Auteur : ecoloparis11

  • Elisabeth BOSHANDREY : Une chose est sûre, elle ne se fera jamais récupérer par personne compte tenu qu’elle-même récupère tout…

    Elisabeth BOSHANDREY : Une chose est sûre, elle ne se fera jamais récupérer par personne compte tenu qu’elle-même récupère tout…

    Elisabeth BOSHANDREY

    Se lasse-t-on jamais du Sourire ?

    Sa mère est morte. Son père l’a chassé de
    l’atelier où elle vivait avec son enfant. Elle nomadise avec
    un pied cassé.
    Sa vie peut commencer.

    Un jour
    un pied cassé
    lui a appris à marcher

    Papier

    A la rue, hébergée par les amis, elle reçoit,
    comme seule aide de la mairie de Paris, un bon pour
    du beurre gratuit ! Alors en riant, elle écrit :

    Papier gris j’suis saisie
    saisie quoi saisie qui
    j’ai plus rien j’vous dis
    papier gris j’suis saisie
    papier jaune
    bon pour du beurre gratuit
    c’est gentil
    c’est la mairie d’Paris
    y’a qu’une chose
    j’mange pas d’beurre
    papier jaune

    Drôle de vie
    vie d’papiers vie d’cartons
    j’croyais vous avoir rangée
    pour mieux vous brûler
    mais la vie ça m’poursuit
    papier blanc
    vie d’papiers
    couleurs papiers
    d’papiers mâchés
    Pas pied

    Fenêtres, portes et cafés

    Assis devant la fenêtre de la cuisine il regarde la
    respiration du marronnier. Le Temps coule à travers lui. Il
    ne le retient pas.

    Le ciel et moi on se regarde
    une fenêtre nous sépare

    Il boit du thé. Tout est bien. Où est parti le
    Temps ? S’ennuyer il ne sait pas, car même quand il
    s’ennuie, il jouit de cet ennui qui, alors, n’est plus ennui.
    Il le goûte, l’observe, le déguste à petites secondes, celui-ci
    disparaît et devient écoute. Depuis toujours, il apprécie
    et recherche la solitude. C’est dans la solitude qu’il n’est
    pas seul.

    Les fenêtres murées comme des portes ouvertes
    sur des questions non posées

    Il y a des jours où parler il ne peut pas, voir du
    monde il ne peut pas. Mais toujours, il y a dans sa
    vie les livres qui lui sont des portes ouvertes sur d’autres
    mondes à vivre. L’agitation sociétale ne l’a jamais
    vraiment intéressée, pourtant il aime rencontrer des amis
    et des inconnus. Il aime s’asseoir dans un café à la
    rencontre d’autres vies, pour lui c’est un peu comme

    s’asseoir dans la forêt pour écouter la vie des arbres et des
    animaux. Les cafés sont les théâtres qui lui permettent,
    dans cette vie, de vivre d’autres vies. Un café est une porte
    ouverte sur le monde. Un lieu où rêver, observer, travailler,
    rencontrer. Un lieu pour connaître d’autres vies, d’autres
    goûts et, peut-être, se trouver. Il aime les moments où, seul
    à la terrasse d’un café sur une toute petite place, il regarde
    les arbres, les voitures, les passants. Dès que le soleil arrive,
    Il est un lézard des villes. A Paris, il y a des lieux où le ciel
    s’échappe pour prendre toute la place alors il s’y enivre.

    Sous le regard de la nuit qui s’enrose
    la rue se deshabille et pose
    rue de la Grange-aux-Belles
    chez Adel

    A la Caféothèque, la table ronde près de la fenêtre
    lui offre les bras d’un fauteuil où se poser et voyager. C’est
    un lieu où les vagues de la mer se reposent.

    Devant la glace
    une grosse dame en rouge
    se serre la ceinture
    Angelina – 1er étage – rue de Rivoli

    Au Rivolux un bon sandwich n’est pas du luxe ! Et
    du Sélect à la Coupole elle prend un taxi pour faire pipi. Les
    toilettes y sont si jolies !

    Extraits:
    « Balade Paris Ballades »
    « J’ai allumé ma vie » 
    (Edilivre)




  • Marc-André SELOSSE  « Agriculture bio, non-labour… Les solutions sont là. »

    Marc-André SELOSSE  « Agriculture bio, non-labour… Les solutions sont là. »

    Marc-André Selosse – Photographie « Born in PPM » par Marylou Mauricio – borninppm.com

    À l’occasion de « Tous au compost 2025 », Marc-André Selosse, biologiste spécialiste des sols et professeur au muséum national d’histoire naturelle était l’invité de la Mairie du 11e pour nous permettre de mieux comprendre les sols en milieu urbain (vous pouvez retrouver la conférence en vidéo ici).

    Nous vous proposons de (re)découvrir son portrait au travers de l’article de Florence Rosier, publié le 05 avril dernier dans le journal Le Monde :

    Marc-André Selosse enfant.

    « Ce spécialiste reconnu de la microbiologie des sols, professeur au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, prend depuis quelques années son bâton de pèlerin pour défendre l’enseignement des sciences de la vie et de la Terre au collège et au lycée, ou pour vulgariser auprès du grand public les enjeux de l’agriculture de demain.


    Les secrets de la nature vous captivent ? Vous avez le goût des champignons et des orchidées un peu étranges ? Alors vous n’avez pas pu passer à côté de Marc-André Selosse. Au fil de ses nombreux podcasts et interventions radiophoniques ou télévisées, le professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), à Paris, sait l’art de décrire les senteurs de la terre humide ou les effluves d’un champignon ; d’expliquer l’origine des couleurs des feuilles à l’automne ; ou encore d’alerter sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité des sols. De toute évidence, il se plaît à exposer la foisonnante alchimie du vivant.


    « J’ai toujours aimé raconter la nature, où je traîne depuis tout petit », confie ce spécialiste reconnu, à 56 ans, de la microbiologie des sols. Entre un père ingénieur des travaux publics et une mère géographe, « qui regardait toujours les paysages », il passe ses vacances à Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan. Et se souvient avec émotion de ses pérégrinations au bois de Vincennes, à Paris, qu’il arpente avec ses grands-parents.


    « Ma curiosité a d’abord été esthétique, face à la diversité des formes, des couleurs et des goûts des végétaux. Ce qui m’ancre à la nature, c’est aussi un lien multisensoriel. » Sa discipline, souligne-t-il, repose d’abord sur l’observation ; après seulement viennent les interrogations scientifiques.
    « C’est au bois de Vincennes qu’est née ma vocation de mycologue », dit-il. Tout est parti d’une consigne de son professeur de sciences naturelles, au collège : « Rapportez des champignons pour la semaine prochaine. » Il se prend au jeu, ramasse des spécimens dans ce bois, se passionne pour leur identification. Pholiotes dorées, stérées pourpres, leucopaxilles… sa collection s’enrichit. Dès l’âge de 10 ou 11 ans, il consulte des experts du MNHN – déjà –, qui accueillent avec bienveillance ce préado aux questions pointues. « Mes camarades d’école me surnommaient “le savant”. J’étais assez seul, mais pas harcelé. »


    « L’attrait de ce qui est différent »


    À 12 ans, il apporte son aide sur le Salon des champignons, organisé tous les ans au MNHN. A 17 ans, il fait une observation fondatrice : certaines orchidées blanches, en sous-bois, survivent alors même qu’elles ne font pas de photosynthèse pour fabriquer leurs propres sucres. « J’ai toujours eu un attrait pour ce qui est différent », confie-t-il.


    Cette énigme le mettra sur la voie, en 2005, d’une découverte étonnante : certaines plantes vertes, comme des orchidées, cachent une « hétérotrophie » partielle. En clair, elles peuvent se nourrir en « pillant les sucres » transmis par un réseau de champignons du sol – eux-mêmes alimentés en sucres par les racines des arbres environnants, par une symbiose. « Ce pillage est une adaptation à la vie en sous-bois, où la lumière est parcimonieuse », explique-t-il. Certains individus mutants, comme ces orchidées blanches, sont même dépourvus de chlorophylle : ils dépendent entièrement de ces champignons pour survivre.


    Le parcours de Marc-André Selosse est, disons-le, celui d’un excellent élève. Reçu parmi les tout premiers à l’ENS Ulm, il passe l’agrégation de sciences naturelles en 1991. Puis enchaîne avec un master de génétique et un diplôme d’ingénieur à l’École nationale du génie rural, des eaux et forêts (Engref). Il fera sa thèse à l’INRA (aujourd’hui Inrae) de Nancy en microbiologie forestière, avant de devenir enseignant-chercheur à Nancy. En 2004, il est professeur à l’université de Montpellier et chercheur au CNRS, où il restera dix ans. Il rejoint le MNHN à Paris en 2013, en tant que professeur, « avec le sentiment d’être arrivé à bon port ».


    Parmi ses autres travaux marquants, ses recherches sur l’écologie des truffes. « Ces champignons ne sont pas seulement associés aux arbres. Ils sont eux-mêmes des parasites de petites plantes herbacées, explique-t-il. D’où l’apparition d’une zone d’apparence brûlée autour des chênes truffiers. »

    « Passeur de sciences »


    Il a aussi plongé dans l’histoire évolutive des mycorhizes, ces symbioses qui se tissent entre les champignons du sol et les racines des plantes, indispensables à la croissance des végétaux. Un domaine où il est « reconnu en France et hors de France », indique Philippe Vandenkoornhuyse, professeur d’écologie et d’évolution à l’université de Rennes.


    Mais depuis quelques années, Marc-André Selosse est devenu « passeur de sciences », selon ses mots. Collèges et lycées, mairies, entreprises, agriculteurs, médecins, jardiniers amateurs… : « Je donne 250 conférences par an. Ma production scientifique en souffre, oui. Avant, j’écrivais moi-même six à huit articles par an, ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Une bascule assumée.


    Il y a, bien sûr, quelques dents qui grincent, notamment dans la communauté scientifique. « Mais je crédite mes sources, plaide-t-il. Je valorise le travail de mes confrères de l’Inrae, du CNRS, des universités… » Pour Philippe Vandenkoornhuyse, « la vulgarisation nécessite parfois une simplification, qui peut gêner certains collègues. Pour autant, nous sommes peu nombreux à savoir expliquer avec autant de force les enjeux actuels de l’agriculture de demain. »


    « Il me surprendra toujours, renchérit Mélanie Roy, maîtresse de conférences à l’université de Toulouse. Il peut donner une conférence à Montpellier et le lendemain être sur le terrain au Brésil ou à la Réunion, en quête d’orchidées ou de champignons. » Selon elle, « apprendre avec lui est un délice dont tous les étudiants se souviennent. De petites anecdotes en grandes questions, il nous guide, allant des observations sous microscope au verre de vin. »


    Benoît Perez-Lamarque, lui aussi, a suivi son enseignement à l’ENS. « Il ne laissait personne indifférent. Certains étudiants ont pu avoir du mal avec le second degré qu’il maniait parfois, pour stimuler la réflexion. Mais il avait l’art de faire vivre son cours et de faire passer ses messages. » Autre atout, les sorties sur le terrain. « Il nous décrivait le champignon qu’il venait de découvrir sous nos yeux, expliquait son impact sur la biodiversité, élargissait au fonctionnement des écosystèmes… »


    « Une urgence familiale »


    Autre engagement, la défense de l’enseignement des sciences de la vie et de la Terre (SVT). Dans les années 2000, le biologiste a participé à la révision des programmes de SVT du collège et du lycée, « y laissant une trace très visible », dit Benoît Perez-Lamarque, aujourd’hui maître de conférences à l’université de Toulouse. Il a aussi joué un rôle moteur dans l’introduction de l’écologie et des sciences de l’évolution en classes préparatoires de biologie (BCPST). Et préside aujourd’hui BioGée, une fédération d’institutions qui promeut plus d’enseignement des sciences du vivant


    « J’ai été impressionné par sa capacité à entraîner l’ensemble de la commission [sur les programmes de SVT] vers sa vision de la biologie, très axée sur les écosystèmes », témoigne Alain Bessis, de l’ENS à Paris. « Rien ne lui fait plus plaisir que de faire comprendre le monde vivant aux autres, ajoute ce neuroscientifique. C’est un pédagogue dans l’âme. »


    Mais pour Marc-André Selosse, « il n’y a pas encore assez d’heures de cours de SVT. Il faut aussi plus d’interdisciplinarité. C’est un travail de lobbying de longue haleine. »


    Au vrai, ce touche-à-tout donne un peu le vertige. Avec d’autres, il alerte sans relâche sur l’importance de préserver la biodiversité des sols. Le message commence à se diffuser dans le monde agricole, « surtout au sein de la jeune génération », tempère Benoît Perez-Lamarque. Ces mois-ci, il rencontre également des parlementaires à propos de l’évolution de la loi « zéro artificialisation nette », en transit entre les deux Assemblées. « Le Sénat l’a dévitalisée, il faut voir ce qu’on peut sauver. »


    Le mycologue, par ailleurs, conseille le domaine viticole de Château Cheval Blanc, qui s’est lancé dans l’agroécologie. À Saint-Emilion, sur un « laboratoire » de 16 hectares, des arbres fruitiers ont été plantés au milieu des vignes. Amélioreront-ils l’état sanitaire des vignes et des sols ? Réponse dans quelques années.


    L’avenir de la planète, pour ce jeune père, est devenu « une urgence familiale ». « J’ai un petit garçon de 4 ans et demi. Le soir, je joue aux Lego. » Durant les vacances, il se déconnecte, nage, construit des châteaux de sable… Cherchant, en somme, à bâtir un avenir, contre vents et marées. »


    Liens :

  • Mr Happy Miel : « Le miel récolté a reçu plusieurs distinctions… »

    Mr Happy Miel : « Le miel récolté a reçu plusieurs distinctions… »

    Mr Happy Miel – Laurent TRON

    C’est dans la commune de saint-pierre-située au nord de la Martinique que je « vis le jour ».

    Ma famille est originaire de la commune du Prêcheur, village de pêcheurs située non loin du volcan la montagne Pelée.

    À l’âge de 5 ans, j’arrive à Paris dans le 20ème où je serai scolarisé rue des Pyrénées de la maternelle au collège Lucie Faure.
     
    J’ai grandi rue des Vignoles près de la place de la réunion où mes copains de quartier viennent de tous les horizons. Je m’approprie même quelques rudiments de langage allant du portugais au Serbo-
    Croate.
     
    Adolescent, très attiré par Le bricolage et l’électronique, je me tourne vers l’électrotechnique et rejoint le Lycée Panoyaux à Menilmontant.
     
    Aujourd’hui, je travaille dans l’hôtellerie, en charge de la maintenance et de la sécurité d’hôtels à Paris.
    En 2023, je suis nommé vice-président du Club des dirigeants de l’hôtellerie en charge des sujets techniques et d’innovations.  
     
    Au début des années 2000, c’est dans des jardins partagés que j’apprends l’apiculture avec des amis apiculteurs Ce sont surtout des moments d’échanges et de convivialité qui me permettent de mettre en évidence le rôle pollinisateur de l’Abeille.

    En 2015, face au déclin des Abeilles, je fonde l’association Bee Happy Miel pour sensibiliser à la Sauvegarde des Abeilles.

    Aujourd’hui, je créé des Ruchers Urbains à Paris dans les quartiers de Bercy, gare de Lyon, Montmartre, Trocadéro et Bastille. Les grandes villes ayant banni les pesticides de leur espaces verts, le milieu urbain devient un véritable refuge pour les Abeilles et les pollinisateurs.

    C’est dans cet esprit qu’en 2018, le but étant de parler d’apiculture dans des lieux insolites, que je confie 20 Ruches à 20 artistes. La diversité des artistes de ce collectif évoquant la « Biodiversité ». En résulte une exposition itinérante que l’on peut découvrir dans des lieux insolites tels que des galeries d’art ou des hôtels.

    Une animation, autour du thème « végétalisation », viendra enrichir cette exposition où les ruches seront végétalisées . Cela se passera prochainement à l’ibis Bastille.

    En 2024, Une nouvelle consécration ! Je reçois la médaille d’or pour la qualité mon miel récolté à l’ibis Bastille. Et en janvier 2025, nouvelle célébration au cirque d’hiver où je reçois la médaille du 11eme des mains de la maire de Paris, madame Hidalgo.

    Le miel récolté a reçu plusieurs distinctions dont 28 médailles au concours des Miels de Paris et d’île de France.

    Cela fait maintenant 10 ans que cette belle aventure a commencé. 

    Aujourd’hui Bee Happy Miel gère près de 150 Ruches sur 20 sites et implante des ruchers en milieu rural pour aider les Apiculteurs locaux à Nantes et en Normandie.

    iMiel : bee_happy.miel@yahoo.fr

  • Audrey ZANDONA : « Aujourd’hui, je commercialise mes légumes, fruits et aromates frais labellisés bio… »

    Audrey ZANDONA : « Aujourd’hui, je commercialise mes légumes, fruits et aromates frais labellisés bio… »

    Audrey ZANDONA

    Native de Lorraine, j’ai grandi à la campagne à une époque où les enfants jouissaient d’une grande liberté.  Ma maman travaillant à temps plein dans la grande distribution, nous passions ma sœur et moi, beaucoup de temps à la ferme, chez des amis éleveurs …

    Mon enfance a le goût de la pomme fraîchement cueillie, des noix gaulées au gré de nos cavalcades dans les champs, et des mûres qui tachaient nos vêtements et faisaient râler maman. Cette femme nous a transmis dès petites, des valeurs fortes, telles que le respect de la nature, la générosité, l’altruisme et le goût de l’indépendance… Chez nous il y avait toujours de la place autour de la table pour partager un plat mijoté par ses soins.

    Ma passion pour les bons produits et la gastronomie viennent de là j’en suis sûre ! Du coup, la restauration a rapidement pris une grande place dans ma vie, m’a permis de prendre mon envol assez jeune, de voyager et de faire énormément de rencontres… J’ai rapidement découvert que derrière une belle assiette, il y a une ribambelle d’humains qui travaillent dur pour transmettre leur passion et “offrir” un moment de joie autour d’un bon repas.

    À Paris j’ai découvert la bistronomie, en évoluant à travers des projets de restauration toujours très attentifs au sourcing.

    L’idée étant de valoriser le savoir-faire des paysans, vignerons et artisans qui défendent la biodiversité et le goût. Nous visitions les exploitations, lieux de transformations ou domaines et j’ai toujours été fascinée par le travail et la vie de ces premiers maillons de la chaîne dont je faisais partie et que je souhaitais remonter, bref j’ai voulu « en être ! ».

    Mais comment faire ? Moi, maintenant tellement urbaine !!! Pas facile de sortir de sa zone de confort et du milieu que j’avais toujours connu et dans lequel je gagnais plutôt bien ma vie…

    La naissance de ma fille et les différents événements survenus dans notre quartier en 2015, m’ont définitivement fait arrêter la restauration. 

    Très sensible aux questions écologiques et ayant un furieux besoin de me rapprocher de la nature,  j’avais envie d’agir dans mon quotidien et de passer à l’action !!

    Alors je cherche, je cherche et je tombe sur le forum des métiers de l’alimentation durable et du goût qui se déroulait à “La ferme de Paris”, au cœur des bois de Vincennes, (prémonitoire cette histoire … !). Houlàlà il doit y avoir un truc pour moi là bas !!

    Et là tout s’est enchaîné rapidement, j’ai rencontré Jade d’Abiosol, qui m’a de suite pris au sérieux avec mes envies de mettre les mains dans la terre en tant que néo Parisienne. Elle m’a orientée vers différentes fermes urbaines où j’ai effectué pas mal de stages. J’ai découvert des projets magiques d’agriculture urbaine, un truc dont j’avais vaguement entendu parlé mais que je ne comprenais pas vraiment à l’époque, pour moi l’agriculture rimait avec campagne un point c’est tout !

    Au parti Poétique à Stain, j’ai découvert qu’on pouvait produire de la nourriture, de la vraie ! Là, aux pieds des barres d’immeubles, qu’on pouvait la vendre aux restaurants et faire des dons pour des associations qui la transforment, qui confectionnent des repas pour l’aide alimentaire ! 

    INCROYABLE

    Ça y est j’ai trouvé ma place ! Quand j’srais grande je veux être maraîchère !

    Mais on ne naît pas maraîchère on le devient …

    Alors c’est parti ! Je me forme et intègre la magnifique école DuBreuil. J’obtiens un BPREA : Brevet de responsable d’entreprise agricole, en agroécologie option ferme et micro ferme urbaine. Une des plus belle année de ma vie, nourrie d’apprentissages, de découvertes et d’échanges autour de la nature et du vivant.

    Au cours de ce parcours, je suis tombée sur un appel à projet, porté par La ville de Paris et “Les Champs de possibles”, une coopérative agricole qui accompagne les personnes comme moi, qui souhaite s’engager dans la transition agroécologique et solidaire. Le projet : installer une ferme maraîchère au sein de “La ferme de Paris” tiens tiens ça vous rappel un truc ?

    Alors j’me suis jetée, tête baissée dans la réponse à cet appel à projet, que j’ai finalement remporté avec une autre élève de ma promo.

    Et oui deux femmes de plus de 40 ans peuvent devenir maraîchères, dans le 12 ème arrondissement de Paris !!! Aujourd’hui, nous nous partageons sur cet espace test, 5000 m2 de plein champs et 500 m2 de serres. J’y est monté Court – Circuit et elle Les_clos_dhelo

    En effet, depuis janvier 2025 on travaille d’arrache-pied pour installer cette ferme !

    Monter des serres, dessiner nos jardins, lancer les premiers semis ….

    Accompagnée d’Adrien Doussot, mon tuteur sur ce projet (et oui ! entreprendre avec Les champs des possibles, c’est bénéficier d’un accompagnement solide ! ), nous avons su faire des prairies pâturées, des jardins florissants !

    Aujourd’hui, je commercialise mes légumes, fruits et aromates frais labellisés bio, à différents restaurants de la capitale : 

    À quelques épiceries : 

    J’organise également, des marchés le dimanche à la ferme… Et pour ma plus grande joie, j’ai développé depuis quelques mois la vente en ligne pour les particuliers sur Paris 11 et Montreuil.  Au travers des groupes WhatsApp et une application me voici connectée en direct à mes mangeurs, et j’avoue que cela donne beaucoup de sens à mon projet !

    On le sait, le travail de terre n’est pas une œuvre facile, mais je suis aujourd’hui dans mon quotidien, intimement liée à la nature et aux saisons. 

    Et cela n’a pas de prix …

    Mes amis d’enfance, vers de terre et autres lombrics sont redevenus mes meilleurs compagnons de route.

    Si vous souhaitez rejoindre le groupe WhatApp, pour profiter de la vente en ligne de mes produits, il suffit de : 

    1. Cliquer sur ce lien Court Circuit Paris 11
    2. Sur ce groupe,  j’envoie tous les vendredis, un lien vers mon site de vente en ligne (Kuupanda) avec les produits et quantités disponibles
    3. Les commandes sont à passer jusqu’au lundi matin qui suit 

    Récupération des commandes le mercredi de 17h à 19h15 à l’agence immobilière Swixim au 111 boulevard Richard Lenoir (2 € de frais de livraison sont facturés)

  • Conseil d’arrondissement – Janvier 2025

    Conseil d’arrondissement – Janvier 2025

    Séance du 29 janvier 2025

    Vœux déposés par les élu·es du groupe les Écologistes :

    01 – Intervention de Joëlle MOREL sur le territorialisation des politiques municipales pour une Ville du quart d’heure (DDCT 39 Acte 2)]

    C’est avec grand intérêt que le groupe écologiste a pris connaissance de l’acte 2 de la territorialisation des politiques municipales qui permet d’aller un peu encore plus loin dans la concrétisation du renforcement des pouvoirs des Mairies d’arrondissements et de la ville du quart d’heure.

    Si globalement nous nous félicitons de cette démarche qui doit donner plus de responsabilités et d’autonomie aux arrondissements, et qui demande une grande évolution culturelle de l’administration parisienne, je me permettrai de revenir sur cinq points pour demander des explications et faire des propositions.

    1· Quel Bilan ou évaluation de l’ Acte 1 ?

    Tout d’abord l’acte 1 du Pacte parisien de la proximité, adopté à l’automne 2021, a permis de développer de nouvelles démarches et nouveaux outils. Il semblerait qu’un processus pour engager une évaluation de l’acte 1 ait eu lieu. Nous regrettons que l’ensemble des élu-es n’ai pas été associés à cette évaluation. Est-ce que cette évaluation a donné lieu à l’élaboration d’un document au sein de chaque arrondissement ? Et pouvons-nous le procurer ?


    2· Création de poste de : Responsable de l’entretien des quartiers
    Nous saluons en particulier les pouvoirs donnés aux arrondissements concernant l’entretien de l’espace public (potelets, passage piétons nids de poule …) qui permettent d’agir localement , ainsi que la mise en place des équipes « Urgences propreté » qui permettent d’être réactif.
    Des nouveaux postes vont être crées nommés « Des responsables de l’entretien des quartiers », rattachés au maire d’arrondissement. Il est annoncé que 35 premiers responsables de quartier seront affectés dès 2025 sur 35 quartiers les plus prioritaires. Le 11e sera-il concerné ? quels seront les quartiers qui seront prioritaires ? Quartier Politique de la Ville ? la Roquette ?

    3· Meilleure suivi de l’ Urgence sociale
    Nous saluons également la territorialisation de « l’urgence sociale » qui permet en particulier un suivi régulier, personnalisé des personnes qui sont malheureusement à la rue, à travers la mise en place de «cellules de veille sociale ». Il est mentionné que les centres d’hébergements implantés dans les arrondissements devront prendre en charge les situations priorisées par les cellules de veilles sociales.

    Est-ce que dans le 11e, cet objectif est-il réalisable ? Pouvons-nous avoir des éléments chiffrés pour suivre ce travail ? Les habitant·es du 11e  et en particulier les personnes engagées dans les conseils de quartier, solidaires, sont fortement engagées sur cette thématique. Il serait important de les y associer.

    4· Possibilité de mener des études locales : commercialité et environnementales
    L’objectif de territorialiser les données municipales est ambitieux et combien nécessaire.
    Avoir accès à des données propres d’un arrondissement et mener des études pour répondre localement aux demandes des habitantes en ayant la possibilité d’identifier les contraintes et les opportunités d’un territoire est une belle perspective.

    Ainsi j’ai découvert à la lecture de ce document que nous pourrons réaliser deux études de commercialité sur une thématique et/ou un quartier. Ces deux études seront-elles annuelle ? les élu-es d’arrondissement auront-ils / elles la possibilité de proposer des thématiques sur la commercialité » ?
    De même pour des études locales environnementales. Combien pouvons-nous en mener par an ?

    5· Et la territorialisation de la direction de l’attractivité et de l’emploi ?
    Si nous apprécions les démarches de territorialisation de nombreuses directions (la sécurité, la culture, le sport, la jeunesse, le logement et l’habitat) nous notons cependant que la direction de l’attractivité et de l’emploi n’est pas mentionnée. Je rappelle que les commerces de proximité sont des acteurs essentiels de la vie d’un quartier et de la ville du quart d’heure. Et je me permets de vous partager le souhait qu’un travail soit entrepris pour que le GIE Paris commerce se territorialise au sein des arrondissements.
    Hier est sorti dans la presse une étude de la cour des comptes sur les terrasses des commerces dans l’espace public et nous mesurons à travers ce rapport , combien ce sujet des terrasses dans l’espace public doit être aussi beaucoup plus territorialisé.

    02 – Le groupe des élu·es écologistes a voté contre la délibération qui prolonge le mobilier urbain d’information. Malgré ce vote contre, la délibération a été adoptée par les autres groupes de la majorité. Voici l’intervention d’Alexandre VISCONTINI [adopté]

    Nous allons voter contre cette délibération pour 3 raisons :

    La 1ere raison, c’est la publicité et l’appel à la consommation.

    Promouvoir la consommation dans l’espace public par l’intermédiaire de publicité nous semble aller à l’encontre de la nécessité de réduire la surconsommation à laquelle nous sommes confrontés, notamment dans le domaine du textile, et à laquelle nous devons répondre en allant vers une économie plus circulaire… Alors pourquoi invite-t-on les parisien·nes à consommer + en installant ces mobiliers urbains dans l’espace public ?

    J’ai bien compris qu’une part significative des informations sur les panneaux sera concentrée sur la communication de la Ville de Paris mais il nous apparaît que la ville dispose d’autres moyens pour communiquer auprès des habitant•es et cette communication ne mérite pas qu’on alourdisse ainsi notre impact environnemental.

    La 2e raison, c’est la mobilité.

    Installer des panneaux dans l’espace public, alors qu’il est déjà très restreint, et que nous cherchons à le reconquérir et à le végétaliser, cela nous semble aller à l’encontre du plan piéton et d’une exigence qui doit nous réunir pour un espace public accessible à toutes et tous, et en particulier pour les personnes à mobilité réduite

    Enfin, la 3è raison, je la porte avec ma casquette de conseiller délégué à l’économie circulaire.

    Je n’ai vu dans l’exposé des motifs aucune exigence ni aucun engagement sur l’éco-conception de ces panneaux, et encore moins sur le réemploi ou le recyclage de ces matériaux.

    Pour toutes ces raisons, cette délibération nous semble aller à l’encontre du plan climat et du plan de réduction des déchets que nous avons toutes et tous adoptés en fin d’année dernière. Et ce n’est pas la redevance espérée (26M€/ an) qui doit nous faire dévier de nos engagements et de nos principes.

    Au moment où nous sommes dans une période d’urgence écologique, nous ne comprenons pas le sens de cette délibération.

    Nous voterons donc contre cette délibération.

  • Invitation aux vœux

    Invitation aux vœux

    2025 ensemble !

    Le groupe local et vos élu·es vous invitent à partager un moment de convivialité et d’échanges.

    RDV // MERCREDI 15 JANVIER // 18h30 à 21h

    Mairie du 11e // Place Léon Blum // Salle des fêtes

  • Loan BODIN BÜRGER : « Aujourd’hui, ce qui me définit, ce sont mes engagements et mes projets… »

    Loan BODIN BÜRGER : « Aujourd’hui, ce qui me définit, ce sont mes engagements et mes projets… »

    Loan BODIN BÜRGER

    Je m’appelle Loan Bodin Bürger, je suis né et j’ai grandi dans le 11ᵉ arrondissement de Paris. J’ai passé mon enfance à découvrir mon quartier, entre les squares de la Roquette et Gardette, ou à dessiner dans mon appartement en rez-de-chaussée.

    Loan – 1 mai 2008 – 5 ans

    Quand j’étais petit, je vendais mes dessins à la fenêtre, et mes voisins sont vite devenus une sorte de petite communauté. C’est ce cadre qui a éveillé mon envie de créer et de tisser des liens avec les autres.

    Loan – 14 Aout 2016 – 13 ans

    Après mes années de scolarité dans les écoles et collèges du 11ᵉ, j’ai intégré le lycée Maximilien Vox en filière STD2A. Même si j’ai arrêté en première, ces expériences m’ont guidé vers des projets qui m’ont marqué. J’ai fait du bénévolat pendant six mois à La Petite Roquette, où j’ai découvert le milieu associatif et son importance. Par la suite, j’ai effectué un service civique avec la compagnie de théâtre À l’Affût, avant de suivre une formation en mode et upcycling à la Casa 93, à Montreuil. Chacune de ces étapes m’a appris quelque chose de nouveau, que ce soit sur moi-même ou sur la manière de m’engager pour les autres.

    Depuis cette année, je me consacre entièrement à Slayte Skateboarding, une association que j’ai créée en 2023. Notre objectif est simple : offrir un espace inclusif pour la communauté queer et les passionné·es de skate, où chacun·e peut se sentir à sa place.

    Notre mascotte chez Slayte Skateboarding

    Avec Slayte, nous organisons des événements qui combinent skate, art et engagement social. Nous travaillons également sur un projet de récupération et distribution alimentaire pour aider les membres de la communauté queer en difficulté, tout en proposant des initiations au skate. L’idée, c’est de rendre ce sport accessible à toutes et tous, tout en répondant à des besoins concrets.

    À long terme, mon rêve serait de développer tout cela dans un lieu dédié à Paris : un skatepark qui serait aussi un espace d’échange artistique et un refuge pour celles et ceux qui en ont besoin. On pourrait y organiser des expositions, des projections, des ateliers de création, tout en permettant à chacun·e de découvrir ou de progresser dans la pratique du skate. Plus qu’un simple lieu, ce serait un espace bienveillant et ouvert à tous, peu importe les parcours de vie.

    En parallèle de mon travail avec Slayte, j’ai découvert une autre forme d’expression à travers le mannequinat. Au départ, j’ai commencé en posant pour des amis artistes, souvent par curiosité et par envie de les aider à mettre en lumière leurs projets.

    Queer Archives by @mike_dhondt

    Avec le temps, j’ai su saisir des opportunités et cela m’a permis de défiler pour des grandes marques lors de la Fashion Week. Aujourd’hui, c’est une activité qui me plaît énormément, car elle me permet d’explorer d’autres facettes de moi-même tout en transmettant des messages. Être mannequin en tant que personne queer et non-binaire, c’est aussi une manière de revendiquer ma place dans un milieu parfois fermé et d’encourager d’autres à croire en leurs propres possibilités.

    Aujourd’hui, tout mon temps est tourné vers la construction de ces ponts entre le skate, l’art, et l’engagement social. J’espère que Slayte continuera à grandir pour devenir un véritable moteur de changement à Paris.

    J’ai écrit un poème sur cette identité :

    Apaisé par la mélodie des oiseaux, tu regardes écrit sur ton sac.

    Ton nom, ton nom ensoleillé, décoré de cette joie, cette lumière.

    Tu aimes observer, pendant des heures, la vie qui grouille sous tes pieds, tu y pense, même quand le ciel et les murs sont gris, tu les vois.

    Ce soleil t’accompagne, sur ta veste, sur tes cahiers, tes crayons, dans tes pensées il ne te quitte jamais.

    De la lumière tu es né·e.

    Maintenant tu le vis, le soleil, et tu le vois, il devient toi, ou l’a-t-il toujours été ? Il fait partie de ton identité.

    Identité créative, graphique, personnelle, le soleil le soleil le soleil.

    Lumière, regards, enfance≠innocence, couleurs vives et années

    2000. Jouets en plastique toxiques, vibrants, convoités, odeurs oubliées mais en une effluve retrouvées. 

    Cette enfance qui ta marqué vit désormais dans les objets, les peintures, les habits, les textes que tu écrits.

    Des jours et des années tourmentées deviennent une source de curiosités avec ce nouveau regard.

    Les violences deviennent des montagnes gravies, les dessins animés, bandes dessinées, jouets, deviennent des reliques, des trésors, des Haqiba.

    Convoités, autrefois oubliés, de précieux souvenirs. Des mémoires, une autre vie.

    Les enfants font la beauté d’aujourd’hui après tout. Façonnent les parois de notre imagination et donnent des racines a nos branches.

    J’aime me rapprocher de cette vie antérieure, ce passé, universel, on a tous vécu, c’est une vérité absolue. On est tous·tes né·es.

    Qu’importe la violence de ce vécu, la souffrance de cette vie, les douleurs de ces souvenirs, la vie est là, et je peux la regarder. J’en tire de la beauté, des énigmes, une tonne de couleurs, des périodes sombres, des secrets. Je peux grâce a mes nouveaux yeux transformer des horreurs en bonheur, et des questions en réponses.

    Ces souvenirs sont comme des perles enfilées sur le fil de ma vie, elles sont toutes différentes, sincères, brutes. Et je les aime, je les aime et elles me réconfortent. J’aime faire des colliers, ils me rappellent toutes ces choses qui m’ont façonné, ce sont des parures presque mystiques qui m’aident à grandir.

    Mail : slayteskateboarding@gmail.com

  • Noémie OCHOA : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre… »

    Noémie OCHOA : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre… »

    Noémie OCHOA

    Je ne fais pas partie d’une famille de musiciens. Ma famille n’était pas non plus très aisée. Le fait que je me sois mise au piano classique était donc déjà un peu hors cadre. Je suis née en 1985, du côté de Poitiers. Quand j’étais petite, très tôt, j’ai commencé à me poser des questions d’ordre existentiel. Je n’ai jamais voulu être pianiste ; c’est en entendant l’Appassionata de Beethoven, une œuvre tumultueuse et forte en expression, que j’ai décidé de devenir pianiste.

    J’ai donc décidé de jouer du Beethoven, alors j’ai demandé à mes parents de prendre des cours de piano. Au début, ils n’étaient pas du tout motivés. Puis, mon oncle, qui possédait un piano à Bordeaux, m’a donné son instrument. Il trouvait ça génial que je joue du piano, alors mon père a demandé à l’accordeuse si un professeur de piano était disponible près de chez nous, parce qu’en fait, je vivais en pleine campagne, loin de tout. 

    L’accordeuse nous indiqua que, oui, il y avait un pianiste anglais à côté de chez nous. Harold Meulie était venu justement enregistrer les dernières sonates de Beethoven, il avait 72 ans quand je l’ai rencontré. Après quelques hésitations, il accepta de me former. Je voulais absolument faire du Beethoven et lui il ne voulait pas du tout parce que c’était trop difficile de commencer par un tel compositeur, donc il m’enseigna du Bach et du Bartok, que j’ai très vite détesté. Bon, aujourd’hui, bien sûr, je respecte énormément Jean-Sébastien Bach !

    Et donc, voilà ! Pendant 4 ans, il m’a vraiment formé au piano, de manière plutôt stricte, sévère et exigeante. Ce qui était vraiment bien, c’est qu’il m’a accordé 4 heures de cours par semaine. Dans ces 4 heures, il me jouait des morceaux,  il m’a fait écouter l’orchestre, et il me répétait sans cesse : « Quand tu joues du piano, ça doit sonner comme un orchestre. » Cette phrase, je l’ai vraiment mémorisée et intégrée à ma pratique du piano, car le son du piano est beaucoup moins riche que celui d’un orchestre. Ensuite, il est décédé, alors que j’avais un lien vraiment privilégié avec ce pianiste de très haut niveau. J’ai appris à jouer sur un Steinway de concert, ce qui était quand même incroyable pour une fille de 10 ans. C’était un piano extrêmement puissant, avec un son très vivant. 

    Je me suis lancé le défi de devenir une interprète de Beethoven. Pour y parvenir, j’ai décidé de tout faire pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires. C’est pourquoi je me suis inscrit au conservatoire. Malheureusement, l’enseignement qui m’a été proposé ne correspondait pas du tout à mes attentes. Je ne comprenais pas le sens de ce qu’on m’enseignait, en particulier les sujets qui me semblaient inutiles par rapport à mon projet. Après mes années au conservatoire, j’ai rencontré un pianiste de grande renommée, Cyprien Katsaris. Il a été touché par ma passion pour la musique et a rapidement compris mon amour pour Beethoven. Il a été d’accord pour m’aider et me faire travailler le piano pendant quatre ans, à raison de dix heures par jour. J’avais 23 ans à ce moment-là. À ma connaissance, j’ai été une de ses seules élèves. Étant donné que je passais 8 à 10h par jour derrière mon piano, je n’avais pas la possibilité de travailler à côté. 

    C’est une autre belle rencontre qui m’a permis de me consacrer au piano. J’ai rencontré un abbé musicien, un hautboïste qui était à l’époque responsable du monastère bénédictin de Ligugé. Il m’a offert une opportunité inespérée. Bien que sachant que je n’étais pas chrétienne, il a appelé la responsable d’une communauté religieuse et lui à proposer de m’accueillir dans son réseau associatif. J’ai donc été accueillie par cette communauté pendant cinq ans, ce qui m’a permis de continuer mon chemin musical. 

    À cette époque, j’ai commencé à travailler avec Ivan Ilić, un pianiste américain d’origine serbe qui s’est installé à Bordeaux. Il m’a beaucoup encouragée à me produire en scène et à me faire connaître.

    J’ai commencé à faire pas mal de concert à ce moment-là, mais je me suis blessée au bras droit ( comme beaucoup de pianistes pros.). C’est cette blessure qui m’a amené à chercher une autre voie et fait découvrir l’enseignement Marie Jaëll.   

    Un jour, alors que je me rendais à Bordeaux, j’ai rencontré le chanteur Antoine Sicot par hasard dans un train ! Il est connu pour sa voix de « basse profonde » dans la musique ancienne. L’ensemble Organum dont il fait partie depuis presque 45 ans à une reconnaissance importante en 2023 en étant utilisé dans la BO du Napoléon de Ridley Scott. 

    Il m’a parlé de l’enseignement Marie-Jaëll, et sur le coup, ça ne m’a pas vraiment intéressée. Un mois plus tard, par hasard, nous nous sommes recroisés dans ce train pour Bordeaux ! Il m’a encore dit qu’il fallait absolument que je me renseigne sur l’enseignement de Marie Jaëll. J’ai donc acheté trois livres que j’ai lus. 

    En cherchant les pianistes liés à cet enseignement, j’ai découvert le pianiste Irakly Avaliani. Quand je l’ai entendu jouer, je me suis dit : « c’est là que je dois aller. » 

    Ce qui m’a le plus marqué dans son jeu, c’est sa capacité à fluidifier le son, comme de l’eau, Le son jaillit du piano avec force et puissance tout en maintenant des attaques légères, ses nuances sont d’ une grande finesse, phénomène rare de nos jours. En d’autres termes, il maîtrise son jeu à la perfection. 

    Bien que très intimidée par ce grand pianiste, je l’ai contacté et il a accepté de me recevoir.

    Lorsqu’il m’a entendu, il m’a dit : « votre jeu est intéressant, mais vous vous limitez techniquement.. ». 

    Puis : « Si vous voulez travailler avec moi, ce sera une fois par semaine. Vous devrez me suivre pendant au moins 5 ans. Les 2 premières années seront difficiles, mais il faudra s’accrocher. C’est soit ça, soit rien. » 

    Il a ajouté qu’il fallait tout recommencer, puisque je devais rebâtir toute ma technique à partir de zéro. 

    J’ai accepté. J’ai donc étudié l’enseignement de Marie Jaëll. Je l’ai mis en pratique, ce qui a été assez difficile. Après 5 ans d’études et de pratique, j’ai commencé à obtenir des résultats. À partir de la 10e année, on peut dire que ça va encore mieux ! 

    J’ai récupéré tout mon bras droit et mes mains se sont développées. J’ai aussi acquis une meilleure sensibilité dans le jeu. Voilà. Dans cet enseignement , on apprend à libérer ses doigts et à prendre conscience de sa pensée musicale, à la former, entre autres. C’est un chemin différent qui m’a beaucoup apporté dans ma pratique actuelle. Pendant cette formation, j’ai une fois de plus peu joué de Beethoven, j’ai monté du Brahms, du Mozart, du Chopin, du Rachmaninov… Si j’ai monté la pathétique et la pastorale de Beethoven.

    Parallèlement à cette étude du toucher, j’ai voulu mieux comprendre comment la musique était construite. Alors, je suis allée à la rencontre de Jean-Louis Fabre. Je n’arrivais pas à obtenir un de ses livres que j’avais commandé sur internet, ce qui nous a amenés à échanger par mail puis au téléphone et enfin à nous rencontrer au parc du Luxembourg où Marie Jaëll passait d’ailleurs beaucoup de temps !  

    Un jour, j’ai parlé de Jean-Louis Fabre, avec une personnalité du milieu hip-hop qui m’a dit : « Je vois très bien, c’est le youtubeur de la musique ! ». Monsieur Fabre est réellement une pointure dans le monde de l’harmonie et de l’écriture musicale, peu de personnes ont son niveau de connaissance. Il a aussi contribué à la démocratisation de la connaissance du langage musical via sa chaîne YouTube. Au-delà de ça, il a une culture vaste, maîtrise plusieurs langues vivantes et mortes.  

    On a beaucoup discuté, et il a accepté de m’enseigner l’harmonie. J’ai étudié avec lui pendant 8 ans. Avec lui, j’ai étudié la musique de Beethoven. 

    Il y a quelques années, je me suis dit : « Ça y est ! Maintenant, j’ai acquis la technique pianistique et je comprends les textes. Il ne me manque plus rien pour jouer les 32 sonates !  

    Mais la réalité m’a encore joué un tour, alors que je commençais à monter mes sonates j’ai reçu une commande pour une composition et ce nouveau travail m’a complètement absorbé.

    Je me suis donc mise à composer et j’ai ensuite reçu une commande pour un documentaire. J’ai également composé pour des particuliers. 

    Aujourd’hui, je me trouve lancée dans une carrière de compositeure et je me dis que finalement, c’est le plus bel hommage à Beethoven, car en entrant dans ce travail de création j’ai le sentiment d’accéder à une compréhension encore plus subtile de son œuvre. Actuellement je suis trop prise par mes projets d’albums et de concerts autour de mes compos pour monter les 32 sonates, mais je compte bien y revenir à un moment donné. 

    En 2023 j’ai installé mon atelier de compositeure dans le 11e arrondissement de Paris. J’y donne aussi des master class et des concerts. À partir de janvier 2025, je vais ouvrir l’espace au public tous les jeudis pour des micro-concerts. J’invite aussi d’autres artistes qui souhaitent performer dans une ambiance conviviale qui allie haut niveau d’exigence artistique, prise de risque et convivialité. L’Espace Ochoa peut accueillir 18 personnes. C’est un lieu qui permet de tisser du lien, de se rencontrer, d’avoir des échanges de qualités, c’est pour moi une manière de résister à une tendance actuelle de fragilisation et de distanciation des liens. Ma musique qui est à la fois populaire et savante permet de réunir des gens de milieux très éloignés et qui n’ont pas beaucoup d’occasions de se rencontrer. 

    J’ai enregistré récemment un premier single « La traque » dont la sortie est prévue en février 2025. Il sera suivi d’un deuxième « Infarctus » puis d’un album.

    Parallèlement à cela, un projet passionnant est en cours avec un saxophoniste et un chef d’orchestre new-yorkais, mais je ne peux pas en dire plus à ce sujet pour l’instant…   

    Ne ratez pas les showcase offerts par la mairie du 11e

    14 novembre à 19h & 16 novembre à 15h

    À l’Espace Ochoa – 23 rue Richard Lenoir

  • Disparition de Geneviève GAZEAU

    Disparition de Geneviève GAZEAU

    Suite à la disparition de Geneviève GAZEAU qui a beaucoup œuvrée – entre autre – dans le 11e arrondissement, nous vous partageons le vœu du conseil de quartier Nation – Alexandre Dumas et de la commission inter conseils de quartier : Sol Ex (solidarité et exclusion), que nous relayons et appuyons auprès du Conseil d’Arrondissement :

    « Compte tenu de la disparition de Geneviève Gazeau

    considérant l’importance des combats de Geneviève Gazeau notamment envers les personnes à la rue :

    • création de la maison de l’amitié  dans le quartier de la défense
    • création dans le 11e des petits cafés qui consistait à accueillir des gens de la rue de 7 à 8  heures dans les paroisses du 11e
    •  création de la bagagerie qui se trouve rue Oberkampf dans les locaux des bains douches en créant l’association Onze mille potes

    Ces engagements exemplaires de Geneviève Gazeau pour la solidarité dans Paris et le 11e ne sont qu’une infime partie de ses combats dont la lecture de sa biographie vous apportera toute la richesse.

    La commission Sol Ex (solidarité exclusion) des conseils de quartier  du 11e demande à la municipalité d’apposer une plaque lui rendant hommage dans un lieu dans l’espace public de l’arrondissement afin de garder au cœur du 11e la mémoire de Geneviève, le bâtiment des bains douches qui héberge la bagagerie est une des possibilités. »

  • François VERMOREL : « Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture… »

    François VERMOREL : « Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture… »

    François VERMOREL

    J’ai grandi à Lille. Ce n’est pas là que je suis né mais j’y ai passé les premières années de ma vie, de mes sept ans à mes vingt trois ans, en gros. De cœur, je suis Lillois. Quand j’y retourne, je suis à la maison. J’ai l’impression de connaître chaque façade et chaque pavé. Alors même que le temps a passé et que je n’y connais plus grand monde.

    Depuis l’enfance, je suis passionné de lecture. S’il y a eu une constante dans le déroulé de ma vie, c’est bien celle-là. Mes premiers souvenirs de livres sont désormais fort brumeux. J’ai en mémoire la couverture terrifiante – et pas franchement progressiste – des Schtroumpfs noirs. Celle, plus ringarde, des aventures de Jojo Lapin. Et puis surtout – mais j’étais déjà plus âgé – la collection des “Contes et légendes” et leur absurde reliure pseudo dorée qui se délitait avec l’usure. 

    C’est assez logiquement et sans me poser de questions que j’ai entrepris des études de lettres, puis que je suis devenu professeur de français. Mais l’aventure n’a pas duré. Des questions, en fait, il aurait mieux valu que je m’en pose quelques-unes. Et c’est un peu sans transition que je suis sorti d’une voie toute tracée vers le tourbillon d’une vie plus incertaine.

    L’époque, il faut le dire, s’y prêtait plutôt bien. On était au tournant du millénaire et le bouillonnement d’internet offrait des opportunités aux “profils atypiques”, selon le langage désolant des RHs. Je me suis découvert un peu plus débrouillard que je le pensais. Après différentes pérégrinations, j’ai atterri à Paris où j’ai commencé une nouvelle carrière, dans le web et dans l’enseignement privé en arts et design.

    Il devient difficile de se rappeler l’atmosphère qui régnait à cette époque. Mais pour faire bref, la perspective de connecter par les réseaux des dizaines, des centaines de millions d’individus instruits vivant partout sur la planète laissait entrevoir des avenirs fabuleux. Une nouvelle Renaissance, à la fois technique et artistique mais également spirituelle et politique. Bilan, vingt-cinq ans plus tard :  des marketeux qui compilent des données, des caméras de vidéo-surveillance boostées à l’IA et des adolescents neurasthéniques qui scrollent sur Tik Tok. Quand je repense à mes illusions, j’étais à l’époque fort naïf et politiquement très insuffisamment formé. Mais j’étais jeune et je pouvais rêver à des lendemains chantant. En 2024, mes étudiants n’ont pas la même chance.

    J’ai commencé à m’engager, en pointillé. Un peu dans une association franco-vietnamienne, un peu dans une autre… Les temps politiques se durcissaient. Aux espoirs relatifs de la période Jospin avec ses réductions de temps de travail avaient succédé le déprimant second mandat de Chirac et, plus inquiétant, l’éructant Sarkozy. A l’international, l’élection et la réélection de Bush Junior donnaient un coup d’arrêt aux fantasmes puériles d’une mondialisation heureuse. Pour moi, j’ai senti que le temps d’un engagement plus solide était venu.

    Au crépuscule du Sarkozysme, en 2012, l’alternance socialiste paraissait aussi inéluctable que sans relief. J’ai dû à un hasard de rencontre et à une fort opportune tribune publiée sur Rue89 de m’engager pour la première fois en politique. J’ai rejoint le Parti Pirate qui bénéficiait à cette époque d’une visibilité éphémère. 

    M’y avait amené la conviction que notre système politique est à la fois obsolète et irréformable. La promesse pirate était celle d’une refonte complète de la démocratie et d’un renouveau des prises de décisions collectives :les évolutions techniques permettaient de sortir la démocratie directe de l’ornière organisationnelle des assemblées générales roboratives et souvent biaisées. Au Parti Pirate se retrouvaient toute une mosaïque d’individus – par ailleurs pas forcément toujours fréquentables – venant d’idéologies extrêmement variées. Et que des processus démocratiques innovants étaient supposés  faire travailler ensemble. C’était un joyeux bordel, incroyablement vivant, et pendant des années j’y ai milité en espérant qu’il pourrait être le départ de quelque chose.

    Sauf que non. De clashs en engueulades, d’élections foirées en rassemblements avortés, le nouveau parti s’est rabougri en un groupuscule. Et où régnait une violence d’autant plus absurde qu’aucun résultat politique ne pouvait plus en émerger. A la suite d’une énième prise de bec, le parti s’est scindé. Et j’ai fait mes valises.

    Entre temps, j’étais devenu papa. Mes responsabilités professionnelles avaient fortement évolué. Mon temps se réduisait, je courais après et s’il était hors de question de cesser de m’engager, j’avais désormais le désir d’un peu de pragmatisme. Après la quarantaine on commence à avoir un peu envie de résultats. C’est alors que j’ai rejoint EELV, pour une campagne municipale ahurissante, shootée en fin de premier tour par la crise du COVID.

    C’est aussi à cette période que j’ai commencé à écrire mon roman. J’ai toujours un peu écrit, sous des formes ou sous d’autres et j’ai toujours énormément lu. Mais j’ai toujours considéré la littérature comme un jardin privé – quelque chose de totalement déconnecté à la fois de ma vie professionnelle, de ma vie militante et même de ma vie familiale et sociale. Un espace ailleurs, à part, rien que pour moi. Arrivé au milieu de la quarantaine, j’ai senti qu’il était temps de recoller les morceaux. Et je dois à la lecture de Pablo Servigne une forme de révélation : il faut écrire sur les sujets qui comptent. Il faut écrire quand on a quelque chose à dire. Et rien, pour le papa que j’étais devenu, n’est plus crucial et plus important à exprimer que l’angoisse de la marche du monde et la possibilité de l’effondrement civilisationnel.

    Je suis un type qui aime les histoires. Je m’en suis d’ailleurs peut-être un peu trop raconté à moi-même. Adolescent, jeune homme, je jouais aux jeux de rôles. J’avais la fibre du conteur qui ne m’a jamais lâché. J’ai réglé mon réveil à 5h ou 6h du matin pour écrire deux heures avant d’aller au boulot. Mon travail d’écriture est parti d’abord dans tous les sens. Des éditeurs m’ont fait remettre le travail sur l’établi. Alors j’ai resserré le récit sur une trame plus classique : un polar d’anticipation dystopique où deux personnages, deux parisiens fort banals vivent leurs vies au moment de l’Effondrement écologique global de la planète. 

    La dernière étape de tout le processus, ça a été de trouver un titre : “Les mots de la fin”. C’est plutôt efficace mais pas très original. Et surtout, un peu trop dramatique alors que le roman, en fait, est plutôt drôle. Je l’ai contrebalancé d’un sous-titre “Argent, Amour, Apocalypse.” que j’aime assez. C’est un octosyllabe bien balancé et qui a le mérite de signifier que mon bouquin ne se prend pas trop au sérieux.

    Quelle que soit sa réception future, ce livre aura été une étape dans mon engagement. Je crois fondamentalement au pouvoir des mots. Je sais qu’ils peuvent changer le monde. Et je pense qu’on a besoin d’histoires, besoin de s’en raconter et d’en lire. Ne serait-ce que pour savoir dans laquelle on veut vivre. Ou pas.