Fabien CHAMPION : « Le 11e est devenu mon territoire, celui où l’on peut vivre sans se renier… »

Fabien CHAMPION

Mon parcours commence dans une banlieue coincée entre Les Mureaux et Mantes-la-Jolie, où j’ai vécu jusqu’à 11 ans. Le passage aux collèges et lycées de Versailles a été un électrochoc : face aux inégalités sociales criantes et au conservatisme ambiant, j’ai compris très tôt qu’un adolescent gay en recherche de lui-même devait trouver d’autres espaces pour s’épanouir.

Ce choc a forgé mes engagements : certains territoires excluent, d’autres accueillent. J’ai choisi mon camp.

Depuis 20 ans, je vis dans l’est parisien, à Ménilmontant depuis 6 ans. Le 11e est devenu mon territoire, celui où l’on peut vivre sans se renier, loin des discriminations quotidiennes. Mais rien n’est jamais gagné ! Les attaques récemment subies par certains lieux LGBT+ de notre arrondissement, et en particulier le Merci Marsha, l’ont prouvé.

Mon engagement s’est d’abord construit dans le syndicalisme, à la CGT puis chez Solidaires. Aujourd’hui, j’ai la chance de matérialiser mon engagement via mon travail salarié : j’anime les instances nationales de la Confédération paysanne, où je suis aussi chargé des dossiers relatifs aux crises sanitaires agricoles – conséquences directes du changement climatique, de l’agriculture industrielle et de la cogestion FNSEA-gouvernement. Je milite à l’APGL, l’Association des Parents LGBTI+, pour défendre nos droits mais aussi aider à traverser le parcours de combattant.e qui attend celles et ceux qui aspirent à devenir parents.

Devenir papa de deux filles (Anna 5 ans et Sofia 1 an) avec mon mari Stéphane a changé mon regard sur les politiques locales. PMI, crèche, école, espaces verts, logement : l’accès aux services publics de qualité est désormais devenu une préoccupation concrète pour nous. Même avec deux salaires, trouver un logement abordable pour quatre relève du parcours du combattant. On arrive encore à joindre les deux bouts, mais ça ne pourra pas durer très longtemps ! À Paris, le logement social est devenu une nécessité pour les classes moyennes. Ces réalités quotidiennes ne sont pas une fatalité – elles sont des choix politiques qu’on peut transformer.

Dernier engagement en date : j’ai rejoint les Écologistes il y a un an. Dès mon arrivée, je me suis engagé dans la campagne municipale. Aujourd’hui, j’organise des mobilisations à Belleville-Ménilmontant, je contribue au projet écolo pour le 11e, aux côtés d’une équipe solidaire et joyeuse qui se met au service des habitant·es. Cette politique de proximité, ancrée dans les réalités de nos quartiers, est celle que je veux défendre : une écologie sociale qui ne laisse personne sur le bord du chemin.