cette surconsommation de masse détruit les circuits locaux et les emplois qualifiés, la fast fashion ayant contribué à la disparition de plus de 310 000 emplois dans l’industrie textile française depuis les années 1990, au profit d’une délocalisation généralisée ;
Considérant que sous couvert de redynamisation commerciale, Shein contribue en réalité à mettre en danger l’ensemble des commerçants indépendants, qui font face à une concurrence déloyale, à rebours des ambitions climatiques et sociales portées par la Ville de Paris ;
Considérant, enfin, que la plateforme Shein a récemment mis en vente des “poupées sexuelles” à l’effigie d’enfants, pratique scandaleuse contraire à tous les principes éthiques et juridiques, qui témoigne du cynisme d’une entreprise prête à tout pour générer du profit, y compris en banalisant la représentation de la pédocriminalité ;
Considérant que des investigations ont mis en lumière la commercialisation, par la plateforme Shein, d’armes blanches interdites à la vente sur le territoire français, illustrant une nouvelle fois l’absence de contrôle et de responsabilité de cette multinationale vis-à-vis des lois françaises et européennes ;
Considérant que le rôle des élu·es est de soutenir de commerce de proximité et de protéger les consommateurs ;
Sur proposition de Frédéric BADINA-SERPETTE, Nour DURAND-RAUCHER, Jérôme GLEIZES, Fatoumata KONÉ et les élu·es du groupe Les Écologistes, le Conseil de Paris émet le voeu que la Ville de Paris :
interpelle l’État sur les raisons de sa tolérance, et notamment son lien avec les conflits d’intérêts d’anciens membres du gouvernement comme M. Christophe Castaner, qui fut jusqu’à cet automne lobbyiste pour la marque.
mette en œuvre tous les moyens à sa disposition pour faire cesser la vente de produits Shein au BHV,
s’engage à refuser toute autorisation d’occupation du domaine public ou tout partenariat impliquant la promotion de la marque Shein ou d’autres acteurs de l’ultra fast fashion,
interpelle l’État sur l’absence de régulation nationale du secteur de la fast fashion malgré un vote dans ce sens à l’unanimité de l’Assemblée Nationale en mars 2024, mettant en contradiction les engagements climatiques de la France avec la tolérance accordée à des acteurs tels que Shein.
02 -Vœu relatif à l‘accord entre La Poste et Temu
Déposé par Jean-Philippe Gillet, Raphaëlle Primet, Ian Brossat et les élu·es du Groupe Communiste et Citoyen et Frédérique Badina-Serpette, Fatoumata Koné et les élu·es du Groupe Les Écologistes
Déposé par Chloé Sagaspe, Jérôme Gleizes, Fatoumata Koné et les élu·es du groupe Les Écologistes, François Vauglin et les élu-e-s du Groupe Paris en commun, Ian Brossat, Raphaëlle Primet et les élu·es du Groupe communiste et citoyen.
Considérant que Merci·Marsha est un bar inclusif LGBTQIA+ ouvert depuis environ deux ans, situé au 8 rue Richard Lenoir, Paris 11e ;
Considérant qu’il s’agit d’un espace résolument ouvert et accueillant pour toutes et tous, quelles que soient leur orientation sexuelle ou identité de genre, leur situation familiale, et qui propose de nombreux événements thématiques liés à la communauté LGBTQIA+ ;
Considérant que depuis son ouverture, cet établissement est reconnu pour être un lieu calme et convivial, n’ayant jamais fait l’objet d’une amende ni d’un constat de nuisance sonore lors des multiples contrôles effectués par la préfecture de police ;
Considérant que des actes répétés tels que jets d’œufs et de vinaigre, insultes, coups d’épaule et menaces qui s’apparentent à du harcèlement à caractère LGBTphobe, ont été signalés au services de police ;
Considérant que les plaintes de l’établissement ont toutes été classées sans suite ;
Considérant que ces actes s’inscrivent dans un contexte d’augmentation d’attaques LGBTphobes à Paris, visant notamment plusieurs établissements à Paris et en particulier dans le 11e arrondissement ;
Considérant que l’établissement a de nouveau été attaqué samedi 20 septembre dernier : les drapeaux arc en ciel de la devanture du lieu ont été arrachés et jetés par terre ;
Considérant la richesse des lieux LGBTQIA+ qui contribuent à la vitalité de notre arrondissement et constituent des espaces de convivialité et d’émancipation par et pour la communauté LGBTQIA+ ;
Considérant le plan de lutte contre les LBTQIA+Phobies mis en place par la Ville de Paris ;
Considérant que le 11e arrondissement a mis en place un réseau d’aide aux victimes de LGBTphobie ;
Considérant enfin que Paris, face aux violences et discriminations, doit réaffirmer son rôle de ville-refuge et répondre par la protection, la reconnaissance et l’émancipation des personnes LGBTQIA+ ainsi que des lieux qui les accueillent.
Sur proposition de Chloé SAGASPE, Jérôme GLEIZES, Fatoumata KONÉ, François VAUGHLIN et les élu-e-s du Groupe Paris en commun et les élu·es du groupe Les Écologistes, Ian BROSSAT, Raphaëlle PRIMET et les élu·es du Groupe communiste et citoyen ». le Conseil de Paris émet le voeu que la Ville de Paris :
Qu’un soutien au “Merci Marsha” ainsi qu’à l’ensemble des établissements LGBTQIA+ du 11e arrondissement, victimes d’attaques LGBTphobes, soit apporté, en menant notamment une campagne spécifique de sensibilisation contre les discrimination en raison de l’orientation sexuelle, romantique et de genre ;
Qu’un fonds de soutien dédié aux lieux de culture queer, aux associations LGBTQIA+ et aux espaces de convivialité soit créé, afi n de répondre notamment aux besoins urgents liés à des attaques, à des mises en conformité ou à des menaces de fermeture ;
Qu’un accompagnement juridique et administratif victimes de discriminations, comme les propriétaires et salarié·es du “Merci Marsha” dans leurs démarches judiciaires, soit mis en place.
Si je devais me présenter, je suis une personne qui agit en fonction de ses valeurs, de ses convictions.
Justement, je suis engagé pleinement au service de l’action publique dans le cadre de mes fonctions professionnelles, singulièrement dans le domaine du sport, qui, est pour moi une politique publique qui symbolise le bien-vivre ensemble, la cohésion sociale, et le dépassement de soi.
Mes engagements s’articulent bien sur autour d’une activité sportive, champion de Bourgogne d’escrime, de fleuret plus précisément j’ai exercé cette discipline durant plus de 10 ans et ai grandi au sein d’une famille d’escrimeurs … mais pas à Paris.
Je suis né à Nevers, dans la Nièvre, à l’inverse de Paris petite ville du centre de la France. J’y ai grandi, plus précisément à Varennes-Vauzelles, cœur cheminot du territoire où j’y ai mené mes premières luttes. D’abord en tant que président d’association, puis en tant que conseiller municipal. J’ai été élu à 18 ans pour incarner et représenter les jeunes de mon territoire.
J’ai pu suivre un cursus juridique en parallèle, d’abord à Nevers, puis à Dijon, là mon engagement associatif s’est matérialisé via les élections étudiantes, et la participation à plusieurs associations, jusqu’à présider l’UNEDESEP (L’Union Nationale des Étudiants en Droit, Gestion, AES, Sciences Économiques, Politiques et Sociales). J’ai pu me battre aux côtés d’autres organisations étudiantes pour obtenir la mise en place du 10e mois de bourse, pour accompagner la création d’un plan réussite en licence particulièrement déconnecté des réalités de terrain…
J’ai terminé mon engagement étudiant au service de ces derniers en étant élu vice-président du Crous de l’ex-académie de Dijon.
Puis, j’ai débuté mon engagement professionnel au service des collectivités territoriales, d’abord en tant que juriste puis sur des fonctions de direction générale pendant 10 ans. Là je me suis confronté à la pénurie de moyens dans les services publics locaux, la mise en œuvre forcée de réformes parfois inadaptées aux territoires, singulièrement ruraux.
Après le dernier renouvellement des conseils municipaux en 2020, et la période difficile du Covid-19 j’ai décidé de changer de voix et de m’engager pour préparer les Jeux Olympiques et Paralympiques à Dijon. C’est ainsi, que j’ai rejoint le Creps de Dijon (centre de ressources d’expertises et de performance sportive). Durant 4 ans, j’ai pu m’engager en faveur de la transition écologique de mon établissement, par le pilotage de travaux de modernisation dont l’objectif était de réduire la consommation énergétique et d’améliorer la performance de ces bâtiments vieillissants.
Cette période correspond au début de mon engagement à l’époque auprès d’Europe Écologie les Verts. Là j’ai rencontré des militant·es engagé·es, et j’ai découvert une forme d’engagement que je n’avais pas encore exploré, celle du militantisme politique. Bien sur la réforme des retraites, les élections européennes, la vie du mouvement sont des sujets passionnants.
Juste avant les Jeux Olympique et Paralympique, mon ministère de tutelle m’a offert l’opportunité de venir animer l’ensemble du réseau des établissements du sport, et c’est ainsi que mon aventure parisienne a débuté.
J’ai rejoint le groupe local des Écologistes de Paris 11 en 2023, et depuis je me suis engagé à titre personnel et professionnel autour des questions de défense des services publics, de l’efficacité de l’administration, avec pour objectif fondamental d’orienter son action au service de l’intérêt général.
C’est dans cette logique, qu’avec mon équipe, nous avons initié un cadrage stratégie national dit « RSE »pour responsabilité sociale des établissements. Après avoir fait le bilan d’une charte développement durable élaborée avec WWF, et le Commissariat Général au Développement Durable nous avons compris que les questions de RSE devaient être placées au cœur de notre action.
Concrètement, les problématiques liées à la transition écologique et à la limitation de notre action sur l’environnement demeurent des priorités, en plus, ce nouveau cadrage intègre des dimensions parallèles peu abordées dans ce type de planification comme la question de l’égalité de genre, la question du handicap, la lutte contre les violences. Le sport doit être un vecteur d’inclusion social, d’épanouissement psychique et physique et c’est fondamental de le noter au lendemain des JOP, mais aussi compte tenu de la grande cause nationale. Je suis convaincu que l’action publique peut réparer, protéger et accompagner. C’est, je crois cette dynamique qui doit guider notre action, que ce soit à titre professionnel ou à titre militant.
Le groupe des Ecologistes de Paris 11e dépose un vœu en soutien à Merci Marsha, bar inclusif LGBTQIA+ ouvert depuis deux ans rue Richard Lenoir, et victime le 20 septembre de violences LGBTphobes. Ces actes s’inscrivent dans un contexte global d’augmentation des attaques LGBTphobes, visant plusieurs établissements à Paris, et en particulier dans le 11e arrondissement. Face aux violences et aux discriminations, les Ecologistes du 11e réaffirment leur soutien aux lieux LGBTQIA+, qui contribuent à la richesse, à la vitalité et à la convivialité de notre arrondissement.
01 –Vœu relatif au soutien du lieu queer “Merci Marsha” [adopté]
Considérant que Merci·Marsha est un bar inclusif LGBTQIA+ ouvert depuis environ deux ans, situé au 8 rue Richard Lenoir, Paris 11e ;
Considérant qu’il s’agit d’un espace résolument ouvert et accueillant pour toutes et tous, quelles que soient leur orientation sexuelle ou identité de genre, leur situation familiale, et qui propose de nombreux événements thématiques liés à la communauté LGBTQIA+ ;
Considérant que depuis son ouverture, cet établissement est reconnu pour être un lieu calme et convivial, n’ayant jamais fait l’objet d’une amende ni d’un constat de nuisance sonore lors des multiples contrôles effectués par la préfecture de police ;
Considérant que des actes répétés tels que jets d’œufs et de vinaigre, insultes, coups d’épaule et menaces qui s’apparentent à du harcèlement à caractère LGBPTphobe, ont été signalés au services de police ;
Considérant que les plaintes de l’établissement ont toutes été classées sans suite ;
Considérant que ces actes s’inscrivent dans un contexte d’augmentation d’attaques LGBTphobes à Paris, visant notamment plusieurs établissements à Paris et en particulier dans le 11e arrondissement ;
Considérant que l’établissement a de nouveau été attaqué samedi 20 septembre dernier, par une tentative d’arracher les drapeaux arc en ciel de la devanture du lieu ;
Considérant que ces actes s’inscrivent dans un contexte global d’augmentation d’attaques LGBTphobes à Paris, visant notamment plusieurs établissements à Paris et en particulier dans le 11e arrondissement ;
Considérant que l’établissement a de nouveau été attaqué samedi 20 septembre dernier : les drapeaux arc en ciel de la devanture du lieu ont été arrachés et jetés par terre ;
Considérant la richesse des lieux LGBTQIA+ qui contribuent à la vitalité de notre arrondissement et constituent des espaces de convivialité et d’émancipation par et pour la communauté LGBTQIA+ ;
Considérant le plan de lutte contre les LBTQIA+Phobies mis en place par la Ville de Paris ; Considérant que le 11ème arrondissement a mis en place un réseau d’aide aux victimes de LGBTPhobie ;
Considérant enfin que Paris, face aux violences et discriminations, doit réaffirmer son rôle de ville-refuge et répondre par la protection, la reconnaissance et l’émancipation des personnes LGBTQIA+ ainsi que des lieux qui les accueillent.
Sur proposition de Chloé SAGASPE et les élu·es du groupe Les Écologistes du 11e, le Conseil d’arrondissement émet le vœu que la Ville de Paris :
Qu’un soutien au “Merci Marsha” ainsi qu’à l’ensemble des établissements LGBTQIA+ du 11e arrondissement, victimes d’attaques LGBTPhobes, soit apporté, en menant notamment une campagne spécifique de sensibilisation contre les discrimination en raison de l’orientation sexuelle, romantique et de genre ;
Qu’un fonds de soutien dédié aux lieux de culture queer, aux associations LGBTQIA+ et aux espaces de convivialité soit créé, afin de répondre notamment aux besoins urgents liés à des attaques, à des mises en conformité ou à des menaces de fermeture ;
Qu’un accompagnement juridique et administratif victimes de discriminations, comme les propriétaires et salarié·es du “Merci Marsha” dans leurs démarches judiciaires, soit mis en place.
Je suis, comme Annie Ernaux, une transfuge de classe venue d’une Normandie proche de la ruralité et j’ai commencé comme elle ma vie professionnelle en tant que professeur (d’Histoire-Géographie pour ma part). C’est d’ailleurs au sein d’un lycée que j’ai rencontré mon compagnon de vie, père de mes deux filles et grand-père de nos cinq petits-enfants.
Ce que j’ai aimé dans l’enseignement est la relation aux enfants (découvrir mon livre « Enfants d’ici, enfants d’ailleurs » ici) quelque soit leur âge mais j’aurais beaucoup à dire tant sur les méthodes éducatives que sur le contenu de l’enseignement de l’Histoire ; j’ai regretté à cette époque que le corporatisme des syndicats enseignants ne permette pas de développer ce versant de la critique de notre système éducatif et j’ai trouvé cette approche au GFEN, le Groupe français d’Éducation nouvelle.
J’ai eu la chance de poursuivre ma carrière hors l’Éducation nationale tout en conservant mon statut, comme enseignante détachée, ce qui était encore possible à l’époque. C’est ainsi que je suis arrivée à la CNMHS (Caisse nationale des Monuments historiques et des sites) aujourd’hui Centre des Monuments nationaux où je suis devenue chef du service éducatif dont la mission était de développer des services éducatifs dans les monuments gérés par cet établissement public. Cela a été une tâche passionnante du fait de la diversité des monuments qui permettait de développer des thématiques tout aussi variées, au croisement de l’Histoire et de l’architecture ; il s’agissait aussi de découvrir le sésame d’une méthodologie commune malgré la diversité des lieux à travers ateliers du patrimoine d’une journée et classes du patrimoine d’une semaine.
En cette fin du 20e siècle, on portait une attention nouvelle à la démocratisation des lieux muséaux. La DMF, Direction des Musées de France, était en pleine effervescence et je me passionnais pour ces apports inspirés, notamment, de l’exemple canadien. C’est ainsi que j’accueillis dans mon service un conférencier sourd et muet avec lequel je mis en place des conférences en langue des signes. La DMF avait donné l’exemple et j’ai un souvenir extraordinaire du vernissage qui eut lieu au Musée du Louvre de la première visite en langue des signes. C’est aussi dans ce contexte, que j’intervins à l’Université Paris VIII dans le cadre d’un cursus de gestion de projet culturel. Concomitamment, je fus chargée de mettre en place au sein de la CNMHS un service des publics. Tout était à imaginer et je m’entourai d’une petite équipe aux compétences complémentaires. Notre grande tâche fut de concevoir une méthodologie pour aider les administrateurs·trices à construire le projet du moment dont iels avaient la charge. La préoccupation était de proposer au public une lecture du monument à la fois historiquement juste et suffisamment attrayante .
L’arrivée d’un nouveau président à la tête de l’Établissement me conduisit à demander ma mutation pour un poste d’administratrice. Je fus nommée au Palais Jacques Cœur à Bourges et à la maison de George Sand à Nohant, deux monuments très dissemblables. Alors que je passais davantage de temps à Bourges où le caractère emblématique du monument fait de son responsable un acteur incontournable de la vie économique et touristique de la ville, c’est à Nohant que je pris le plus de plaisir. La maison a été donnée tardivement à l’État français par une des petites filles de George Sand et avant mon arrivée, seul un ABF (architecte des bâtiments de France) en avait eu la charge. Aussi, la maison était-elle quasiment inexplorée et lorsque je montai au grenier qui n’était pas accessible au public, je le trouvai dans son état initial. J’eus l’impression d’entrer dans la famille et me passionnai pour son histoire : George, ses enfants, son divorce, son féminisme avant l’heure et sa relation amoureuse avec Chopin dont je suis devenue une fervente auditrice ! Avec une jeune femme pianiste amateur expérimentée, nous avons créé une visite de la maison en musique qui eut du succès.
Après d’autres expériences professionnelles dont l’exploitation d’un cinéma d’art et d’essai dont je fis un lieu qui compte dans la vie sociale et culturelle orléanaise (festival sur le travail, avec des syndicats, LGBT avec une association, partenariat avec le CDN…), j’en arrive à la période actuelle celle de la retraite.
Je suis revenue à Paris où l’appartement familial m’attendait mais l’éloignement professionnel m’avait coupée d’une vie sociale de quartier. Je me suis rapprochée de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) car la question de l’égalité des droits est pour moi fondamentale et comme je souhaitais garder un lien avec le cinéma, j’ai fait d’une pierre deux coups en proposant de mettre en place un partenariat avec le cinéma Majestic Bastille. C’était il y a 14 ans. Depuis lors, d’autres associations (Autour du 1 er Mai, Amnesty et l’OIP) se sont jointes à ce partenariat qui est devenu l’Écran des droits et qui propose un dimanche par mois à 11h un film suivi d’une rencontre avec le plus souvent possible le/la réalisateu·trice et des intervenant.es spécialistes du thème qui porte toujours sur une question ayant trait aux droits humains dont le droit de vivre dans un environnement sain !
Je suis entrée au bureau de la section Paris 10.11 où j’ai exercé la fonction de secrétaire de longues années. J’ai aussi redonné de la force au groupe Éducation de la Fédération de Paris. Aujourd’hui nous intervenons dans un collège du 14e auprès de toutes les classes de 6e et de 4e et nous soutenons des concours de plaidoiries dans plusieurs lycées parisiens. Je participe à un groupe de réflexion sur le racisme et nous avons invité plusieurs personnalités connues dans ce domaine (Pap NDiaye, François Héran, Didier Fassin, Lilian Thuram…) ; nous avons contribué à faire reconnaître la dimension systémique du racisme qui fait que nous vivons dans un État où nous n’avons pas tous·tes les mêmes droits et ne sommes pas soumis.es aux mêmes injonctions cf. les contrôles au faciès. Nous avons participé activement à un atelier de théâtre forum qui a abouti à la création d’un spectacle présenté à la Maison des Métallos « Tu viens d’où, toi ? » et nous avons rempli deux fois la grande salle. Depuis l’an dernier, nous travaillons plus spécifiquement sur les conséquences de la colonisation notamment dans les territoires français d’Outre Mer.
Enfin, depuis plusieurs mois, je collabore à la mise en place d’un collectif Doléances avec des partenaires du 11e ; il s’est agi de récupérer les doléances de notre arrondissement déposées aux Archives départementales. L’une d’entre nous a numérisé les plus de 700 priorités et autant de solutions qu’à plusieurs nous avons analysées afin de préparer le travail de l’IA qui a permis de présenter un compte-rendu fidèle au matériau récupéré et nous redonnons vie à ces doléances qui font écho aux mouvements citoyens actuels.
Malgré mon âge, il m’importe de préserver le futur tant sur le plan politique, pour une démocratie pleine et entière, qu’écologique. En outre, toute cette vie sociale est fantastique. Les relations humaines qui s’y créent aident à tenir bon malgré l’effroi face au monde tel qu’il va. En outre, cela ne m’empêche pas de consacrer du temps à ma famille, mes ami.es, la vie culturelle, les vacances…