Hommage à Samuel PATY

Malgré les jours et les semaines qui se sont écoulées, l’effroi ne s’est pas dissipé, l’effroi de voir un homme décapité en pleine rue, Samuel Paty, un professeur, assassiné pour avoir mené sa mission, celle d’enseigner la liberté d’expression et l’esprit critique à ses élèves.

Puis trois morts, tués dans une église, à Nice. Ces morts, ce sont les victimes de l’islamisme radical, ce sont les victimes d’un lent processus de délitement des fondements de notre République et d’un affaiblissement profond de ses promesses d’égalité et de liberté. 

La mort de Samuel Paty nous rappelle que depuis trop d’années, la République subit les pressions d’un repli identitaire qui porte atteinte aux valeurs fondatrices de notre État de droit et de notre société. Ce mouvement n’est pas propre à la France, mais si nous sommes aujourd’hui la cible privilégiée de prêches vindicatifs et d’appels au boycot, c’est que nos valeurs sont – à condition d’être comprises et partagés – le meilleur rempart à la folie de passions tristes instrumentalisées pas des fanatiques. L’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des droits des minorités, dont les minorités LGBTQIA et la laïcité, sont attaquées par des machines idéologiques régressives, qui trouvent une audience grandissante, en particulier chez les jeunes.

Cela d’autant plus que les politiques d’austérités et de libéralisation de l’économie laissent sur le bas côté nombres de personnes qui vivent sur notre sol. Démantèlement systématique des services publics, qui a laissé à l’abandon des territoires et des populations entières, explosion des inégalités sociales et environnementales depuis 20 ans, surdité des gouvernements face aux difficultés rencontrées par nos professeurs, soutien aux dictatures islamistes par des responsables politiques qui, aujourd’hui, créent la confusion en cherchant à déstabiliser notre communauté nationale, sentiment grandissant, enfin, d’abandon et de rejets de nombres de musulmans face à des discriminations qui sont souvent légitimées, quand elles ne sont pas purement et simplement niées. 

Il y a aujourd’hui trop d’oubliés de la République. Cette situation alimente chez une partie de la communauté nationale des vélléités de secessions des institutions et des valeurs républicaines, et fait le lit de la violence et du terrorisme.

La France est fragilisée, nous ne pouvons continuer ainsi. Pour combattre l’islamisme politique, il nous faut impérativement retrouver les fondements de la promesse républicaine qui nous lie, en nous redonnant collectivement les moyens de garantir l’égalité entre les citoyennes et les citoyens, de protéger la laïcité comme garante du libre exercice de sa liberté de penser et de croire, de donner à la République les moyens financiers de se défendre face aux attaques de l’islamisme radical. 

Pour que les tous les Samuel Paty de ce pays puissent continuer librement à enseigner ce que notre pays a le mieux partagé d’avec le monde, son désir de liberté.

David BELLIARD

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