Marcus McAllister : d’une frontière à l’autre en se laissant guider par le rêve de la peinture.

Marcus McAllister

Artiste-peintre français d’origine américaine, installé à Paris depuis presque 30 ans, Marcus McAllister tisse ses images dans un va-et-vient entre carnet, dessin et peinture. Ce mouvement crée des œuvres à multiples lectures, où apparaissent des figures brouillées de symboles et de signes.
Son travail traverse les frontières avec une spiritualité protectrice de toute forme du vivant.

La rencontre

Un jour de mai 2024, Sébastien FRASQUE de « ça se visite » – lien vers son site – me propose d’aller aux journées « Portes Ouvertes de Belleville » pour voir des ateliers d’artistes. Ayant toujours aimé la peinture et ma fille faisant des ateliers d’éveil pictural depuis toujours, je l’accompagne sans hésiter dans le nord du 11e.
Si chaque atelier d’artiste est différent, celui de Marcus McAllister, au 152 rue Saint Maur, ne peut pas vous laisser indifférent tant l’atmosphère apaisante et joyeuse qui se dégage de ses tableaux est bénéfique. « Il y a de l’âme, de la féerie douce là-dedans et enfin, un profond respect du vivant. Ah, il y a de la connexion ! » me dis-je.

Fauchée pour lui acheter un tableau, je profite alors de son exposition d’avril 2025, « Le laboratoire de l’alchimiste » à la galerie Polysémie située dans le Marais pour reprendre contact. Je lui propose de l’interviewer pour en savoir plus.
Cet artiste m’intrigue car je le sens si sûr dans sa démarche artistique et où il doit aller, que je souhaite savoir justement d’où il vient et quel a été son chemin. Il accepte et je repars avec la carte d’un de mes tableaux préférés, « Sérénité ».
Alors comment un artiste franco-américain et une militante écologiste franco-péruvienne vont pouvoir échanger ? Nous avons en commun, déjà, le fait de traverser les frontières.

Au printemps 2025, Marcus, tout sourire, m’ouvre sa porte et m’accueille avec sa pointe d’accent américain avec un thé et un cake fait maison. S’il me livre que sa vie de couple avec son homme, le mène vers de nouveaux projets personnels, il me parle aussi de son passé, de son arrivée à Paris, de ses fragments de vie et de ce qui lui importe dans sa vie d’artiste. Il me montre certains de ses tatouages qu’il appelle ses « constellations de mémoire » ou « molécules de pensées », des formes fictives assimilées à des sigils.
Ainsi, dans l’intimité de son atelier ou plutôt de son laboratoire du 11e, peu à peu, je rentre dans son univers pour mieux en comprendre les messages et réaliser qu’il est en quelque sorte un médiateur entre le monde de l’invisible et celui de la peinture. Il me fait penser un peu à Kupka mais je ne lui dis pas ; tous les artistes sont uniques.
Et si peindre l’invisible était finalement possible ?

Origines et formation : Une affirmation de l’être avec force de caractère

Tu as beaucoup voyagé dans ton enfance étant donné la profession de ton père, notamment en Allemagne et tu es originaire de l’Arkansas. Avec quelles racines tu t’es construit ?

Oui, j’ai commencé en étant entre deux mondes. Mais en France quand on gratte un peu, tout le monde est un peu d’ailleurs surtout à Paris. Mes amis ont souvent un parent d’origine étrangère. C’est métissé !
J’ai eu une éducation catholique et je suis allé au Lycée catholique de Little Rock (Arkansas). Dans les années 80, la population catholique était de 3% donc assez minoritaire car là-bas, ce sont plutôt des protestants.

Marcus à 7-8 ans Texas, États-Unis.


Au lycée, je disais que je souhaitais retourner en Europe mais en pensant à l’Allemagne et finalement je suis venu en France et voilà !

Mis à part les Beaux-Arts as-tu bénéficié d’autres enseignements ? Tes études aux Beaux-Arts t-ont-elles permises de t’affirmer ?

Aux États-Unis c’est plus facile de changer de filière qu’en France. Je n’aurai jamais fait les Beaux-Arts ici car je ne proviens pas d’une famille d’artistes.
En tant que premier de la classe au lycée, j’étais censé être ingénieur mais j’ai décidé de faire Architecture (sciences et arts) et mes parents étaient à cette époque enthousiastes et disaient « ça c’est sérieux ! ». Puis j’ai changé pour faire du Graphisme. Mais à chaque fois que cela devenait une matière appliquée, je décrochais car ce n’est pas ce que je voulais faire ; ça ne m’intéressait pas.
J’ai commencé à prendre des cours de peinture en même temps et mes parents s’opposaient ; ils avaient peur et me soutenaient tout de même. À la fin, j’étais indépendant et c’est moi qui payais les prêts, avec mes petits jobs. J’ai fini par obtenir mon diplôme des Beaux-Arts.

C’est curieux car j’ai connu quelques amis artistes et c’était comme une vocation pour eux tandis que pour toi, le choix des Beaux-Arts a été fait presque par « élimination ». Si je comprends bien cela t’a permis de te libérer de l’influence parentale ?

Oui il y a un côté « élimination » car j’ai testé d’autres choses. À vingt ans, j’ai fait mon coming out et j’étais avec les garçons et mon père avait dit « Ah ça, c’est les Beaux-Arts ! » alors que c’était faux. À ce moment-là, j’ai vu comme un horizon aussi de pouvoir quitter la famille grâce à la peinture.
Pour de vrai, je sentais depuis longtemps que la peinture était là en moi et que je voulais faire ça. C’était une affirmation de mon être. La question était de trouver le chemin pour le faire.


Aux États-Unis, j’ai bénéficié de beaucoup de cours de dessin mais aussi de beaucoup de cours d’Histoire de l’Art. J’ai l’impression que c’est moins conceptuel qu’ici. Après mon diplôme, je ne voulais pas faire de « l’Illustration » ou du « Graphisme » car je pressentais que cela allait prendre toute la créativité et je voulais garder ça pour moi quitte à travailler dans des cafés et à faire plein de jobs pour continuer à peindre.
J’ai passé ensuite quatre ans à New-York après les Beaux-Arts et là, tout le travail autour de mes carnets est devenu important. Mes carnets étaient la base car je me posais des questions. Là, ce n’était plus pour l’école, ce n’était plus externe. Ma motivation était vraiment interne.

De New-York à Paris

J’ai l’impression que ces carnets qui sont de couleur rouge, sont « ton fil rouge ». Malgré les déménagements, le changement de pays, tu les as toujours gardés ?

Oui j’appelle ça « l’estomac onirique ». Donc c’est comme un organe. C’est aussi comme un pays finalement. Ces carnets, c’est mon territoire. J’ai plus de 35 ans de carnets. Celui qui est en cours est le 145e. Ils sont rouges d’une marque française, Sennelier. J’avais trouvé quelques carnets à New York et en général on n’en trouve pas aux États-Unis et quand je suis arrivé en France, j’ai vu la boutique Sennelier et je continue depuis à les utiliser.
Ces carnets, c’est effectivement mon fil rouge. J’y écris et dessine mes rêves. Mon travail est très onirique.

Pourquoi avoir déménagé en France ?

Je suis allé à New-York sur un coup de tête et j’y suis resté quatre ans mais au bout d’un an, je ne me voyais pas devenir vieux là. Je voulais prendre cette énergie pour aller ailleurs.
En 1995, la France m’a renversé comme un camion. J’avais rencontré début 1995, une française à New-York qui m’intéressait beaucoup. Nous avons eu une histoire qui a duré plus de deux ans et à présent, c’est l’une de mes meilleures amies. Je n’étais pas aussi homo que je le pensais ! La vie est compliquée. C’est comme ça que je suis arrivé en France, à Paris.
Je ne parlais pas un mot de français mais je suis du genre à suivre mon instinct. J’ai dû réfléchir pendant longtemps à pourquoi la France. Je n’étais pas particulièrement francophile, ni « Ratatouille » ou « Amélie Poulain ».
Au lycée, je disais que je souhaitais retourner en Europe. Donc j’avais ce truc de l’Europe du fait de mon vécu en Allemagne. Je suis venu une première fois à Paris, une dizaine de jours et je n’ai eu que de bonnes rencontres ! Paris c’était l’ailleurs que je cherchais ! Je savais que c’était ici. Je me sentais bien.
J’ai appris le français avec des cours à la Sorbonne pendant un semestre ; j’apprenais les bases tout seul. Je faisais des va-et-vient avec les États-Unis mais en 1997, je me suis installé de manière définitive même s’il y a eu une rupture avec ma copine. Finalement, je n’étais pas en train de venir en France pour elle mais je sentais en France, une énergie où je me sentais chez moi.
J’ai aussi été attiré par la France car j’ai toujours été féru de Moyen-Âge. J’adore ce que le fantastique du Moyen-Âge véhicule et j’ai beaucoup lu aussi sur l’histoire de cette période. Par exemple, j’ai beaucoup travaillé sur la quête du Graal, la légende arthurienne, etc.
D’un autre côté, même si je ne suis plus pratiquant, je me sens assez à l’aise en tant que catholique en France même si je ne communie plus.
Et puis, j’ai vécu à Bâton Rouge en Louisiane où chez les Cajuns, il y a une certaine fierté de leurs racines françaises et ça m’a ouvert une sensibilité pour la France.
J’étais aussi prédisposé à aimer Paris de part l’Histoire de l’art (le modernisme avec Picasso, surtout la période rose, j’aime la liberté des formes). En fait il y avait beaucoup de choses qui me préparaient à la France.

Es-tu toujours catholique ?

Aux États-Unis, je vais à la messe avec ma mère mais je ne communie pas. En France, cela m’est arrivé d’y aller aussi. Je me sens catholique car j’ai été élevé par mes parents avec beaucoup d’amour dans cette religion. Cela m’a donné une structure. C’est plus facile d’abattre ou de bouger les murs de cette structure que de la créer. Mais parfois, j’ai plutôt l’impression que c’est l’Église qui m’a quitté plutôt que l’inverse.
Concernant la spiritualité, finalement je suis « animiste syncrétique ». Je considère qu’il y a de l’âme en tout. Je suis « syncrétique » dans le sens où je pioche où je veux dans plein de traditions (vaudou, chamanisme mongol, etc.) mais ma langue maternelle est le catholicisme. Par ce biais, j’aborde beaucoup de vérités. Et je préfère dire « oui » à plus de choses que de dire « non ».
À un moment donné, quand j’étais à l’Université aux États-Unis, j’étais à la fois militant LGBT et aussi très actif en tant que catholique avec un prêtre progressiste. Je naviguais entre les deux et dans chacune des communautés, il y avait des gens qui me disaient : « Non, tu ne peux pas être avec les catholiques » ou « Non, tu ne peux pas défendre le mouvement LGBT ! ».
Je trouve que les catholiques sont associés en France plutôt à la droite et politiquement parlant, je suis plutôt « Verts » car les socialistes m’ont trop déçu.

De l’importance du rêve !

Que dessines-tu dans tes carnets ?

Mon travail est très onirique mais mes rêves ne sont pas comme mes œuvres.
Je dis toujours que mon travail ne consiste pas en des illustrations de rêves. Mes rêves ne sont pas comme mes œuvres. Moi, je veux que mes œuvres émergent comme des rêves.
Je ne dessine pas mes rêves ; je veux que le dessin arrive sur la page du carnet ou sur la toile comme le rêve arrive dans le sommeil. Quand je travaille, je souhaite retrouver une sorte de rêve éveillé.

Quelles sont tes méthodes de travail pour y parvenir ?

Je mets des fonds sur les toiles et j’ai des photos de référence. J’ai beaucoup de photos et d’images que j’accumule depuis les Beaux-Arts, classées dans des dossiers. Je prends des images par thèmes des tableaux. J’essaye de voir à partir de ça, j’essaye des trucs, je projette. Je pose un truc et ça me fait partir quelque part ; je pose dans le carnet et d’autres choses arrivent. Je suis toujours en train de touiller. Je n’ai jamais une idée et c’est fini et je l’exécute comme on fait du coloriage. Je tâtonne et je cocrée avec la matière et les images. J’aime la figuration mais trop autrement cela devient de l’illustration et c’est un peu mort car trop figé. Mais trop d’abstraction, ça devient de la décoration. Donc trop de dessin ça tue et pas assez de dessin ça ne décolle pas. C’est vraiment une alchimie à trouver.
De même, j’essaye de trouver un peu de structure mais pas trop car autrement c’est un carcan et pas assez, tu es dans un marécage. Les deux sont mortifères. Dans mes tableaux, j’essaye de trouver une structure de dessin, de couleurs, de maîtrise, d’être conscient et en même temps de laisser une place à l’ouverture. Et les légendes de mes tableaux sont plutôt, des clés.

En quoi tes tableaux sont « organiques » selon toi ?

A mon sens, le thème de la transformation et celui de l’alchimie subtile entre une conscience humaine et animale sont bien présents dans tes tableaux. Comme je le disais auparavant la façon dont je fais venir les tableaux, pour moi c’est vraiment organique. Ce n’est pas conceptuel. Ce n’est pas non plus purement instinctif et cela n’empêche pas d’avoir bien sûr plein d’idées et je me nourris de beaucoup de choses dont la littérature mais j’aime bien que tout cela arrive presque à mon insu. En fait je veux me faire surprendre par mon travail. C’est pour moi le plus important.
Avec les carnets, c’est un travail quotidien et c’est intéressant d’ajouter petit à petit et de voir ce que ça donne dans le temps.
Pour moi ce qui organique c’est lié à la connexion, au lien. Par exemple dans la littérature il y a une connexion qui peut se passer entre les êtres crées. Cela provient d’une vraie interaction. L’interaction et la communication créent aussi le vivant. Je suis contre les productions qui proviennent de l’IA ; c’est trop rationnel et ça crée des dégâts écologiques.

Est-ce que l’inconscient collectif est un sujet qui t’intéresse ?

J’ai toujours aimé les contes de fées, les légendes et les archétypes. Adolescent, j’aimais le fantastique. Dans mon travail, les animaux représentent souvent le bestiaire médiéval.
J’ai aussi fait beaucoup de recherches sur les Indiens, le chamanisme de Mongolie et la symbolique des animaux m’intéresse énormément. Et j’ai aussi beaucoup lu Carl JUNG. Je pense que si je n’avais pas fait les Beaux-Arts, j’aurai fini comme psychothérapeute jungien.
Quand on se connecte aux rêves, il ne faut pas trop rationaliser, car autrement ça se dessèche. Les dictionnaires de rêves, c’est trop sec. Pour moi, tout est vivant et les symboles se transforment. C’est pour cela que j’apprécie le chamanisme car tout est métaphore. Le chamanisme parle de voyages avec d’autres esprits, j’adore tout ça ! Et tout est récit. Le propre de l’humain et du vivant est de créer des histoires. C’est pour ça que je dis que tout est vivant. Ce n’est pas juste la nature au sens naturaliste, les animaux, les plantes, etc. qui est important. C’est le récit qui est important.
Les animaux de mes tableaux sont importants dans le sens où ils véhiculent des symboles tout comme nous nous véhiculons des archétypes. Il y a cet invisible qui est la métaphore qui est le récit.
C’est comme les chamanes et leurs liens avec les esprits, c’est le récit que l’on en fait qui est source de vivant et donc ça, c’est l’invisible. J’élargis ma définition du vivant.

Quelles sont les questions que tu souhaites soulever à travers tes toiles ?

Mes tableaux sont des questions et non des réponses.
C’est comme si je trouvais une réponse et c’est à moi de deviner la question.

Est-ce que tu pourrais nous l’expliquer plus concrètement avec un tableau par exemple ?

Si on prend ce tableau avec cet homme debout avec ce fond orangé, ensuite j’ai utilisé un pochoir pour faire un fond, le personnage, c’est un homme qui marche c’est un lien avec le chevalier qui part vers une quête. Je place des éléments que je trouve sur mon chemin créatif.
Ensuite, je prends de la distance pour interpréter cette grammaire, ces éléments de vocabulaire et lui donner un titre. Dans ce tableau, c’est un personnage à la fin d’un conte qui part sur une autre aventure. Pour moi ce tableau, me rappelle qu’il n’y a jamais une fin.
Pour prendre autre exemple, les cerfs sont présents dans mes carnets depuis toujours. J’ai fait une série d’exposition « Porteur d’éclat » car en faisant le travail sur les cerfs, je me suis interrogé sur leur symbolique.
Pour moi, les bois des cerfs sont des antennes qui captent et ils sont à la fois enracinés. Le cerf apparaît aussi avec Saint Hubert. Cet aristocrate croise dans la forêt un cerf avec un crucifix dans les bois ; c’est un message du Seigneur. En même temps, le cerf blanc dans la culture celtique est un symbole puissant et associé à l’au-delà. On a aussi dans la mythologie grecque, Actéon dévoré par ses propres chiens et transformé en cerf car il a vu Diane nue, prenant son bain. Pour revenir au Cerf blanc de mon tableau il apporte un éclat, une lumière.
J’ai fait aussi une exposition sur les mains « Permanence du lien » avec toute la symbolique de la main : la main tendue, les mains soutenantes de mon père, la main qui accueille.
Je compose mes expositions à travers un vocabulaire que j’ai déjà travaillé. Cela m’encourage à continuer. Pour capter l’invisible, il faut accepter de ne pas savoir où je vais. C’est en faisant en créant que je vois peu à peu où je vais.
Dans ma peinture, je veux positiver. Je veux trouver le mieux et tendre vers le Bien ici et maintenant. C’est un choix.
Dans la vie, j’essaye d’être optimiste sans être factice. Je mets des graines positives, et à Paris il faut laisser le temps d’apprivoiser les Parisiens…

Oui, alors comment s’est passé ton intégration à Paris ?

Je pense que les Français et les Parisiens adorent l’enthousiasme mais il faut savoir le doser. Un ami américain, m’avait dit qu’en France j’allais avoir du mal car je souriais trop. En fait je n’ai pas eu de problème. Dès mon arrivée, je faisais un petit sourire avec les yeux et les Français adorent le charme.
Je comprenais aussi les règles de politesse car dans le Sud des États-Unis, la politesse est importante, beaucoup plus que dans le Nord. Il faut bien dire « Bonjour » avant de demander quoique ce soit. Ces codes de la politesse m’ont aidé à m’intégrer.
Pour la langue française cela a été un peu compliqué. Au début, j’évitais de me rapprocher de l’anglais. C’est l’immersion qui est importante. Je n’ai jamais été aussi fatigué que la première année en France. Je dormais avec le dictionnaire français.
Maintenant, ici c’est chez moi et je suis français. Quand je vais aux États-Unis il y a des choses qui me choquent. Ce que j’aime dans la vie c’est que tout est changeant. Rien n’est fixe. Il faut l’accepter.

Ton atelier est rue St Maur, que penses-tu du 11e arrondissement ? As-tu trouvé une sorte « d’enracinement » dans le 11e ?

J’aime bien le 11e, je suis dans cet atelier depuis 1999. Dans le haut du 11e, c’est très mélangé. Ici par exemple, c’est vraiment chouette d’avoir une synagogue assez orthodoxe juste là, une mosquée assez traditionnelle, là. Il y a cette église qui est juste en face. Il y a des mémés françaises et il y a beaucoup d’homo maintenant aussi ici. Ce n’est plus le Marais car il est devenu trop cher. Donc il y en a beaucoup dans ce quartier. Si tu montes, tu as tous les Tunisiens et il y a ce côté maghrébin vers le boulevard et ensuite il y a un quartier chinois. Et tout ça est là et il y a une bonne harmonie je trouve.
J’ai connu ce lieu par les Portes ouvertes de Belleville en tant que spectateur en 1996 et 1997. Avant de vivre ici, je recherchais mon atelier dans ce coin. Quand, j’ai emménagé ici, je me suis vite mis en contact avec des amis artistes pour savoir comment m’inscrire afin de participer à ces portes ouvertes. J’y ai exposé en 2000 pour la première fois. Et je participe à chaque printemps aux Portes Ouvertes de Belleville, mon atelier y est ouvert à cette période et aussi pendant l’année, sur RDV (sauf le matin).
J’ai eu beaucoup de bol de trouver cet endroit. J’y apprécie le pluriculturalisme. Je suis dans cet atelier depuis 26 ans. Je suis bien enraciné !


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Propos recueillis par Karina FRANCO,
membre du groupe local du 11e, Les Écologistes.